Bretagne

Industrie

Laisné appuie sur la croissance externe comme levier de développement

Par Baptiste Coupin, le 22 septembre 2021

Sous la conduite de Clément Her, jeune patron finistérien, le groupe rennais Laisné, spécialiste des aménagements intérieurs sur mesure, continue de grossir. Il vient de faire entrer Les Ateliers DLB à Brest dans son giron. Sa plateforme principale en région rennaise accélère dans le même temps ses capacités industrielles.

Les collaborateurs de Laisné au sein de l'atelier de fabrication des plans de travail sur le site de La Chapelle-des-Fougeretz (Ille-et-Vilaine).
Les collaborateurs de Laisné au sein de l'atelier de fabrication des plans de travail sur le site de La Chapelle-des-Fougeretz (Ille-et-Vilaine). — Photo : Baptiste Coupin

Clément Her, jeune entrepreneur de 33 ans, très attaché à la région de Brest, cite volontiers Louis Le Duff (fondateur du Groupe Le Duff) comme modèle à suivre. Le champion breton de la baguette industrielle, Finistérien comme lui, a bâti son empire de la restauration collective (Pizza Del Arte, Brioche Dorée, Bridor…) depuis Rennes. Développant lui aussi son affaire en région rennaise, à la tête du groupe Laisné (70 salariés, 7 M€ de CA en 2020), expert dans la conception et la fabrication de plans de travail et de mobilier d’agencement pour les professionnels, Clément Her ira-t-il aussi haut ? Chef d’entreprise depuis plus de 10 ans, les pieds sur terre, bien conseillé, le jeune homme ne se fixe aucune limite.

Un rachat en région brestoise

Grandir en intégrant de nouvelles structures à son projet d’entreprise ne lui fait pas peur. L’actualité récente le prouve une fois de plus. Laisné a racheté à la mi-juillet Les Ateliers DLB (30 salariés, 4 M€ de CA) à Brest, renforçant ainsi le pôle agencement du groupe. Créée en 1997 par Jean-Luc de la Bernardie, ébéniste, la société labellisée EPV (Entreprise du Patrimoine Vivant) en 2015, œuvre depuis près de 30 ans dans le domaine de la menuiserie, de la charpenterie, de la restauration du patrimoine et de l’agencement intérieur et extérieur. Elle a, par exemple, à son actif des chantiers au couvent des Jacobins à Rennes, au château de Kerjean ou au phare de l’île Vierge dans le Finistère. Elle a aussi travaillé pour la Bibliothèque nationale de France à Paris, le Palais de l’Élysée, le musée du Moyen-Âge de Cluny, l’Assemblée nationale, le Château de Versailles ou encore l’Abbaye du Mont Saint-Michel. "En tant que Brestois, je connaissais bien la renommée et le savoir-faire des Ateliers DLB, indique Clément Her. Lorsque j’ai appris que Jean-Luc de la Bernardie cherchait un repreneur, nous sommes rapidement entrés en discussion." Cette acquisition permet l’ouverture de Laisné à de nouveaux secteurs liés aux métiers du bois.

Des intégrations réussies

Malgré son jeune âge, Clément Her a de l’expérience en matière de rachat. Cette détermination du président de Laisné à grandir en sachant saisir les opportunités débute en 2010, en région brestoise, à la tête de l’entreprise de courtage en travaux H2 Tech.

Clément Her, président du groupe Laisné.
Clément Her, président du groupe Laisné. - Photo : Baptiste Coupin

"J’avais CMAD à Guipavas dans mon vivier d’entreprises, une PME spécialisée dans l’agencement sur mesure pour les particuliers. J’apprends que son patron part en retraite. Tout est parti de là…" À 22 ans seulement, Clément Her emprunte 500 000 euros auprès de sa banque et finalise son premier rachat. "Vous entrez dans la vie de l’entreprise et vous y mettez votre patte. C’est passionnant…" Six ans plus tard, en 2016, après avoir fait pivoter le business de CMAD vers le B to B et agrandit les effectifs, nouvelle conquête. Il fait entrer la société Transformeurs et Partenaires à Morlaix, alors en redressement judiciaire, dans le groupe. "Là, on endosse le costume d’agenceur-fabricant avec un vrai savoir-faire. Il y avait un parc machine performant. Des clients de renom. On passe un cap", souligne Clément Her. Cette intégration à peine menée que le voici en position de pouvoir faire entrer un nouveau pôle de compétences dans le groupe. Il apprend fin 2016 que Laisné Frères, à La Chapelle-des-Fougeretz, elle aussi en redressement, est à vendre. La PME est spécialisée dans la fabrication de meubles de cuisine. L’occasion est belle de venir s’installer aux portes de Rennes. L’offre qu’il fait aux côtés d’un partenaire associé est acceptée. "Je n’ai pas acheté cher mais avec un robinet financier qui était ouvert… Il fallait prouver que j’allais pouvoir maîtriser le risque. Mais une fois que je m’engage sur un projet, j’y vais jusqu’au bout", souffle le dirigeant. Laisné Frères renommé Laisné Industrie devient alors le siège social du groupe.

