Rennes

Agriculture

Tibot déploie son robot qui fait bouger les poules

Par Baptiste Coupin, le 18 juin 2018

Yanne Courcoux, experte en accompagnement de start-up passée par Microsoft, dirige Tibot (8 salariés) depuis le début 2017. La start-up rennaise a inventé le premier robot d’assistance pour l’aviculture (élevage de poules) et fait face à une forte demande à l’international. L’entreprise vient de lever près d’1 million d’euros pour accélérer sa croissance.

Le robot Spoutnik a trouvé sa place dans les élevages du monde entier.
60 % du chiffre d’affaires de Tibot est tiré par l’international. « Le marché nord-américain fait partie de nos priorités », annonce Yanne Courcoux, la présidente de l'entreprise bretillienne. — Photo : Baptiste Coupin

L'entrepreneuse

Originaire de Saint-Malo, passée notamment par Sciences Po Paris, Yanne Courcoux, 46 ans, dispose d’une expérience professionnelle bien remplie, en France et à l’international, au contact des start-up. Dans les années 90 et 2000, elle travaille à des fonctions stratégiques pour des entreprises en forte croissance aux États-Unis, Canada, Thaïlande… De 2006 à 2012, elle rejoint Microsoft, à Paris, où elle aide les start-up à monter des partenariats public/privé. De 2013 à 2016, elle prend ensuite la direction de la Meito (Mission pour l'électronique, l'informatique et les télécommunications de l'Ouest - qui a fusionné depuis avec BDI), à Rennes. C’est là-bas qu’elle découvre le projet « Spoutnic », du nom du robot autonome de Tibot Technologies. Elle va contribuer à le rendre visible des professionnels au Space 2017. Spoutnic y décroche le prix « coup de cœur du jury ».

Le concept

« Faire bouger les volailles, c’est la clef de notre métier », présente Yanne Courcoux. Spoutnic, pensé par Laetitia et Benoît Savary, des aviculteurs de Mayenne, est né précisément pour apporter une solution. En circulant de façon aléatoire, le robot anime l’élevage et fait bouger les volailles. Petit (18 cm de haut), compact, et endurant (10 h d'autonomie), il se faufile jusque sous les chaînes d’alimentation. Les bienfaits de ce "chien de berger" des temps modernes ? En bougeant, les volailles sont en meilleure santé et requièrent moins d’antibiotiques. Elles sont également incitées à rejoindre les lieux de ponte, ce qui évite les pertes au sol. Les agriculteurs, quant à eux, y gagnent en conditions de travail et s’y retrouvent en performances techniques et économiques. Que ce soit sur le poids moyen, l’indice de consommation ou le taux de mortalité des poulets, les résultats d’expérimentation plaident en faveur de Spoutnic.

Les perspectives

« Depuis que nous avons commencé la commercialisation en septembre 2017, j’ai des demandes qui affluent du monde entier », se réjouit Yanne Courcoux, qui a pris la présidence de Tibot, début avril, après une levée de fonds de 900 000 euros. Le robot a été conçu pour adresser les marchés export car il se déploie très facilement. Aujourd’hui, 60 % du chiffre d’affaires de l’entreprise (90 000 euros en 2017) est tiré par l’international. « Le marché nord-américain fait partie de nos priorités », annonce Yanne Courcoux. 25 robots sont actuellement en place dans les élevages (Russie, Suisse, Finlande…). Sa dirigeante prévoir d’en commercialiser 500 d’ici à 2020. Avec Spoutnic, Tibot tient peut-être sa poule aux œufs d’or !

Le robot Spoutnik a trouvé sa place dans les élevages du monde entier.
60 % du chiffre d’affaires de Tibot est tiré par l’international. « Le marché nord-américain fait partie de nos priorités », annonce Yanne Courcoux, la présidente de l'entreprise bretillienne. — Photo : Baptiste Coupin

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