Nantes

Infrastructure

Aéroport Nantes-Atlantique : les patrons craignent la saturation de leur outil de travail

Par Amandine Dubiez, le 13 juin 2019

Plusieurs entreprises auraient déjà choisi de quitter Nantes faute d'avoir à proximité un aéroport adapté à leurs besoins. Inquiets pour l'attractivité du territoire et la croissance de leurs sociétés, les chefs d'entreprise et les acteurs économiques locaux demandent à l'aviation civile d'accélérer les travaux pour réaménager l'aéroport Nantes-Atlantique.

Yves Brochard, président de Vendée International, et Yann Trichard, président de la CCI Nantes-Saint Nazaire.
Yves Brochard, président de Vendée International, et Yann Trichard, président de la CCI Nantes-Saint Nazaire. — Photo : JDE

« Mon job à moi, c’est d’empêcher que l’économie s’arrête », explique Yann Trichard. Le président de la CCI Nantes-Saint-Nazaire est inquiet et impatient. Il craint que la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), maître d’ouvrage du réaménagement de l’aéroport Nantes-Atlantique, n’ait pas assez pris en compte « l’urgence et la nécessité » pour les entreprises du grand Ouest d’adapter l’aéroport Nantes-Atlantique à leurs besoins. Il demande, au nom des 55 000 entreprises du territoire, que des travaux d’urgence soient menés pour accéder et stationner à l’aéroport.

Il a exprimé son impatience avec une trentaine d’acteurs économiques, des réseaux tels que le Centre des Jeunes Dirigeants d'entreprise, le Medef, la CPME, mais aussi des acteurs du tourisme, des voyagistes et l’agence d’attractivité Nantes-Saint Nazaire, réunis par la Commission nationale du débat public (CNDP) le 13 juin dans le cadre de la concertation publique qui se tient jusqu’à fin juillet 2019.

Des entreprises qui ne veulent plus investir à Nantes

Car l’annulation du projet de nouvel aéroport du grand Ouest à Notre-Dame-des-Landes a déjà des conséquences sur l’activité économique. Deux entreprises locales ont choisi d’implanter des centres techniques à Paris et Lyon plutôt qu’à Nantes faute d’avoir un accès rapide et simple à l’aéroport pour leurs équipes. « Je ne dis pas cela pour faire peur, c’est la réalité, c’est très douloureux pour nous de le constater », indique le président de la CCI Nantes-Saint-Nazaire, actionnaire à hauteur de 10% d'Aéroports Grand Ouest, la société qui exploite l'aéroport. 

Il fait ainsi écho aux propos de Bruno Hug de Larauze, PDG du groupe Idéa et président du club des Trente, qui exprimait aussi son inquiétude lors du débat public organisé à Nantes le 5 juin : « On a perdu une bataille mais ne perdons pas l’attractivité du grand Ouest. Je connais au moins trois entreprises qui réfléchissent à ne plus investir ici », rapportait-il.

Il craint, comme le président de la CCI Nantes Saint-Nazaire, la saturation de ce qui s’apparente à un outil de travail pour les entreprises du grand Ouest. « On a fait un vote à main levée dans la salle ce matin : tous les dirigeants présents ont pris l’avion à Nantes pour des raisons professionnelles cette année. Les affaires représentent 19 % du trafic aérien nantais », explique Yann Trichard.

« La DGAC n’a pas pris en compte le dynamisme d’un territoire qui présente le plus faible taux de chômage de France et un PIB largement au-dessus de la moyenne nationale »

Il s’agace du calcul de la DGAC, qui projette un trafic de 11,4 millions de passagers en 2040, largement en dessous de ses estimations. L’aéroport, avec un trafic en hausse de 13 % en 2018, soit la plus forte progression des aéroports français, devrait atteindre les 7 millions de passagers cette année. « La DGAC n’a pas pris en compte le dynamisme d’un territoire qui présente le plus faible taux de chômage de France et un PIB largement au-dessus de la moyenne nationale, à + 2,5 % de croissance », s’agace Yann Trichard.

De nouvelles places de parking

Les entreprises vendéennes aussi seraient inquiètes. « Entre 2017 et 2019, les implantations des entreprises de Vendée hors de l’Europe ont augmenté de 14 %. Les grandes entreprises agroalimentaires vendéennes travaillent de plus en plus avec le Canada. Pour elles, les questions de déplacement sont une vraie préoccupation. On ne perçoit pas ce dynamisme économique dans les études de la DGAC », explique Yves Brochard, président de Vendée International, association née de l'initiative d'exportateurs pour encourager le développement à l'international des entreprises. Une nouvelle étude indépendante sur les prévisions de trafic devrait être publiée en juillet.

En attendant, la CCI Nantes-Saint Nazaire tente d’agir. Yann Trichard cherche des terrains disponibles pour proposer des surfaces de parking provisoires, en plus des 600 nouvelles places que projette de créer Vinci, l'exploitant principal de l'aéroport.

Yves Brochard, président de Vendée International, et Yann Trichard, président de la CCI Nantes-Saint Nazaire.
Yves Brochard, président de Vendée International, et Yann Trichard, président de la CCI Nantes-Saint Nazaire. — Photo : JDE

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