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Infrastructure

Interview Pascal Croce (SNCF) : « La gare de Rennes doit devenir un poumon économique »

Entretien avec Pascal Croce, directeur du projet Gare de Rennes chez SNCF Gares & Connexions

Propos recueillis par Baptiste Coupin - 01 mars 2019

Pascal Croce est le directeur de projet de la nouvelle gare de Rennes chez SNCF Gares & Connexions. Après trois ans de travaux, le chantier de rénovation se termine. L’équipement, devenu pôle d’échange multimodal au cœur d'un quartier en pleine transformation, sera inauguré début juin. Sa finalité : permettre de mieux accueillir les voyageurs, en nombre et dans leurs déplacements.

Aperçu de la couverture translucide de la nouvelle gare de Rennes.
La nouvelle gare de Rennes aura nécessité trois ans de travaux, dirigés par l’entreprise savoyarde Léon Grosse avec des sous-traitants bretons. — Photo : Baptiste Coupin

Le chantier de la nouvelle gare de Rennes touche à sa fin. Quelles grandes transformations ont été apportées à l’équipement ?

Pascal Croce : On parle de la gare de Rennes mais il faudrait plutôt parler de pôle d’échange multimodal (PEM). Ce pôle se veut être au cœur d’un nouveau quartier porté par la Ville de Rennes : la Zac EuroRennes. On en a fait un lieu pour pouvoir répondre à la problématique d’insertion. Nous voulons que le pôle d’échange, demain, soit le poumon économique de ce quartier et un point névralgique au coeur de la ville. Cela s’est traduit par une architecture très ouverte, avec des grandes baies vitrées et une toiture avec un matériau innovant et translucide : l’ETFE. Les maitres-mots sont clarté, luminosité et facilité d’utilisation. Nous avons multiplié les accès à la gare et aux quais pour fluidifier le trafic et gérer au mieux les flux entrants et sortants du pôle d’échange multimodal. Cela afin d'être paré à l'augmentation de trafic. On va passer de 65 000 voyageurs jour avant la rénovation à 120 000 à terme. La nouvelle gare a été conçue pour accueillir et drainer plus de 20 millions de personnes par an.

Pascal Croce, directeur du projet PEM (Pôle d'échange multimodal) de Rennes.
Pascal Croce, directeur du projet PEM (Pôle d'échange multimodal) de Rennes. - Photo : Baptiste Coupin

Quelles sont les principales entreprises à avoir travaillé sur le chantier et quel en est le coût final ?

P. C. : Le marché principal a été attribué à l’entreprise Léon Grosse (ETI des BTP siégeant en Savoie, NDLR), en entreprise générale. Elle avait un sous-traitant principal : l’entreprise Gagne (groupe vendéen Briand, NDLR), pour tout ce qui est charpente métallique et couverture. Et ensuite, plus d’une centaine d’entreprises en sous-traitance pour différents corps d’État et différents métiers. En majorité des entreprises locales. En pointe, c’est entre 150 et 180 personnes qui ont travaillé sur le chantier en 3x8, avec des grandes séquences de nuit et des postes alternés de jour. Le projet complet de Pôle d'échange multimodal revient à un coût global de 122 millions d’euros. Il est financé par l’État, en partie, la Région Bretagne, le Département d’Ille-et-Vilaine, Rennes Métropole, la Ville de Rennes, SNCF Réseaux et SNCF Gares et Connexions.

Comment faut-il voir la nouvelle gare de Rennes dorénavant ?

P. C. : Le PEM de Rennes c’est la porte d’entrée de la Bretagne encore plus que ça ne l’était auparavant et un point de rencontre de tous les modes de transport. Transport urbain, avec deux lignes de métro et les ligne de bus urbain. Transport routier, avec la gare routière, qui a été rénovée elle aussi et qui est rattachée directement au pôle d’échange. Et, enfin, transport ferroviaire. Les TGV, d'abord, en accélération depuis la mise en service de la ligne à grande vitesse (LGV), en juillet 2017. Et les modes de transport régionaux (TER), avec un maillage depuis la gare de Rennes sur toute la Bretagne pour permettre à l’ensemble des grandes villes de bénéficier du temps de parcours amélioré.

Aperçu de la couverture translucide de la nouvelle gare de Rennes.
La nouvelle gare de Rennes aura nécessité trois ans de travaux, dirigés par l’entreprise savoyarde Léon Grosse avec des sous-traitants bretons. — Photo : Baptiste Coupin