Bretagne

Finance

La Caisse des Dépôts se doit d'innover

Par Géry Bertrande, le 05 mai 2017

La Caisse des Dépôts en Bretagne a publié ses résultats 2016, soit 1,3 milliard d'euros de contribution à l'économie régionale dont 790 millions d'euros de prêts sur fonds d'épargne pour le logement, en légère baisse du fait notamment d'une concurrence accrue.

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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Les prêts sur fonds d'épargne de la Caisse des Dépôts ont diminué en 2016, passant de près de 900 millions d'euros à 790 millions (17,3 Md? au plan national). En cause : la concurrence d'autres établissements bancaires, y compris à l'étranger, où vont se financer aussi les acteurs bretons dont les collectivités. Pour y parer, la Caisse des Dépôts doit se démarquer par des solutions innovantes, outre la digitalisation de ses services. C'est le cas de son nouveau prêt haut de bilan bonifié, qui a bénéficié à 20 des 24 principaux bailleurs sociaux bretons pour 2017-2018. Cet outil de 88 millions d'euros, sur une enveloppe nationale de deux milliards, leur permet de ne rien rembourser pendant les 20 premières années (taux zéro avec différé d'amortissement gratuit). Coût pour la Caisse des Dépôts : 60 millions d'euros qui donnent de l'oxygène aux trésoreries des bailleurs. Ces prêts ont permis de construire 5.023 logements dans la région en 2016 (contre 7.194 en 2015) et d'en réhabiliter 14.733 (contre 10.290 en 2015). Autre exemple : le prêt croissance verte à 0 %, soit 45 millions prêtés aux collectivités locales en faveur de la rénovation énergétique des bâtiments publics. « Nous allons revenir aussi sur le champ des EPL de type Sem, SPL... », avance Gil Vauquelin, nouveau directeur régional breton.

Investissements d'avenir

Le programme des investissements d'avenir (PIA) va, pour sa part, entrer dans sa troisième phase de développement, avec 325 millions d'euros engagés depuis 2010 (dont 21,3 millions d'euros en 2016). « Le PIA3 commencera en 2017 avec dix milliards d'euros au plan national. » Sont visés des projets de 30 à 40 millions d'euros. « Nous aurons à développer de nouveaux programmes sur la formation et les territoires d'innovation », précise Gil Vauquelin. Un appel à manifestation d'intérêt est lancé. Rennes Métropole, par exemple, pourrait y prétendre pour son grand colloque sur la mobilité en 2018, si des projets concrets en émergent. Sur l'autre thème porteur de la smart city ou ville intelligente, les métropoles rennaises et brestoises devraient d'ailleurs pouvoir prétendre à l'élargissement des huit démonstrateurs initiaux engagés avec la Caisse des Dépôts dont les Bretonnes avaient été écartées. « Nous allons étudier ce que nous pouvons faire avec elles sur ce thème », souligne Gil Vauquelin.

Revitalisation

Autre dada de la Caisse des Dépôts : la revitalisation des centres bourgs avec 28 millions sur la table de 2017 à 2020. Ces crédits d'investissements et d'ingénierie ont une nouveauté : tous les acteurs publics (État, Région, Caisse des Dépôts, EPF...) se regroupent dans une même convention, pour parler d'une seule voix au service des communes. Un chiffre : 51 % des prêts de la Caisse des Dépôts aux communes sont alloués à des bourgades de moins de 3.000 habitants. Autre action significative, les prêts aux notaires dont 112 doivent s'installer dans les deux ans à venir (35 dans la métropole rennaise) représentent une enveloppe de 62 millions. Quant aux 2.432 entreprises aidées notamment via les plateformes partenaires (Initiative, Réseau Entreprendre, GwenneG, Adie, Bretagne Active), elles ont bénéficié de 13,3 millions d'euros de prêts d'honneur et 106 millions de prêts bancaires associés par effet levier (x8), représentant 4.900 emplois créés ou maintenus l'an dernier. Au total cumulé, « notre impact global dans l'investissement régional est de l'ordre de 1,2 à 1,3 milliard d'euros », calcule le directeur de la Caisse des Dépôts. Gil Vauquelin rappelle que les fonds propres de l'établissement ont doublé en trois ans, pour atteindre 19 millions d'euros en 2016.

Des dossiers sensibles

Ils servent notamment à financer des opérations économiques sensibles comme l'opération immobilière rennaise de Cooper Standard, la revitalisation du centre commercial rennais du Gast prévue cette année ou encore le dossier Kership à Lorient monté avec DCNS et Piriou. Des dossiers hôteliers complexes à financer, en bord de mer notamment, sont également à l'étude, tout comme un réseau de chaleur d'une collectivité pour l'instant confidentiel.

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