Rennes

Biotech

SurfactGreen veut se tailler une part du marché mondial des tensioactifs

Par Pierre Gicquel, le 15 novembre 2018

La start-up rennaise SurfactGreen produira bientôt ses tensioactifs écologiques (qui permettent à l'eau de se mélanger aux corps gras) à l'échelle industrielle. Son innovation intéresse de grands groupes du BTP, de l'énergie, de la détergence et de la cosmétique.

Xavier Roussel, à gauche, avec l'équipe de SurfactGreen.
Xavier Roussel, directeur général de la start-up rennaise SurfactGreen (à gauche), table sur un chiffre d'affaires de 500 000 euros en 2019. — Photo : Pierre Gicquel - Le Journal des Entreprises

Les créateurs

Née en 2016, SurfactGreen (10 salariés) est en fait l'héritière d'un long processus de maturation. « Tout a commencé dans les années 1990, à l'École supérieure de chimie de Rennes, à partir de travaux menés par deux enseignants-chercheurs qui sont désormais actionnaires et conseillers scientifiques de l'entreprise », relate Xavier Roussel, directeur général de la start-up depuis 2017, après avoir fait carrière chez Nestlé et dans l'industrie de la chimie fine. La jeune pousse compte aussi Pierre-Yves Divet comme président cofondateur, ce dernier ayant une expérience de quarante ans dans la chimie. SurfactGreen a déjà opéré une première levée de fonds de 1,2 M€ en 2017, à laquelle ont participé les fonds GoCapital et Finovam, avec six autres investisseurs. En octobre 2018, elle a remporté un concours d'innovation de Bpifrance avec à la clé, une bourse de 1,1 M€. De quoi embaucher et passer à l'échelle industrielle de sa production.

Le concept

Bénéficiant de licences exclusives sur des brevets détenus par Satt Ouest Valorisation (également actionnaire), SurfactGreen a déjà déposé elle-même cinq brevets pour ses tensioactifs biosourcés, c'est-à-dire des agents chimiques issus de coproduits naturels (algues, betterave sucrière et huiles végétales) qui permettent de lier des surfaces normalement non mélangeables, comme l'huile et l'eau, et qui présentent l'intérêt d'être biodégradables et écocompatibles. « Les secteurs intéressés sont vastes : les travaux publics pour l'émulsion bitumineuse - Eiffage est un partenaire historique et copropriétaire de l'un de nos brevets -, le nettoyage industriel et hospitalier pour les détergents, la cosmétique ou encore l'extraction pétrolière car nos produits ont aussi une propriété anticorrosive », précise Xavier Roussel, dont l'entreprise compte son site de R&D à Rennes et son siège social à Compiègne, dans les Hauts-de-Seine.

Les perspectives

Le marché mondial des tensioactifs (ou agents de surface) pèse entre 35 et 40 milliards de dollars. 50% de ce marché concerne les tensioactifs non-ioniques (présents par exemple dans les lessives), 40 % les ioniques et 10 % seulement les cationiques. Or c'est là que SurfactGreen intervient. Une "niche" à 3 milliards d'euros, avec très peu de concurrence actuellement sur le biosourcé. « Notre terrain de jeu est l'Europe mais nous allons recruter une personne aux États-Unis. Le chiffre d'affaires escompté pour 2019 est de 500 000 euros », estime le dirigeant qui vise bien entendu beaucoup plus dans les années à venir et annonce déjà une deuxième levée de fonds à 1 M€ en 2020. 

Xavier Roussel, à gauche, avec l'équipe de SurfactGreen.
Xavier Roussel, directeur général de la start-up rennaise SurfactGreen (à gauche), table sur un chiffre d'affaires de 500 000 euros en 2019. — Photo : Pierre Gicquel - Le Journal des Entreprises