Bretagne

Conjoncture

Le rebond attendu de l'économie bretonne se confirme

Par Virginie Monvoisin, le 16 septembre 2021

D’après la dernière enquête de la Banque de France en Bretagne, la situation économique de la région s’améliore. Les entreprises bretonnes connaissent une tendance à la hausse de leur activité. À mi-année, le rebond est même plus affirmé que prévu.

L’industrie, tous secteurs confondus à part l’automobile, connaît une tendance à la hausse de son activité (ici chez Orca Accessoires à Fougères). Elle prévoit d’embaucher, mais doit faire face à des difficultés de recrutement.
L’industrie, tous secteurs confondus à part l’automobile, connaît une tendance à la hausse de son activité (ici chez Orca Accessoires à Fougères). Elle prévoit d’embaucher, mais doit faire face à des difficultés de recrutement. — Photo : Virginie Monvoisin

Après une première enquête début 2021, les entreprises bretonnes ont de nouveau été sondées par la Banque de France cet été sur leur situation (1 076 répondants). Le rebond pressenti de leur activité se confirme. "Nous sommes dans la tendance nationale. Le rebond est même plus affirmé que prévu, même si un bémol est constaté au niveau des investissements et de la rentabilité", résume Hervé Mattei, directeur régional de la Banque de France en Bretagne.

L’industrie franchement en hausse…

Dans l’industrie, 51 % des entreprises prévoient une hausse de leur chiffre d’affaires. Elles sont plus nombreuses à s’inscrire dans cette tendance qu’en début d’année, où seules 40 % d’entre elles entrevoyaient une hausse d’activité. Début 2021, le secteur industriel tablait sur une hausse de 6,5 % de chiffre d’affaires, avec également +1,2 % d’embauches et +7,2 % sur leurs investissements. "Il y a plus de prudence à la mi-année sur les investissements et sur la rentabilité attendue, souligne Hervé Mattei. 30 % des entreprises seulement annoncent des investissements cette année, contre 41 % au début 2021. L’augmentation de leur rentabilité devrait également être moindre, à cause notamment de l’augmentation du coût des matières premières."

… tout comme le secteur des services

Dans les services marchands, le même schéma de hausse se dessine, "même s’il est moins significatif", constate le directeur régional de la Banque de France. 50 % des entreprises prévoient une hausse de leur chiffre d’affaires (contre 40 % début 2021), autour de +5,2 %, mais 11 % d’entre elles se dirigeraient vers une baisse (contre 5 % des entreprises en début d’année). L’activité est repartie à la hausse, y compris dans l’hôtellerie et la restauration, qui ont retrouvé 94 % de leur activité. La saison touristique a été bonne en Bretagne, contrairement à d’autres régions de France qui pâtissent plus de l’absence de clientèle étrangère.

Une croissance flagrante dans la construction

Dans le secteur de la construction, les prévisions de hausse d’activité se confirment largement. Alors que 38 % des entreprises du secteur pensaient connaître une hausse de chiffre d’affaires en 2021, elles sont 59 % à mi-année à s’inscrire dans cette tendance. Et seules 4 % prévoient une baisse. Le bémol reste, là aussi, sur les investissements (23 % des entreprises seulement en projettent).

Hervé Mattei, directeur régional, et Marc-Antoine Jambu, directeur des affaires régionales de la Banque de France en Bretagne.
Hervé Mattei, directeur régional, et Marc-Antoine Jambu, directeur des affaires régionales de la Banque de France en Bretagne. - Photo : Virginie Monvoisin

Niveau d’avant crise atteint, épargne en hausse

"Dans l’ensemble, les entreprises bretonnes ont retrouvé le niveau d’avant crise, sauf dans le secteur automobile, analyse Hervé Mattei. L’économie de la région suit le mouvement de rebond constaté au niveau national". Elle s’en sort même mieux, le taux de chômage est moins élevé. L’agroalimentaire et le tourisme ont porté l'économie régionale. "Les soutiens financiers de l’État ont joué à plein, ajoute le spécialiste. Résultat, les entreprises ont gardé leurs salariés, qui ont constitué de l’épargne. Les banques enregistrent 10 milliards d'euros de plus sur les comptes des ménages depuis mars 2020. De quoi constituer une réserve pour alimenter la croissance future."

Même chose côté entreprises, où les trésoreries ont gonflé de + 6 milliards d'euros. Peu de prêts garantis par l’État ont en réalité été utilisés. "Notre point de vigilance porte sur les difficultés de recrutement", prévient Hervé Mattei. Des sujets restent sur la table pour les entreprises, qui vont devoir s’intéresser à la mobilité ou à l’emploi des seniors par exemple.

L’industrie, tous secteurs confondus à part l’automobile, connaît une tendance à la hausse de son activité (ici chez Orca Accessoires à Fougères). Elle prévoit d’embaucher, mais doit faire face à des difficultés de recrutement.
L’industrie, tous secteurs confondus à part l’automobile, connaît une tendance à la hausse de son activité (ici chez Orca Accessoires à Fougères). Elle prévoit d’embaucher, mais doit faire face à des difficultés de recrutement. — Photo : Virginie Monvoisin

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