Ille-et-Vilaine

Communication et médias

"Nous hébergeons des sans-abri dans nos locaux avec les Bureaux du Cœur"

Par Virginie Monvoisin, le 25 janvier 2023

Née à Nantes en 2019, l’association les Bureaux du Cœur invite les entreprises à mettre à disposition leurs locaux pour héberger des sans-abri la nuit. Elle compte notamment trois délégations en Bretagne, à Rennes, Lorient et Brest. À Cesson-Sévigné, l’agence conseil en stratégie digitale Voyelle accueille deux personnes en situation de précarité.

En tant qu’adhérent à l’association Bureaux du Cœur, l’agence Voyelle héberge la nuit deux personnes en situation de précarité.
En tant qu’adhérent à l’association Bureaux du Cœur, l’agence Voyelle héberge la nuit deux personnes en situation de précarité. — Photo : Voyelle

À partir de 18 h 30, chaque soir, quand les collaborateurs de l’agence Voyelle quittent leurs locaux de Cesson-Sévigné, ceux-ci prennent un tout autre usage. L’agence de stratégie digitale, qui dispose de salles de réunion et bureaux pour son pôle formation, accueille, dans deux de ses pièces, deux sans-abri. Cette démarche au caractère solidaire est menée par le dirigeant de Voyelle, Arnaud Louvet, en lien avec l’association les Bureaux du Cœur. "Nous voyons des gens dormir dehors tous les jours. En parallèle, nous disposons de bureaux qui sont vides toutes les nuits et les week-ends, constate le dirigeant de cette agence née en 2006, et qui emploie 28 salariés (CA 2022 : 2 M€). Je me disais qu’on pouvait certainement faire quelque chose pour accueillir ces sans-abri, mais je ne savais pas comment… Et puis on se pose beaucoup de questions sur les assurances, sur la manière dont on peut les inviter, etc." Jusqu’au jour où Jean-Marc Tariant, dirigeant rennais de la société Finance et Stratégie et membre du CJD, vient parler des Bureaux du Cœur aux autres JD (Jeunes Dirigeants), dont Arnaud Louvet. "Il a ouvert l’année dernière la section rennaise de cette association née à Nantes en 2019, souligne Arnaud Louvet. Aujourd’hui, nous sommes 55 entreprises "hôtes" en France, dont 5 autour de Rennes."

Un engagement tripartite

Ainsi, les Bureaux du Cœur prennent contact avec le tissu associatif rennais qui œuvre, au contact de personnes en grande précarité (sans-abri, sans papiers, personnes touchant le RSA…) comme la Croix-Rouge, le CCAS ou encore le CHU. Ce sont elles qui envoient des "invités" aux entreprises comme Voyelle. "Il s’agit de personnes seules, sans enfants, car nous ne les accueillons que le soir et le week-end. Elles ne doivent pas non plus avoir d’addictions, être autonomes, c’est-à-dire ne pas nécessiter de soins, et être capables de gérer leur quotidien", détaille Arnaud Louvet. Ensuite, l’entreprise signe une convention tripartite avec cet "invité" et l’association, pour une période de trois mois, renouvelable une fois. "Cela leur donne du confort et une sécurité sur une durée significative", poursuit le dirigeant, qui doit, lui, mettre à disposition un placard fermé pour que "l’invité" y range ses effets personnels, et un canapé-lit pour dormir.

Un canapé-lit et un placard

L’entreprise met aussi à disposition une bouilloire et un micro-ondes, les toilettes avec lavabo. "La kitchenette et la douche, quand les entreprises en ont, c’est en bonus !", explique Arnaud Louvet. Lui a ainsi accueilli un immigré marocain qui travaillait dans une entreprise de ménage, et actuellement un Congolais et un Géorgien, tous deux en attente de papiers. "Ils ont des badges pour accéder à nos locaux et à la pièce qui leur est réservée jusqu’au matin. Ils sont respectueux car ils savent que c’est une chance", indique Arnaud Louvet pour rassurer ceux qui ont peur pour la sécurité de leurs locaux ou de leurs données.

L’investissement est donc minimum (de 700 à 1 000 euros pour un invité, et une simple déclaration à son assureur) pour apporter beaucoup à une personne dans le besoin. "L’objectif est aussi de créer un peu de liens avec eux, même si nous nous croisons. Et nos collaborateurs sont fiers de cette démarche. Ils sont toujours prêts à aider, que ce soit pour prêter de la vaisselle ou un vieux téléphone… En résumé, il s’agit d’un acte concret qui vient nourrir une démarche RSE engagée par ailleurs", estime Arnaud Louvet qui voudrait voir grossir le rang des entreprises hôtes.

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