Rennes

Transport

Témoignage VolDirect : « On a créé notre compagnie aérienne »

Par Philippe Créhange, le 08 mars 2013

Ils sont une dizaine d'entrepreneurs d'Ille-et-Vilaine à avoir monté les bases de ce qui pourrait devenir une nouvelle compagnie aérienne privée. Avec une cible privilégiée : les PME. Frédéric Caussarieu, l'un des promoteurs du projet, nous en raconte l'histoire.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

« En 2009, nous avons acheté un avion (un Socata TBM850) avec Jean-Paul Legendre (PDG du groupe de BTP, NDLR) dans le cadre d'une association. Jean-Paul avait des besoins, moi aussi. À travers mon cabinet conseil dans les télécoms à Rennes (Trin Partners), je me déplaçais pas mal pour aller à la rencontre des clients. Il se trouve que l'avion est aussi un domaine qui m'intéresse, j'ai une licence de pilote privé depuis les années 1980.

Pour amortir les coûts fixes, on a créé un GIE réunissant plusieurs dirigeants et entreprises : Groupe Pigeon, Sepalumic, Biotrial, Luisina, Alain Le Roch, Soreal et Alsim (Nantes). Ça tourne depuis maintenant trois ans, avec 300 heures de vol. À 1 600 € de l'heure de vol, cela équivaut en gros au coût du transport public, en gagnant un temps de trajet phénoménal. On fait toute l'Europe et l'Afrique du Nord, et cela rend facile la décision. Sepalumic a, par exemple, gagné quinze jours de travail ouvrables par an. Avant, ils faisaient tout en voiture. Face à ce succès, on souhaitait ouvrir ce mode de transport à d'autres. Mais un GIE a ses limites. Il nous fallait donc obtenir un certificat de transporteur aérien.

Une dérogation de l'aviation civile

Depuis maintenant deux ans, on a entrepris le travail pour obtenir ce sésame. Cela fait rentrer dans un cadre réglementaire très complexe. Il a fallu rédiger un manuel d'exploitation. En plus, jusqu'à maintenant, la réglementation ne nous permettait pas de faire ça avec un appareil monoturbine (un seul moteur, NDLR). On s'est donc adressé à l'aviation civile et à l'Europe. Le directeur général de l'aviation civil Patrick Gandil nous a beaucoup aidés, car en temps normal, il faut trois bonnes années pour que ça aboutisse. Mais on a obtenu une dérogation. On est les premiers en France métropolitaine.

On a donc créé VolDirect SAS en janvier 2012, au capital de 330 000 €, avec une dizaine d'actionnaires. Mais ce n'est pas elle qui possède l'avion. Avec Jean-Paul Legendre, nous en restons les propriétaires. VolDirect se charge de l'exploitation.

D'autres bases en projet

Côté effectif, VolDirect emploie deux pilotes (trois avec Frédéric Caussarieu, NDLR). On a aussi recruté une personne pour l'administratif et un responsable entretien-maintenance à temps partiel. On commence l'exploitation ce mois de mars. L'ambition est de faire profiter les dirigeants d'Ille-et-Vilaine. On souhaite être dans l'intimité business du client. Je pense que cela devrait répondre à un besoin, car je recevais régulièrement des coups de fil de gens intéressés. Mais la deuxième étape consistera à ouvrir d'autres bases.

Si ça démarre bien ici à Rennes, on mettra en place un deuxième avion ailleurs. On pense à des zones comme Lorient, Quimper ou Brest. J'ai aussi des demandes sur Cholet, La Roche-sur-Yon et Angers. Mais pour cela, il faut identifier un investisseur sur place pour créer une autre société de gestion de patrimoine (l'avion, NDLR). VolDirect garantissant la rentabilité.

Notre objectif à plus long terme est de développer une dizaine de bases en France et en Europe, orientées PME. Pour la première année pleine, avec un avion, on vise les 600 000 à 700 000 € de chiffre d'affaires. Avec un deuxième avion, on serait autour du million d'euros. Ensuite ? On verra. »

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