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L'international attire les PME bretonnes malgré le Covid

Par Baptiste Coupin, le 14 janvier 2022

Oser le monde est une expression qui n’a jamais été aussi fondée avec la crise sanitaire à rallonge que nous vivons. Les entrepreneurs bretons pourtant ne renoncent pas à leurs rêves d’international, aidés par le plan export mis en place par le gouvernement. Stirweld, Fonderies et Ateliers de L’Ouest et Nahibu viennent d’en témoigner.

Nahibu (ici Pierre Cressard, le fondateur et son épouse associée Chrystèle Cressard) fait partie de ces PME bretonnes qui se développent à l’international, grâce à l’aide du plan export.
Nahibu (ici Pierre Cressard, le fondateur et son épouse associée Chrystèle Cressard) fait partie de ces PME bretonnes qui se développent à l’international, grâce à l’aide du plan export. — Photo : Baptiste Coupin

Gagner toujours plus de parts de marché à l’international. C’est l’intention derrière le plan export mis en place par le gouvernement, dont s’emparent les entrepreneurs bretons, pas vaincus par un satané virus qui a pourtant sacrément chamboulé la donne sur le plan des échanges internationaux. "Nous avons vécu depuis deux ans une période effroyable. En mai 2020, les exportations françaises étaient en baisse de 40 %, chose qui n’arrive qu’en temps de guerre. Un exportateur sur deux avait appuyé sur 'pause' à cause d’un environnement indéchiffrable", rappelle Christophe Lecourtier, le directeur général de Business France (l’agence nationale dédiée à l’internationalisation de l’économie française, NDLR), participant à la deuxième édition du Relance Export Tour en Bretagne, via webinaire, le 13 janvier 2022. En septembre 2021, les exportations françaises ont retrouvé leur niveau record de septembre 2019. L’optimisme est de retour.

Pour aider les entreprises à tenir - et même renforcer la force de frappe des PME-ETI tricolores à l’international - la réaction est venue d’instruments mis en place par le gouvernement derrière le plan export, en coordination avec les Régions et les CCI. Une boîte à outils d’une enveloppe globale de 247 millions d’euros. C’est le cas notamment du chèque Relance Export, qui permet de bénéficier de prestations d’appui à l’export ; du chèque Relance VIE pour faciliter la création ou le renfort d’une équipe export ; ou encore de l’Assurance Prospection Accompagnement, qui finance en partie les dépenses de prospection et assure les entreprises contre le risque d’échec à l’export. Autant d’aides qui viennent d’être prolongées par le ministère de l’Économie et des finances jusqu’à fin juin - en raison de la déferlante Omicron et d’une sous-consommation des crédits.

"Des pas de géant à l’international"

Partenaire exclusif de la team France Export en Bretagne, Bretagne Commerce International (BCI), qui accompagne 2 000 entreprises bretonnes chaque année dans leur conquête du monde, indique que 345 sociétés ont eu recours au chèque Relance export en 2021. "Nous avons liquidé nos chèques export en quatre mois", rend compte Laurent Dubourg, fondateur de Stirweld, à Bruz, près de Rennes. Sa PME de 16 salariés commercialise des machines de soudage par friction malaxage. "C’est une technologie de fabrication nouvelle. C’est une micro-niche. Il nous fallait donc partir à l’export pour croître". La jeune entreprise a été aidée par BCI sur toutes les démarches douanières. "Au début du Covid, nous avons commencé notre démarchage international par la Pologne et la Turquie. Et là, sur deux ans, nous allons dupliquer sur 23 autres pays." La société a réalisé 1 million d’euros de chiffre d’affaires en 2021, dont 20 % à l’export. Elle espère doubler ses revenus en 2022 et poursuivre son développement à l’international, vers les États-Unis notamment.
Souhaitant donner une nouvelle ampleur internationale à son entreprise, David Urvoy, président de FAO (Fonderies et Ateliers de L’Ouest), fabriquant d’installation de stockage et de séchage des céréales à Vitré, s’est lui saisit de l’Assurance Prospection, qui l’a rassuré sur la prise de risque. "Cette action a été cruciale. Nous avons fait des pas de géant à l’international alors même qu’il était impossible de prendre un avion." Son entreprise de 50 collaborateurs cible comme nouvelles destinations l’Afrique et l’Amérique du Sud. "Avec l’aide du team France Export, nous attaquons 2022 avec un portefeuille export de qualité", affirme l’entrepreneur.
Le rennais Nahibu (11 collaborateurs), enfin, devenu le spécialiste de l’analyse du microbiote intestinal en France et en Europe, informe avoir eu recours récemment au chèque de relance VIE pour implanter son kit d’analyse sur le marché canadien. "Sans ce dispositif, je n’aurai pas pu travailler à l’export", affirme le fondateur de la société, Pierre Cressard.

Le port de Brest-Roscoff pour aider à l’exportation

"L’économie bretonne sait fait preuve d’intelligence et d’audace. Elle se projette et c’est un élément important", apprécie Laurence Fortin, vice-présidente de la Région Bretagne, en charge de l’économie. Elle redit l’intention de la collectivité d’aider les entrepreneurs dans leurs schémas de conquête à l’international, pointant notamment les infrastructures à leur disposition. La récente intégration du port de Brest-Roscoff au réseau transeuropéen de transport (RTE-T) est "une victoire", salue l’élue. 60 % du commerce européen se fait aujourd’hui par transport maritime. Les exportations bretonnes, demain, via ce canal, ne devraient s’en trouver que renforcées.

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