Ille-et-Vilaine

BTP

Fer Met Alu parie sur le foncier aérien pour construire durable dans les villes

Par Baptiste Coupin, le 10 novembre 2021

L’entreprise de métallerie bretillienne Fer Met Alu, intégrée au  groupement d’entreprises FH Métal, monte en puissance. Avec une technique de construction rapportée du Québec, la société s’engage sur de gros chantiers autour de la construction durable. Elle souhaite pouvoir répondre au défi environnemental en milieu urbain.

Une partie des équipes de FH Métal. Le groupement d'entreprises, auquel Fer Met Alu apporte son expertise en métallerie, participe à faire émerger des projets durables dans les villes.
Une partie des équipes de FH Métal. Le groupement d'entreprises, auquel Fer Met Alu apporte son expertise en métallerie, participe à faire émerger des projets durables dans les villes. — Photo : FH Metal

Le chantier a démarré au printemps 2021 et est à tout point de vue remarquable et remarqué. L’entreprise de métallerie bretillienne Fer Met Alu (49 salariés, 7 M€ de CA en 2020), qui a son siège à L’Hermitage près de Rennes, participe comme co-traitant à la réalisation d’un projet singulier sur le territoire de Monaco : la construction d’une tour d’habitation en bois de 27 mètres de haut et de 4 000 m² censée incarner l’immeuble bioclimatique par excellence de la Côte d’Azur. Le projet voulu par la Principauté de Monaco doit être livré en 2023. Il répond à une nouvelle technique de construction sans grue baptisée Upbrella (du nom d’une entreprise québécoise de BTP, NDLR). Le procédé consiste à installer le toit dès le début et à le soulever étage par étage pour protéger et industrialiser la construction.

La future tour Carmelha à Monaco. Co-traitant du chantier, Fer Met Alu déploie la technique Upbrella pour sa construction.
La future tour Carmelha à Monaco. Co-traitant du chantier, Fer Met Alu déploie la technique Upbrella pour sa construction. - Photo : Inui

"C’est ce qu’on appelle du foncier aérien", explique Julien Homo, directeur général de Fer Met Alu, qui a découvert le mode opératoire après être allé chercher l’innovation en Amérique du Nord. "Nous sommes davantage sur des techniques de construction hors site, reprend-il. C’est innovant parce qu’on commence par fabriquer le toit et on enveloppe le chantier. Grâce à ce procédé, on a une sorte de parapluie acoustique. Sur la partie environnementale, en faisant l’économie de matériaux, on arrive à des résultats inférieurs à 15 % en gaz à effet de serre par rapport à des constructions béton classique."

Une technique de construction sans grue

Fer Met Alu est le seul acteur de BTP en France et en Europe à pouvoir développer la technique Upbrella en Europe, en co-traitance. Sur le chantier de Monaco, Fer Met Alu a dépêché cinq de ses métalliers poseurs, pour installer l’abri métallique et déployer la technique. Upbrella répond au défi urbain de demain en rendant les chantiers acceptables dans les centres-villes. Encore méconnu des promoteurs, le procédé de construction pourrait être un vrai levier de croissance pour l’entreprise bretonne, qui a répondu à plusieurs appels d’offres sur des projets durables. "Il y a une vraie volonté des entreprises du BTP à aller vers ce type de chantiers, que ce soit pour des constructions en ossature bois, métal ou préfa béton", affirme Julien Homo. Fer Met Alu n’en est pas à sa première innovation. La PME avait déjà fait parler d’elle en 2020 lorsqu’elle avait obtenu deux Trophées de la construction. Le prix rénovation de bâtiment tertiaire était notamment venu récompenser le chantier de rénovation du siège de l’industriel Norac Foods, place Hoche, à Rennes. Fer Met Alu avait procédé à une extension en élévation grâce à une ossature métallique positionnée deux étages au-dessus du bâti. Le jury avait loué "un projet élégant qui se démarque tant par son esthétisme, que par sa prouesse technique". "Nous avons confirmé notre capacité à réaliser des ouvrages complexes. Ça rassure nos partenaires", sourit Julien Homo.

Julien Homo, directeur général de l’entreprise de métallerie Fer Met Alu.
Julien Homo, directeur général de l’entreprise de métallerie Fer Met Alu. - Photo : Baptiste Coupin

Naissance du groupement FH Métal

L’entreprise familiale reprise par Julien Homo à son père il y a cinq ans a bien grandi. "À la base, nous étions métalliers. Notre métier reste la transformation du métal à destination de la construction en proximité", resitue le dirigeant, pas du genre à se mettre en avant. Sa société de transformation de métal, qui dispose de deux ateliers à L’Hermitage et Saint-Jacques-de-la-Lande, intervient principalement sur l’axe Saint-Malo-Rennes-Nantes auprès d’acteurs de l’industrie, de la grande distribution et du commerce. Mais l’ambition de conduire de plus gros projets est bien là. La naissance d’un groupement d’entreprises sous le nom FH Métal, début 2021, et la démarche "Horizon" visant à développer des constructions innovantes et durables fixe cette intention. Derrière le groupement, figurent trois entités : Fer Met Alu, donc, spécialisée dans la métallerie serrurerie et les fermetures industrielles pour les professionnels. Esca Ouest (15 salariés), une entreprise morbihannaise installée à Guer, rachetée récemment et spécialisée dans la réalisation d’escaliers et de garde-corps métalliques. Et Fer Met Alu Grand Ouest, qui conçoit, fabrique et pose des ouvrages métalliques dans le Grand Ouest. Les trois entreprises font travailler 70 personnes au global. "Aujourd’hui, on réfléchit multisite, apprécie Julien Homo. Quand on nous pose un défi de réalisation, on peut répartir la charge sur les différents ateliers. Et ça, ça change vraiment les choses." L’ambition pour le groupement est de porter un à deux gros projets par an.

"Je veux faire bouger les choses"

"C’est un cap que l’on passe", prévient Laura Levrel, chargée de communication chez FH Métal. Le patron le reconnaît lui aussi, mais du bout des lèvres. Il ne veut pas apparaître plus gros qu’il n’est aux yeux de sa clientèle de proximité. De la pudeur, encore. Au-delà du business (objectif : passer le cap des 10 M€ pour le groupement d’entreprises en 2022, NDLR), Julien Homo s’est surtout fixé un cap : participer à la transition environnementale des villes et faire émerger la smart city (ville intelligente) 2050. "Tous nos projets sont porteurs de sens. Je veux faire bouger les choses et être apporteur de solutions sur l’aspect durable. C’est l’héritage que je souhaite pouvoir transmettre aux générations futures", finit-il de conclure.

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