Rennes

Ressources humaines

En rachetant MyJob.Company, Kalicea investit sur la digitalisation des RH

Par Baptiste Coupin, le 18 avril 2018

Le groupe rennais Kalicea, dont l’activité est portée par le cabinet de conseil en ressources humaines Abaka, acquiert la start-up parisienne MyJob.Company, à l’origine du recrutement participatif. Une reprise qui s’inscrit dans le développement numérique de son métier et donne des ambitions au groupe dirigé par Marie-Laure Collet.

Marie-Laure Collet, présidente du groupe Kalicea (Abaka, MyJob.Company, Calder) — Photo : Baptiste Coupin - Le Journal des Entreprises

« Cela fait des années que je me dis qu’il faut que je me dote d’une plateforme digitale pour servir mon métier. » Avec le rachat de la start-up parisienne MyJob.Company, Marie-Laure Collet, présidente du groupe rennais Kalicea et fondatrice du cabinet de conseil en ressources humaines Abaka, joint les actes à la parole. L’opération a été réalisée dans le plus grand secret en début d’année, « avec les fonds propres de l’entreprise et ses partenaires financiers historiques », suite au dépôt de bilan de la start-up.

Le recrutement par cooptation

Fondée à Paris, en 2014 par trois associés, MyJob.Company se positionne sur le recrutement par cooptation, concept innovant dans le métier des RH. En trois ans, la start-up a su séduire près de 600 entreprises clientes, tous secteurs d’activité confondus, et plus de 60 000 « coopteurs », en faisant de chacun, grâce à son réseau, un chasseur de tête. Malgré un chiffre d’affaires de 1,7 M€ fin 2016 et un effectif de 20 collaborateurs, l’entreprise n’a pas su inscrire son modèle économique dans la durée. Experte du recrutement, ayant une vision à 360 degrés du marché de l’emploi et de l’évolution du métier, Marie-Laure Collet, désormais à la tête de MyJob.Company, va donc tenter de relancer l’entreprise et sa marque, qui bénéficie, d’après elle, « d’une forte notoriété auprès des grands groupes ». Le groupe Kalicea en est persuadé : « A l’heure de l’ubérisation et de l’explosion du partage collaboratif, le marché de la cooptation est porteur dans toutes les régions de France, ainsi qu’en Europe ». Aussi, pour appuyer l’équipe en place (5 collaborateurs), relancer l'activité de la start-up et soutenir ses ambitions de développement, Marie-Laure Collet lance, dès à présent, plusieurs recrutements dans l'analyse de data, la R&D et le marketing digital. Elle envisage également des évolutions technologiques de la plateforme et une offre de services complétée.

Un développement via Paris

Le groupe Kalicea ne se fixe pas d’objectifs sur un chiffre d’affaires à atteindre en fin d’année pour MyJob.Company. Le groupe, porteur désormais de trois entreprises - le cabinet de conseil RH Abaka (25 collaborateurs, 1,9 M€ de CA en 2017 représentant 80 % du CA groupe), le cabinet de "chasseurs de têtes" Calder, et désormais MyJob.Company -, « a une croissance modérée et raisonnée », tient à prévenir Marie-Laure Collet, tout en se disant convaincue du « potentiel de croissance » de MyJob.Company. Le premier pari de Kalicea est donc de remettre la start-up sur de bons rails. Avant de voir plus loin. « J’ai monté une holding dans l’idée d’accueillir des partenaires financiers au capital, et surveiller des opportunités de rachats ultérieurs », explique Marie-Laure Collet. Depuis son siège social à Bruz, près de Rennes (qui sera amené à s’étoffer avec l’intégration du back-office de MyJob.Company), Kalicea vise donc l’expansion. La place parisienne est sa première étape.

Marie-Laure Collet, présidente du groupe Kalicea (Abaka, MyJob.Company, Calder) — Photo : Baptiste Coupin - Le Journal des Entreprises