Rennes

Santé

Interview Le CHU va investir 150 millions d'euros sur cinq ans

Entretien avec Véronique Anatole-Touzet, directrice du CHU de Rennes

Propos recueillis par Virginie Monvoisin - 09 février 2016

Nouvelle directrice du CHU de Rennes depuis près d'un an, Véronique Anatole-Touzet veut prévoir l'hôpital de demain. Moyennant environ 30 millions d'euros investis par an, le premier employeur breton (8.300 salariés, 645 M€ de budget) mise sur le numérique, l'ambulatoire et l'innovation. Entretien.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Le Journal des Entreprises : Depuis votre arrivée en 2015 à la tête du CHU, quel regard portez-vous sur cet hôpital ?

Véronique Anatole-Touzet : C'est un CHU de grande qualité, de pointe, d'excellence. Nous sommes classés dans le top 10 des CHU de France et disposons de plateaux techniques, de spécialités de pointe, plateformes de recherches et technologiques de haut niveau. Le CHU est uni autour des valeurs fortes de la Bretagne : solidarité et ouverture. Il est très ouvert, et travaille avec de nombreux partenaires économiques de la région.

Avec quelles entreprises avez-vous tissé des liens ?

V.A-T. : Nous avons des partenaires industriels locaux qui nous fournissent du matériel médical ou avec qui nous travaillons : Sodicome pour les déchets d'activités de soins, Triadis pour les déchets toxiques, Les Celluloses de Brocéliande pour les couches, la laiterie de Saint-Malo, les Vergers de l'Eclosel et la Boulangerie d'Armor pour la restauration... Des entreprises du territoire soutiennent aussi nos activités de recherche. Douze équipes de recherche labellisées par l'Inserm et le CNRS travaillent en collaboration avec des entreprises bretonnes de l'informatique, d'équipement médical, de bio-nettoyage... Nous avons aussi des liens forts avec ID2 santé et l'IRT b<>com. Depuis deux ans, nous avons aussi tissé des liens particuliers avec des entrepreneurs mécènes, grâce à Nominoë.

Où en est le fonds Nominoë ?

V.A-T. : Le CHU a été le premier en France à mettre en place ce fonds de dotation, qui tisse des ponts entre les mondes de l'entreprise et hospitalier. En un an et demi, Nominoë a récolté 2 millions d'euros de dons et obtenu l'appui de 280 mécènes et donateurs. Les maisons des parents ont été inaugurées à l'hôpital sud. Un appareil de Tep IRM devrait bientôt être acquis par le CHU, qui serait l'un des seuls à disposer de cet outil de pointe avec Paris et Lyon. Il coûte autour de 3 à 4 M?... Mais il permettra aussi de développer la recherche. Des progrès sont en jeu pour les maladies cardiaques et la neurologie. La construction d'une biobanque sera achevée avant la fin de l'année sur 500 m². Nous avons aussi des projets autour de l'agroalimentaire pour améliorer notamment les repas.

Quels sont les grands investissements que vous prévoyez dans les mois qui viennent ?

V.A-T. : Tous les ans, le CHU dépense environ 30 à 40 M€ en investissements divers. Sur les cinq prochaines années, cela représente une enveloppe de 150 M€. Parmi les autres grands chantiers à venir, nous allons rapprocher le centre de soins dentaires du centre-ville vers Pontchaillou. Il y a aussi un projet de nouveau bloc opératoire commun de 20 salles, pour regrouper les salles actuelles dispersées. Enfin, nous allons entamer cette année une grande réflexion sur un nouveau schéma directeur immobilier. C'est une réflexion globale sur l'avenir immobilier du CHU, qui s'étend sur 30 ha.

Il pourrait déménager ?

V.A-T. : Même si cela fait partie des scenarii, ce ne sera pas le cas. Nous allons plutôt restructurer et reconstruire une partie des bâtiments. D'autant que beaucoup de bâtiments ont été construits récemment. Nous allons devoir faire avec les contraintes architecturales du site de Pontchaillou pour répondre à tous les enjeux du CHU du futur.

Quel visage aura l'hôpital du futur ?

V.A-T. : Il sera plus ouvert, plus de patients viendront en ambulatoire. Ce sera un hôpital tête de réseau d'un territoire, qui portera les innovations de la médecine de demain. Des plateformes technologiques encore plus importantes que celles qui existent actuellement seront le coeur de cet hôpital de demain. Je souhaite que le CHU soit à la pointe en numérique et en e-santé. Les objets connectés vont révolutionner la médecine de demain. On a déjà informatisé le dossier patient et allons aller bien au-delà. Nous avons la chance d'avoir un écosystème à Rennes qui peut permettre au CHU d'innover. D'autant que le CHU peut en retour accompagner le développement économique de ces entreprises

Dans cette optique, Comment gérez-vous le budget du CHU ?

V.A-T. : La majorité des 645 millions d'euros de notre budget de fonctionnement concerne les dépenses en personnel et l'activité médicale dynamique. Pour maîtriser les dépenses, nous optimisons les achats, évitons les dépenses inutiles pour se concentrer sur les dépenses de médicaments qui correspondent aux recommandations et aux pathologies. Le volet RH est aussi des plus importants, car le CHU est une entreprise humaine. Il faut adapter au mieux les effectifs à l'activité.

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