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Syrlinks : Du satellite à la Breitling

Par Philippe Créhange, le 05 octobre 2012

TIC Grâce à son savoir-faire dans la miniaturisation, la jeune société Syrlinks, fondée par des anciens de TES, se déploie sur des marchés aussi différents que le spatial et... l'horlogerie. Elle vient de développer une innovation pour le célèbre fabricant de montres Breitling.
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L'entreprise n'est pas une matière inerte. Elle est même en mouvement permanent. Syrlinks, à Bruz, illustre cet état. 2011, la société technologique TES connaît de graves difficultés, et une partie de ses actifs est cédée à la barre du tribunal. Quatre cadres de TES (Guy Richard, Gwenaël Guillois, Philippe Bataille et Philippe Moniot) décident alors de reprendre 20 salariés du site de Bruz. Nous sommes le 1erjuin 2011, et l'aventure Syrlinks débute. Dix-huit mois plus tard, la société est proche des 28 collaborateurs et devrait clôturer son exercice 2012 avec un chiffre d'affaires de 4M€, contre 2,65M€ (et 400 K€ de résultat net) sur ses sept premiers mois d'activités en 2011.




Savoir-faire dans la miniaturisation

Son métier? Le développement de systèmes de communication sans fil et de géolocalisation pour les marchés du spatial, de la Défense et de la sécurité. Un panel assez large permettant aux ingénieurs de Syrlinks de travailler aussi bien sur des satellites que sur... des montres! «Dans le secteur de la sécurité, on a un client important qui est Breitling, confie Guy Richard. Notre mission était d'ajouter une fonction de sécurité sur une montre, permettant de sauver des vies.» Le président de la société technologique n'en dira pas plus. À l'heure où nous bouclions ces lignes, Breitling devait s'apprêter à présenter cette innovation. Une «application qui nous permet de démontrer notre savoir-faire dans la miniaturisation», soulignera simplement Guy Richard. Une expertise, associée à une fiabilité, permettant par ailleurs à la PME de travailler, dans le secteur du spatial, pour des acteurs importants comme le CNES (agence française de l'espace), l'ESA (agence spatiale européenne), Astrium, Thales, Cassidian (EADS) ou encore le ministère de la Défense. Et ainsi ne pas développer de complexes face à ses concurrents comme SSTL ou Comdev.




Réduction des budgets: «On reste vigilant»

Face à la réduction des budgets dans le secteur, Guy Richard reste toutefois «vigilant». «On est attentif aux décisions des industriels», prévient l'entrepreneur. «Et aujourd'hui, on compte plus sur les alliances avec des PME locales que grands groupes pour se développer sur ce marché.Le fait, ici à Rennes, d'être proche de DGA Maîtrise de l'information, est important pour nous.» Point fort de Syrlinks : des solutions qui ont notamment l'avantage de s'adapter à de "petits" satellites. Le boîtier conçu par l'entreprise, bourré d'électronique, permet par exemple de transférer depuis l'espace, en un temps record (une dizaine de minutes), des données qui peuvent parfois peser très lourd, comme des images. À titre de comparaison, c'est «dix à trente fois la vitesse du réseau 3G», explique Guy Richard. À l'avenir, si Syrlinks va poursuivre son activité de R & D pour le spatial ou la Défense (80% aujourd'hui de son CA), la société souhaite accroître sa présence dans le domaine de la sécurité. «Car c'est un marché qui a un cycle plus court que le spatial et la Défense, indique le président. L'objectif est d'avoir un chiffre d'affaires à parts égales entre les activités de R & D et les produits Syrlinks.»




Recrutements

La PME technologique réalise aujourd'hui la majorité de son activité en France. Tirée par la demande croissante des pays émergents, Syrlinks réalise toutefois 42% de son CA à l'export (dont la moitié en Europe). Dans les mois qui viennent, la société prévoit par ailleurs de recruter deux ou trois collaborateurs supplémentaires. «On a des besoins de R & D. Et comme on souhaite développer fortement notre branche industrielle, cela nécessitera de recruter», prévient Guy Richard. Un président de SAS qui compte parmi ses actionnaires le fonds d'investissement rennais Alian.

Syrlinks



(Bruz) Président: Guy Richard 28 salariés CA 2012: 4M€ 02 99 00 94 52 www.syrlinks.com

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