Ille-et-Vilaine

Piloter son entreprise

Point de vue Prévenir la défaillance de son entreprise

Par Baptiste Coupin, le 09 mai 2019

Le cancer de l’entreprise, celui qui peut amener au redressement ou à la liquidation, peut frapper à toutes les portes. La vigilance s’impose.

L'édito
L'édito — Photo : Le Journal des Entreprises

L'enseigne rennaise MDF Kitchen (Du bruit dans la cuisine), qui compte 34 boutiques et 260 salariés, placée en redressement judiciaire, confrontée à une baisse d’activité et à une hausse des prix des loyers. L'imprimerie Edicolor, à Bain-de-Bretagne (142 salariés), en difficulté après des investissements coûteux. L’installateur électrique Bretagne Multi Réseaux, à Servon-sur-Vilaine, en cessation de paiement et contraint à la liquidation... Les entreprises, petites ou grosses, n’échappent pas au risque de défaillance (sauvegarde, redressement ou liquidation), à l’exemple de ces acteurs bretilliens, obligés, ces derniers mois, de demander l’ouverture d’une procédure collective pour poursuivre leur activité. Ou se résoudre à la liquidation judiciaire.

La Bretagne résiste

En 2018, selon le cabinet Altares, les défaillances ont concerné 54 600 entreprises françaises. Un chiffre qui pourrait augmenter de 2,6 % en 2019. La Bretagne résiste cependant. Elle a affiché une baisse de défaillances de 6,3 % en 2018, selon Altares. Il n’y a donc pas de fatalité et il appartiendrait aux dirigeants d’entreprise de pouvoir faire face aux difficultés en sachant tirer le signal d’alarme le plus tôt possible. C’est en tout cas le message qu’a fait passer François Flaud, président du tribunal de commerce de Rennes, lors d’un discours devant les acteurs économiques du pays de Vitré. Le plus tôt possible, cela veut dire avant le déclenchement d’une procédure collective, en saisissant le tribunal de commerce. Celui-ci peut agir juridiquement, en toute confidentialité, permettant par exemple une renégociation de crédit ou un moratoire sur des créances à payer. 80 % des entreprises venues en prévention seraient ainsi sauvées, contre 20 % seulement pour celles qui sont placées en redressement judiciaire.
Pour éviter une défaillance, trois indicateurs sont à surveiller de près : les difficultés de trésorerie, les appels répétés de votre banquier et un mauvais bilan. « Si vous avez ces trois indicateurs, le cancer est dans votre entreprise, il faut agir et vite », préconise François Flaud.

Ce billet a été publié dans Le Journal des Entreprises Ille-et-Vilaine n°382, mai 2019.

L'édito
L'édito — Photo : Le Journal des Entreprises