Nouvelle identité

Avec autant de sociétés et d’expertises intégrées, Clément Her a mis un peu d’ordre dans la maison à la fin 2020. Trois pôles sont aujourd’hui constitués au sein du groupe Laisné : Laisné Plan de Travail (ex-Laisné Industrie), axé sur la conception et la fabrication de plans de travail sur mesure. Il représente les trois-quarts du chiffre d’affaires du groupe ; Laisné Agencement (association de CMAD et Transformateurs et Partenaires), spécialisé dans la conception et fabrication de mobiliers d’agencement sur-mesure pour les professionnels ; et enfin Laisné Logistique, en charge de la distribution et livraison des ouvrages. Ce dernier pôle, créé en 2019, s’est intensifié ces derniers mois avec l’arrivée de deux poids lourds et le recrutement de nouveaux chauffeurs, le tout encadré par l’arrivée d’un responsable d’exploitation. "L’objectif de la réorganisation, ça a été de donner de la cohérence et de la clarté pour l’ensemble de nos clients et partenaires", indique Clément Her. En interne aussi les choses sont carrées. Si Clément Her fixe le cap de l’entreprise et donne l’impulsion, il fait confiance à ses managers pour gérer l’opérationnel. "Les hommes et les femmes qui sont à l’intérieur de l’entreprise sont la clé de tout", affirme-t-il. C’est donc tout naturellement qu’il a décidé d’associer trois cadres historiques des Ateliers DLB au sein de la nouvelle structure pilotée par Laisné. Parmi eux figure Sandrine Rolland, qui prend la direction du site. Un mode de gouvernance partagée qui a plu a Jean-Luc de la Bernardie, le cédant : "L’approche et la stratégie de Clément Her, homme du métier, garantissaient la réussite de la méthode de développement des Ateliers DLB. La prise de participation des cadres dans la nouvelle structure et le positionnement géographique stable du projet m’ont convaincu que mon choix était le bon."

Des investissements dans les machines industrielles

Ses domaines de compétences aujourd’hui homogénéisés, Laisné souhaite poursuivre sa marche en avant. Sa principale plateforme de 5 300 m² à La Chapelle-des-Fougeretz, où sont fabriqués les plans de travail, demeure le cœur du réacteur de son business et le lieu d’expérimentation du groupe sur l’Industrie du futur. Après avoir participé au programme Industrie 4.0 du réseau breton Breizh Fab, le groupe a engagé 1 million d’euros en 2020 pour l’acquisition d’un bâtiment de stockage de 800 m², à laquelle s’ajoutent la mise en place d’une nouvelle ligne de presse automatisée et d’une nouvelle scie de débit numérique. "C’est la plus importante de toute la Bretagne", souligne, pas peu fier, Clément Her. D’autres investissements sur des robots en manutention vont suivre. Tout en conservant un savoir-faire artisanal, Laisné Plan de Travail augmente donc ses capacités industrielles. Il faut dire qu’avec la crise sanitaire, son activité est loin de se réduire. "Nous fabriquons 1 500 pièces par semaine en ce moment. On est à + 30 % d’augmentation des commandes depuis les premiers confinements. Nos clients cuisinistes sont débordés. Demain, l’enjeu, avec un modèle plus industrialisé et automatisé, c’est de mieux tenir nos délais." Malgré les difficultés d’approvisionnement et l’inflation des prix des matériaux (sur les panneaux agglomérés notamment), le groupe Laisné prévoit de faire une année comptable en 2021 supérieure à celle de 2020, avec 8,5 millions d’euros de chiffre d’affaires visés. "Le développement va se poursuivre. J’ai déjà mis en place 250 actions dans cette entreprise, pôle par pôle. Ce n’est pas cette foutue crise du Covid qui va nous arrêter", prévient le chef d’entreprise.

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