Ille-et-Vilaine

Loisirs

Témoignage New Jump Rennes : "Le trou de notre dette se creuse"

Par Baptiste Coupin, le 19 février 2021

Hervé Marissal est le gérant du New Jump Rennes, à Cap Malo. Son parc à trampolines en intérieur, lancé en octobre 2019, partait comme une balle. Le Covid l’a fait dévier de trajectoire. Depuis, l’entrepreneur lutte pour payer ses charges et obtenir des aides proportionnelles à ses difficultés.

Hervé Marissal, gérant du New Jump Rennes, se bat pour la pérennité de son parc de loisirs.
Hervé Marissal, gérant du New Jump Rennes, se bat pour la pérennité de son parc de loisirs. — Photo : Baptiste Coupin

"Aujourd’hui, c’est une bonne journée, je n’ai pas de factures au courrier, ni de relances…" Hervé Marissal est le gérant du New Jump Rennes (entre 12 et 15 salariés, 600 000 euros de chiffre d’affaires annuel), une franchise de l’enseigne de parcs de loisirs New Jump. Son parc est à l’arrêt, et sans horizon de réouverture. Le lieu, qui a vu le jour en octobre 2019 à Cap Malo, au nord de Rennes, est dédié à l’accueil d’activités de sports et de loisirs en intérieur (trampolines, jeux de balle, parcours aventures). Situé dans une zone commerciale, à proximité d’un cinéma et de grands magasins, il jouit d’une situation géographique idéale. "Avant le Covid, nous pouvions faire jusqu’à 500 entrées par jour. Entre octobre 2019 et mars 2020, nous allions atteindre notre objectif annuel. Mais depuis le premier confinement, on ne vit plus d’activité normale", relate Hervé Marissal. La période de juin à septembre, à peu près préservée mais avec une jauge limitée, ne lui a pas permis de se refaire, ne correspondant pas à la saisonnalité de ce type de parcs.

Des charges fixes conséquentes

Dans ce lieu d’habitude "plein de rires et d’amusement" règne aujourd’hui un lourd silence. Pesant, comme la situation économique du moment vécue par les professionnels du loisir indoor, qui se sentent les "oubliés" du Covid-19. Le patron rennais, qui a investi 800 000 euros dans son parc, veut le faire savoir, lui qui passe désormais ses journées à faire face au poids de la dette. "Nous sommes la dernière ligne de la filière tourisme et, pendant de longs mois, nous n’avons pas été éligibles aux aides", regrette Hervé Marissal.

Son entreprise Jump and Bounce Park a quand même pu prétendre au fonds de solidarité, destiné aux structures les plus impactées par la crise du Covid-19. Il a perçu 25 000 euros en tout, pour dix mois d’activité fermée ou réduite. Un coup de pouce apprécié, mais pas de quoi payer ses charges fixes. L’entreprise est pénalisée par la superficie de son local (2 000 m²), qui lui vaut de payer un loyer important. C’est son premier poste de dépense. À cela s’ajoute l’assurance, l’électricité… jusqu’aux frais de location du terminal de paiement. "On continue de payer alors que nous sommes à l’arrêt", s’agace le dirigeant. Hervé Marissal a fait ses calculs : "La différence entre les frais fixes que j’ai payés depuis mars 2020 et les indemnisations que j’ai reçues, c’est 220 000 euros. On est malheureusement loin du compte… Ma difficulté du moment, c’est de garder la trésorerie et combattre ce que j’appelle les "profiteurs du Covid ", ceux qui vous envoient les courriers, les annulations, les huissiers…"

"Ne pas être oublié"

Jump and Bounce Park cherche malgré tout à se maintenir à flot. La PME a pu bénéficier d’un prêt garanti par l’État (PGE) de 150 000 euros. Ses salariés sont au chômage partiel, donc pris en charge par l’État. Et dès qu’une fenêtre s’ouvre, comme cette autorisation préfectorale en janvier lui permettant d’accueillir des mineurs, le gérant saute sur l’occasion. "On préfère ouvrir à perte que ne pas ouvrir du tout, pour ne pas être oublié", souffle Hervé Marissal.

En attendant que la situation sanitaire s’améliore, l’entrepreneur cherche la meilleure manière de pouvoir rouvrir avec un modèle économique viable. "À nous de travailler une clientèle différente en allant trouver des entreprises ou les clubs de sport", expose le dirigeant. En attendant, faute d’activité, il ne peut que constater les dégâts : "Le trou de notre dette se creuse. Les banques sont à l’écoute et nous permettent de reporter nos échéances de paiement, mais il y a une limite au raisonnable…" Le chef d’entreprise veut tout faire pour tenir jusqu’aux vacances de la Toussaint et donner espoir aux jeunes salariés qui "n’attendent que de pouvoir revenir".

Le 5 février, Alain Griset, ministre délégué aux PME, a annoncé de nouvelles mesures étendues aux loisirs indoor. "Cela donne de l’espoir mais j’attends de voir", prévient Hervé Marissal.

Hervé Marissal, gérant du New Jump Rennes, se bat pour la pérennité de son parc de loisirs.
Hervé Marissal, gérant du New Jump Rennes, se bat pour la pérennité de son parc de loisirs. — Photo : Baptiste Coupin

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