Rennes

Santé

Hoppen continue de grandir et nourrit des ambitions à l'international

Par Baptiste Coupin, le 23 mars 2022

Télécom Santé devenu Hoppen a bien grandi. Le groupe rennais spécialiste de la santé connectée dans les hôpitaux a finalisé, début janvier, sa troisième acquisition en deux ans. L’ETI de 600 collaborateurs affiche maintenant des ambitions internationales. L’Europe et le Moyen-Orient sont ses zones cibles.

Hoppen et ses équipes accompagnent 1 patient français sur 2 dans les établissements de santé.
Hoppen et ses équipes accompagnent 1 patient français sur 2 dans les établissements de santé. — Photo : Hoppen

Anciens ingénieurs chez Orange, Sébastien Duré et Matthieu Mallédant, cofondateurs de Hoppen (600 collaborateurs, 21 M€ de CA en 2021) ne doivent pas regretter d’avoir quitté le géant des télécoms pour se lancer dans la santé connectée. Leur entreprise vient d’être classée pour la seconde année au sein du prestigieux classement French Tech 120 (les 120 entreprises françaises innovantes les plus prometteuses, NDLR), lui laissant entrevoir un bel avenir. "Nos convictions du début étaient sans doute les bonnes", relève Sébastien Duré, directeur général de Hoppen. "Les besoins sont avérés, la réalisation a été au rendez-vous et, chemin faisant, on découvre d’autres ambitions complémentaires. C’est un chemin très sympathique", poursuit Matthieu Mallédant, président du groupe.
Né à Cesson-Sévigné en 2011, Hoppen est devenu, une décennie après sa création, un acteur incontournable de la transformation digitale des établissements de soins et de santé en France. Début janvier, l’ETI bretonne a encore pris du poids en avalant l’entreprise francilienne Aklia (CA 2020 : 20 M€, 250 salariés). "On rachète le numéro 2 alors que nous étions déjà le numéro 1. Nous sommes plus que jamais le leader en France dans notre domaine", sourit Matthieu Mallédant. Filiale de la Mutuelle Nationale des Hospitaliers (MNH), Aklia, sur laquelle Hoppen avait des vues depuis quelque temps, est spécialisé dans l’accueil et le confort des patients en hospitalisation. L’entreprise équipe environ 40 000 chambres dans 500 établissements de santé. "C’est un véritable projet industriel qui se dessine avec ce rapprochement entre Aklia et Hoppen", observe Médéric Monestier, directeur général de la MNH. Dans la transformation organisationnelle de l’entreprise nouvellement rattachée au groupe, les équipes de Hoppen prévoient de former le personnel à ses méthodes de travail et de déployer de solutions technologiques sur le parc installé "pour le faire grandir en qualité et en gain de temps sur les métiers exercés sur site", explique Sébastien Duré. Dans un an et demi, 90 % des sites d’Aklia devraient avoir atteint la qualité de process du réseau Hoppen.

Trois rachats français en deux ans

Le rachat d’Aklia montre toute l’ambition du breton. C’est sa troisième prise en l’espace de deux ans seulement. Avant d’accrocher cet acteur à son tableau de chasse, le groupe technologique s’était déjà offert Télécom Services (CA 2018 : 18,4 M€, 250 salariés) en 2019, et Cinéolia (CA n.c., 60 salariés) en 2020, deux entreprises reconnues des services multimédias et numériques aux patients hospitalisés. Une marche rapide rendue possible grâce au soutien financier d’Extens et Geneo, ses investisseurs de référence. Les fondateurs partagent en effet le capital de l’entreprise avec les deux fonds parisiens, qui ont investi dans Hoppen à l’occasion de son premier rachat (32 millions d’euros levés en novembre 2019, NDLR). D’autres actionnaires minoritaires (Kreizig Invest, Business Angels 35…) accompagnent les associés bretons depuis le début de l’aventure. Un élément important de Hoppen veut par ailleurs que le développement de l’entreprise se fasse sous le regard d’un comité stratégique de dirigeants de centres hospitaliers et de centres hospitaliers universitaires, garants du projet sociétal du groupe, dont le slogan est "Time to care" ("Il est temps de prendre soin").

