Bretagne

Conjoncture

En Bretagne, pas de retour à la normale de l'activité avant 2022

Par Virginie Monvoisin, le 19 octobre 2020

D'après plusieurs études de la Banque de France, de l'Insee et de la CCI Bretagne, les chefs d'entreprise bretons restent modérément optimistes au regard de la situation de crise actuelle. L'incertitude plane et un retour à la normale pourrait intervenir seulement au premier semestre 2022.

François Bareau (CCI Bretagne), Éric Lesage (Insee) et Hervé Mattéi (Banque de France).
François Bareau (CCI Bretagne), Éric Lesage (Insee) et Hervé Mattéi (Banque de France). — Photo : © Virginie Monvoisin

La crise sanitaire du coronavirus a quelque peu entamé le moral des chef d’entreprises bretons ces derniers mois. En temps normal, la CCI Bretagne, qui réalise des études conjoncturelles régulières auprès des entreprises, enregistre un indice de confiance des chefs d’entreprise de 6,1 (sur une échelle de 0 à 10). Fin septembre, cet indice est tombé à 5,4. "Mais on n’est pas tombé dans le marasme, constate François Bareau, le directeur régional des relations institutionnelles à la CCI Bretagne. Les chefs d’entreprise croient en leur capacité à se redresser et à rebondir. Cet optimisme est lié en partie aux dispositifs mis en œuvre par l’État et la Région pour assurer la continuité de leur trésorerie et le maintien des emplois."

Selon la CCI régionale, 20 000 entreprises bretonnes (dont trois quarts de TPE-PME) ont en effet contracté un prêt garanti par l’État, pour un montant total de 4,5 milliards d’euros. Une partie d’entre elles n’a pas encore consommé ce prêt, le conservant dans leur trésorerie si des difficultés revenaient.

Le niveau d’activité est revenu à 95 %

Car à fin septembre, 9 entreprises interrogées sur 10 déclarent avoir retrouvé leur niveau d’activité d’avant crise. "L’activité est revenue à 95 % de son niveau d’avant mars, souligne Hervé Mattéi, le directeur régional de la Banque de France en Bretagne. C’est un signal positif car, en mars, le niveau était descendu de 30 ou 40 %". Ceux qui souffrent le plus sont, sans surprise, les secteurs de l’événementiel, de l’hôtellerie, de la restauration et de l’automobile. La croissance de l’activité est donc là, mais elle est plus lente. "Les cinq dernières marches à monter pour retrouver une activité à 100 % vont être plus hautes, estime Hervé Mattéi. Les chefs d’entreprise se disent modérément optimistes, et voient un retour à la normale plutôt au premier semestre 2022."

La Bretagne mieux lotie

Le chemin est encore long, mais la Bretagne a des atouts. Avant la fin de l’année, les services devraient atteindre 96 % de leur niveau d’activité d’avant crise, contre 89 % au niveau national. Même chose pour l’industrie, qui devrait atteindre les 95 % contre 91 % sur le reste de la France. Enfin, la construction va même passer les 101 % par rapport à 2019, alors que le reste de l’Hexagone restera à 98 %.

Du côté de l’emploi, d’après les derniers chiffres de l’Insee, la Bretagne est la région qui s’en sort également le mieux par rapport au reste de la France (-0,4 % de mars à juin). La région enregistre toutefois -2,2 % de salariés (soit 27 500 emplois détruits) contre -2,8 % au niveau national depuis fin décembre 2019. L’intérim, lui, est en chute (-10 000 postes au niveau régional en six mois de décembre 2019 à juin 2020). Il baisse au total de 21 % en un an contre 27 % au niveau national.

Un tiers des investissements stoppés

À ce jour, les observateurs du monde économique ne constatent pas d’importantes défaillances d’entreprises. Un point de vigilance toutefois : au moment de rembourser les prêts garantis par l'État, les défaillances pourraient s’accentuer pour les entreprises qui n’auraient pas remonté la pente. En attendant la reprise, beaucoup d’entreprises jouent la prudence : un tiers d’entre elles mettent de côté leurs investissements à moyen ou long terme.

François Bareau (CCI Bretagne), Éric Lesage (Insee) et Hervé Mattéi (Banque de France).
François Bareau (CCI Bretagne), Éric Lesage (Insee) et Hervé Mattéi (Banque de France). — Photo : © Virginie Monvoisin

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