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Télécoms

Interview Enensys : « Le regard des Américains change après une IPO »

Entretien avec Régis Le Roux, PDG d'Enensys Technologies

Propos recueillis par Pierre Gicquel - 19 juillet 2018

Régis Le Roux, PDG du rennais Enensys Technologies, aura quasiment tout connu avec son entreprise spécialisée dans la diffusion pour la télévision numérique : un lancement fulgurant en 2004, un redressement en 2009, un plan de continuation en 2011, un retour à la croissance et le rachat de Teamcast en 2017. En 2018, Enensys continue son insolent parcours avec une entrée en Bourse réussie au mois de juin et une croissance en hausse.

Regis Le Roux, PDG d'Enensys Technologies.
Regis Le Roux, PDG d'Enensys Technologies. — Photo : Enensys Technologies

Le Journal des Entreprises : Fonds d’investissement, business angels, crowdfunding, cryptomonnaie… Parmi les nombreuses solutions pour lever des fonds, vous avez opté pour une entrée en Bourse. Pourquoi ce choix ?

Régis Le Roux : Le crowdfunding (financement participatif, NDLR) ne correspondait pas aux montants que nous recherchions. Il nous restait deux choix, la Bourse ou le capital-risque (equity). L’option de la Bourse nous a séduits, car un investisseur qui entre obtient un moyen de sortie. Pour tout investisseur, la première question qui est posée est "quand et comment vais-je pouvoir sortir ?".

L’autre aspect séduisant de l’entrée en Bourse, c’est la communication. Cela nous donne beaucoup de visibilité. Je rentre des États-Unis, où j’ai pu ressentir cet impact. Les Américains voient marqué "IPO" (initial public offering, NDLR) à côté de notre nom et leur regard change. Là-bas c’est le marqueur d’une nouvelle étape franchie par l’entreprise. C’est une véritable reconnaissance.

« Cette levée de fonds est là pour nourrir une ambition de tripler notre chiffre d’affaires dans les cinq ans. »

Enensys a levé 17 M€ grâce à cette entrée à la Bourse Euronext Growth, qui offre depuis Paris un accès à un marché pan-européen pour les PME et ETI. Comment cela s’est-il orchestré ?

R. R. : C’est un mécanisme complexe, où nous visions une levée entre 15 et 20 millions d’euros. Au final, après l’exercice de la clause de surallocation, nous arrivons à plus de 17 millions d’euros, avec une première levée à 15 millions d’euros puis, pendant un mois, 2 millions d’euros de titres mis à disposition sur le marché. Ces derniers étaient soit rachetés, soit non. Ils l’ont été à plus de 85 %. L’opération est donc un succès.

Régis Le Roux lors de l'Open de l'international à Rennes, fin juin 2018.
Régis Le Roux lors de l'Open de l'international à Rennes, fin juin 2018. - Photo : Pierre Gicquel

Sachant qu’Enensys réalise déjà 90 % de son chiffre d’affaires à l’international. Cette entrée en Bourse vous aidera-t-elle à conquérir de nouveaux marchés, et ce, toujours depuis la Bretagne ?

R. R. : Nous touchons à tout ce qui peut améliorer le flux vidéo en LTE Broadcast. Or la consommation vidéo explose, notamment en diffusion live, comme pour la Coupe du monde de football. Nous sommes aussi présents sur tout ce qui est petit réseau privé. Nous répondons aux appels d’offres actuellement en France pour tout ce qui est dit "réseau de sécurité", pour les forces de l’ordre et les pompiers.

Mais dans les cinq ans qui viennent, nous visons en effet l’Amérique du Nord, avec un bureau commercial récemment ouvert à Washington, tout près de notre plus gros client là-bas. Parce que l’on y définit de nouvelles normes, parce que cette zone est toujours en pleine dynamique et enfin, parce que nous n’avons, jusqu’ici, pas beaucoup fait de croissance là-bas. Nous sommes aussi présents en Asie (un tiers de notre chiffre d’affaires, NDLR), en Afrique et nous essayons l’Amérique latine…

Cette levée de fonds est là pour nourrir une ambition de tripler notre chiffre d’affaires dans les cinq ans, par le renforcement de notre R&D qui se fera en France, avec des embauches, et le renforcement de la partie commerciale, notamment aux Etats-Unis, même si l’on avance à tâtons à cause de la situation politique avec l’UE. On insiste donc sur le côté partenariat, où l’on apporte de la valeur ajoutée aux Américains.

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