Ille-et-Vilaine

Piloter son entreprise

En Ille-et-Vilaine, comment s'organisent les entreprises pour les congés ?

Par V.M. et G.B., le 07 juillet 2017

Les entreprises et leurs dirigeants ne sont pas tous égaux face aux périodes de vacances. Tour d'horizon de quelques cas variés... Certains entrepreneurs font même un break prolongé de plusieurs mois.

Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

En matière de congés, il y a toutes les écoles en Ille-et-Vilaine, entre ceux qui décrochent totalement et ceux qui restent sous contraintes. À l'agence de webmarketing rennaise Mediaveille (100 salariés, 10 millions d'euros de CA), le patron Olivier Méril décroche personnellement toutes les six semaines, tout en restant disponible pour ses équipes. Un besoin vital pour compenser le reste du temps où il est... à bloc ! Chez RegionsJob (180 salariés, 33 millions d'euros de CA), la mise en place d'un management par binôme à tous les échelons facilite grandement la prise de décisions durant les congés.

Toujours sur le pont

Chez l'équipementier informatique et réseaux Rétis (145 salariés, 25,7 millions d'euros de CA), à Montauban-de-Bretagne, congés ou pas, l'activité doit être maintenue 365 jours par an, sous astreintes. « Nous assurons la surveillance des équipements des centres européens d'Eutelsat pour les satellites », souligne le patron Joël Chéritel, qui est d'ailleurs en train de renforcer en parallèle son « équipe cyber ». Activité toujours sous tension, les traiteurs BtoB s'alignent sur l'activité. « Nous serons à fond jusqu'au 14 juillet et après, l'activité ralentit fortement, puis nous fermons trois semaines en août », explique Gaëtan Chauvel, du Bureau des saveurs qui n'a pas d'activité de mariages (lire aussi p. 24). « Le reste de l'année, notre agenda s'aligne sur le rythme scolaire », ajoute-t-il, tributaire des vacances des cadres et dirigeants.

« Quinze jours nécessaires pour des vacances bénéfiques »

D'autres sont également tributaires de l'organisation de leurs fournisseurs, comme Siam Agencement, à Saint-Malo (28 salariés, 4 millions d'euros de CA). Pour Xavier Champs, quasiment impossible de s'approvisionner en matériaux tellement l'activité est ralentie l'été... « C'est le calme plat autour du 15 août, une semaine avant et une semaine après. Nous fermons donc l'entreprise totalement pendant ces quinze jours », explique le dirigeant de cette entreprise de menuiserie-agencement intérieur (lire aussi p.12). Les salariés, eux, s'arrangent pour prendre trois semaines autour de ces quinze jours balisés, « pour bien décompresser », estime Xavier Champs, qui s'accorde la même chose. « Pendant une semaine, je regarde mes méls, suis joignable, garde contact. Et pendant les quinze jours de fermeture, c'est là que je décompresse le mieux », confie-t-il.

Un an de vacances après...

À l'agence Voyelle, c'est le dirigeant lui-même qui est parti en vacances prolongées, sans pour autant totalement décrocher. Il achève un an en Grèce. « L'entreprise n'a jamais été aussi bien. L'équipe a énormément gagné en maturité et en autonomie. Ils se connaissent mieux, s'organisent mieux, ont plaisir à travailler ensemble et ont envie de continuer. Ça se ressent auprès des clients qui sont très satisfaits et du chiffre d'affaires qui a encore progressé de 10 à 15 % », indique-t-il ne cachant pas des « moments plus difficiles »... « L'entreprise n'est pas un long fleuve tranquille pour autant, mais c'est une autre énergie qui est à l'oeuvre. » Pour ces vacances estivales, Voyelle ne ferme pas. « Nos clients ne sont pas tous en vacances et pour les acteurs du tourisme, c'est même la période la plus importante de l'année. On doit donc pouvoir assurer une continuité de service. Ce n'est pas moi qui gère les congés, mais les salariés en respectant l'un de nos principes comme celui de l'interdépendance : consulter les personnes impactées par la décision. Cela s'est toujours bien passé et un règlement intérieur ne peut penser à tout. Dans certains cas, il sera même castrateur. »

« Nous ne sommes pas indispensables ! »

Dirigeant rennais du site MaPlatine.com (7 salariés), Jérôme Tré-Hardy revient, quant à lui, d'un break familial de trois mois pour un tour de monde de 43.000 km en famille. Une année de préparation lui a été nécessaire. « J'en retire une leçon d'humilité et j'ai gagné en lucidité... En tant que chef d'entreprise, nous nous mettons une grosse pression sur les épaules et pensons être au centre de tout. Mais, bien organisées, les choses peuvent continuer à tourner sans nous. Nous ne sommes pas indispensables !, confie-t-il. Les collaborateurs, si l'équipe a bien été construite, sont capables de relever ce défi aussi. Ils m'ont encouragé dans ma démarche, bénéfique pour eux aussi. Cela leur a permis de monter en compétence sur la partie opérationnelle, qu'ils ont conservée. J'ai la chance également d'avoir un associé resté sur place. À deux, c'est plus simple. Il faut le faire adhérer au projet, au même titre que les partenaires de l'entreprise, les investisseurs... » Chaque jour, à l'étranger, Jérôme Tré-Hardy restait en connexion pour travailler 1 h 30, en profitant des décalages horaires. « Et j'avais mon équipe au téléphone une demi-heure par semaine. » De retour à Rennes, gagnant en maturité, il s'est recentré sur le développement de son entreprise. « Il faut faire confiance et savoir où est sa place. »

Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

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