5 millions de patients utilisent les technologies d'Hoppen

Si Hoppen a fait sensiblement grandir son parc de lits connectés à ses solutions ces dernières années (plus de 100 000 lits équipés en concession à ce jour), il a fallu cependant contourner des obstacles. "Il y avait un sujet compliqué d’accès au marché public car les directeurs des hôpitaux publics ne sont pas forcément décisionnaires sur la partie opérationnelle, explique Matthieu Mallédant. Pour convaincre les hôpitaux publics, on a décidé de racheter ces sociétés concessionnaires. Ce sont elles que l’on transforme et que l’on digitalise." "Et avec elles, les modes opératoires et les processus, appuyés de nos outils digitaux", complète Sébastien Duré. Avec l’intégration d’Aklia, 5 millions de patients (soit 1 patient français sur 2) utilisent aujourd’hui les technologies et services d’accompagnement du groupe Hoppen durant leur parcours d’hospitalisation. C’est-à-dire des outils interactifs de communication, des solutions de gestion et de performance en temps réel du parcours de soins, du matériel médical connecté… Une offre large "qui permet d’améliorer la performance et la qualité du service délivré", pointe Sébastien Duré mais qui vise aussi à faciliter le quotidien du personnel hospitalier. Un sujet central dans cette période Covid qui met les métiers de l’hôpital sous tension. "Quand on récupère l’accueil sur un établissement (la majorité des collaborateurs de Hoppen travaillent dans les hôpitaux à l’accueil et l’accompagnement des patients, NDLR), on libère quasi immédiatement entre 1,5 et 2 ETP (équivalent temps plein) sur des centres hospitaliers de petite taille. Les ressources que l’on libère permettent aux personnels de santé de se concentrer sur leur cœur de métier qui est le soin", commente le président de Hoppen.

Conquête à l’export

Après avoir installé sa marque et ses services dans les établissements de santé français, Hoppen va maintenant pouvoir s’attaquer à l’international. En tout cas, conforter et développer ses positions, car le développement à l’export était déjà au cœur de son projet stratégique en 2019, avant la pandémie. Pour montrer la voie, Sébastien Duré a participé, fin janvier, à l’exposition Arab Health à Dubaï (Émirats arabes unis), premier événement international de soins de santé au Moyen-Orient. Son premier grand voyage d’affaires en deux ans. Elias Oussalah, directeur commercial international, l’a précédé en Arabie saoudite. "Le fait de ne pas pouvoir nous déplacer nous a contrariés sur notre envie de développement à l’export. Nous réenclenchons ce processus avec l’intention d’augmenter notre parc. On ambitionne de faire entre un quart et un tiers de notre chiffre d’affaires à l’export en 2025", indique Matthieu Mallédant. L’entreprise compte s’appuyer pour cela sur des partenaires locaux qui lui serviront d’intégrateurs intermédiaires. Autrement, elle négocie directement avec les établissements de santé. Si le Moyen-Orient apparaît comme un marché plein de promesses avec de nombreux établissements haut de gamme à fournir en solutions technologiques, Hoppen entend aussi se déployer en Europe (Benelux, Royaume-Uni, Espagne…). Des acquisitions sont à venir, sur le même modèle qu’en France.
Totalisant 55 millions d’euros de chiffre d’affaires après le rachat d’Aklia et 18 % d’Ebitda, Hoppen, dans une santé financière fringante, est en route pour devenir un leader européen de la e-santé connectée. Une ascension que le groupe prévoit de poursuivre au sein de l’écosystème qui l’a vu grandir. L’entreprise, qui anticipe une croissance à deux chiffres en 2022, déménagera prochainement dans de nouveaux bureaux à Rennes. Un bâtiment de 1 400 m2 est en train d’être signé. Il lui apportera une surface de travail multipliée par deux. De quoi accueillir ses futurs collaborateurs. Une vingtaine de postes sont ouverts, principalement pour des profils techniques (ingénieurs, développeurs, techniciens supports).

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