Rennes

Textile

Later crée des vêtements 100 % recyclés et trouve son public

Par Anna Quéré, le 26 novembre 2021

Des vêtements entièrement conçus avec des fibres recyclées : c’est le pari audacieux de "Later", une petite entreprise rennaise qui invente le prêt-à-porter de demain. Soutenue par l’Ademe, Later veut devenir la référence française sur le vêtement recyclé.

Benoît Tardif et Benjamin Hooge, cofondateurs de la marque de prêt-à-porter recyclé Later.
Benoît Tardif et Benjamin Hooge, cofondateurs de la marque de prêt-à-porter recyclé Later. — Photo : Anna Quéré

La mode, mais pas à n’importe quel prix. À Rennes, Benoît Tardif et Benjamin Hooge sont à la tête de Later, une SAS créée en 2019 qui porte une marque de prêt-à-porter proposant des chemises, des surchemises, des sweats ou même des plaids, entièrement fabriqués à partir de vêtements recyclés. Une envie née d’un constat accablant : la mode est l’une des industries les plus polluantes de la planète. "J’avais envie de monter ma marque, mais à une seule condition : faire quelque chose qui soit le plus propre possible", explique Benoît Tardif, styliste photo et vidéo. Idem pour Benjamin Hooge, ancien directeur de l’organisation et de l’innovation dans l’industrie, soucieux de développer une activité économique respectueuse de l’environnement. Et la manne est immense : 100 000 tonnes d’habits usagés sont collectées en France chaque année. C’est au sein d’une filature située à Brassac (Tarn) que les vêtements sont triés et défilés, afin de récupérer le fil de coton ou de laine. Celui-ci est ensuite acheminé chez un tisserand à Castres, puis le drap rejoint le nord du Portugal, où sont confectionnées les pièces. Les vêtements sont ensuite rapatriés à Rennes, pour être expédiés chez les clients.

Tout est sur l’étiquette

Le succès est au rendez-vous. "Nos produits plaisent, un client sur deux a déjà racheté une pièce", précise Benjamin Hooge. Le prix aurait pourtant de quoi faire frémir les amateurs de fast fashion, habitués aux petits prix des enseignes mondiale. "L’idée, c’était de proposer des produits plus chers, mais de meilleure qualité, et au-delà mesurer les impacts de notre consommation", explique le jeune dirigeant. Les fondateurs ont en effet fait le pari de la transparence, en indiquant sur l’étiquette la répartition de la valeur du vêtement. Pour une veste à 230 €, il est donc mentionné 30 € pour les matières, 44 € pour la confection, 11 € pour la logistique, etc. "Selon nous, ce sont des prix justes. On a choisi de travailler sans intermédiaires, ce qui permet de rémunérer correctement les fabricants", explique Benjamin Hooge. Les deux associés rentrent d’ailleurs du Portugal. "Nous connaissons toutes les personnes qui travaillent avec nous. On a déjà commencé à parler de la nouvelle collection." Later a en effet le vent en poupe. Le chiffre d’affaires de 40 000 euros a été multiplié par deux cette année. La petite entreprise rennaise a été repérée par plusieurs grands distributeurs, dont Le Bon Marché, qui a exposé l’une de ses pièces cet automne au sein de son enseigne.

Une levée de fonds de 150 000 euros

Les deux associés ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Ils viennent de lancer une levée de fonds de 150 000 euros. "Nous avons déjà des engagements de partenaires, qui croient à fond à notre projet. Ce sont eux qui nous ont encouragés à le faire." Le défi est d’abord technologique. "En partenariat avec notre filature, l’objectif est de parvenir à refaire du fil avec des vêtements déjà entièrement recyclés. Nous sommes soutenus par l’Ademe pour faire avancer ces recherches", explique Benjamin Hooge. L’ambition est aussi plus large. "Nous voulons devenir la référence française sur le vêtement recyclé et prouver qu’un modèle circulaire de fabrication de vêtements est possible", raconte Benoît Tardif. Les deux associés ont déjà signé un accord avec une grande marque de fabrication française pour la création de pièces pour septembre 2022. Un pas de plus vers une visibilité nationale, voire internationale.

Benoît Tardif et Benjamin Hooge, cofondateurs de la marque de prêt-à-porter recyclé Later.
Benoît Tardif et Benjamin Hooge, cofondateurs de la marque de prêt-à-porter recyclé Later. — Photo : Anna Quéré

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