Loire-Atlantique

Environnement

AquAmmoS recycle les déchets composites en matériau de voirie

Par Amandine Dubiez, le 31 mai 2017

La TPE créé en janvier dernier à Vigneux-de-Bretagne est capable de revaloriser les déchets composites en matériau secondaire utilisables en voirie. Une solution qui intéresse grandement les acteurs du nautisme.

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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

La solution que propose AquAmmoS devrait fortement intéresser l’aéronautique, mais aussi les industriels de l’automobile qui cherchent depuis des années une solution pour valoriser les tonnes de déchets composites produits. AquAmmoS travaille sur un procédé biologique appelé bio calcification de sable qui transforme ces déchets en matériau secondaire utilisables pour la voirie. Concrètement, la jeune entreprise innovante utilise les résidus issus des stations d’épuration et les mélange avec du sable et des déchets composites. Elle travaille actuellement avec l’IUT de Saint Nazaire et Polytech Nantes sur le produit fini.

Déconstruire les bateaux de plaisance

C’est avec le secteur du nautisme qu’AquAmmoS va tester pour la première fois son procédé. Elle a trois mois pour prouver que son concept fonctionne pour la déconstruction des bateaux de plaisance. C’est pour résoudre cette problématique que Wintering, la PME de Guérande spécialisée dans l’hivernage et la réparation de bateaux a fait appel à elle, dans le cadre du programme du conseil régional Résolutions, en partenariat avec la CCI de Nantes-Saint-Nazaire. « La déconstruction d’un bateau de plaisance représente un coût de 4.000 euros en moyenne pour une coque de six mètres », explique Thierry Deniau, le P-dg de Wintering. Lui cherchait une solution locale pour désengorger son stock d’épaves. Il aurait ainsi une centaine de bateaux de plaisance à déconstruire. Le partenariat avec AquAmmoS pourrait se concrétiser en septembre si les premiers résultats sont encourageants.

Épurer l’eau des stations d’épuration en activant les bactéries

Cela fait trois ans que l’équipe scientifique d’AquAmmoS travaille, depuis Paris, sur cette problématique. « Nous avons terminé les phases de tests en laboratoires et commençons les tests avec des démonstrateurs », explique Thierry Maëder, un des associés de l’entreprise. Parallèlement la TPE de Vigneux de Bretagne démarche les grands groupes et collectivités en charge des 20.000 stations d’épuration de France. AquAmmoS active les bactéries présentes dans les bassins et accélère le processus de dégradation. « Cela représente une économie non négligeable d’énergie pour les stations d’épuration», explique Thierry Maëder. Elles pourraient ainsi économiser jusqu’à 20% de leurs coûts de dépollution.

Une levée de fonds en préparation

Pour répondre à l’immense demande qui attend AquAmmoS, les cinq associés, dont deux salariés en R&D, cherchent à lever des fonds. Cela fait deux ans qu’ils travaillent sur la création de leur entreprise pour laquelle ils ont tous investi leurs fonds propres. Mais l’envie d’entreprendre titillait depuis bien longtemps ces salariés d’horizons variés, anciens cadres bancaires spécialisé dans la gestion de patrimoine ou dirigeant d’une entreprise de rénovation, qui ont attendu leur retraite pour se lancer dans l’aventure. AquAmmoS vise un chiffre d’affaires d’1 million d’euros en 2018.

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