Ille-et-Vilaine

Industrie

EMO muscle son développement vers l'Afrique

Par Virginie Monvoisin, le 21 décembre 2021

Fournisseur d’équipements pour le traitement de l’eau, EMO, à Noyal-sur-Vilaine, a multiplié son activité à l’international par deux en trois ans. L’entreprise, filiale du groupe angevin Semosia, poursuit cet envol en direction de l’Afrique et se démarque grâce à son laboratoire, qu’elle veut agrandir.

EMO France à Noyal-sur-Vilaine dispose de son propre laboratoire de recherche sur la filtration des eaux usées.
EMO France à Noyal-sur-Vilaine dispose de son propre laboratoire de recherche sur la filtration des eaux usées. — Photo : Virginie Monvoisin

Parce que les petits ruisseaux font les grandes rivières, EMO France, à Noyal-sur-Vilaine, fournisseur d’équipements électromécaniques pour le traitement de l’eau, s’était associé en 2004 avec l’un de ses sous-traitants, S2C (chaudronnerie), basé à Angers. "Nous voulions ainsi progresser à l’export pour faire face à la concurrence, en faisant des économies d’échelle et en maîtrisant nos volumes", raconte Olivier Chagot, dirigeant d’EMO et directeur export de la holding Semosia (née donc du rapprochement d’EMO et S2C, 260 salariés, 60 M€ de CA). L’objectif est atteint, et même dépassé, puisqu’EMO a multiplié par deux son activité à l’export depuis 2018. "Nous réalisions 8 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’étranger (soit 50 % du CA, NDLR) et atteignons désormais les 15 millions, soit 63 % des 25 millions d’euros de chiffre d’affaires total", précise Olivier Chagot.

Renforcer sa présence en propre à l’étranger

Si la société bretillienne réussit à exister ainsi sur la scène mondiale, c’est notamment par son histoire. Depuis sa création en 1985, EMO a misé sur cet axe de développement. Des filiales ont été créées rapidement en Belgique dès 1986, à Taïwan (1989), en Espagne (1990) et à Montréal (1991). "Nous travaillions avec un réseau d’agents distributeurs dans le monde entier, mais avons ensuite décidé de renforcer notre présence en notre nom propre à plusieurs endroits du globe", explique Olivier Chagot. Des bureaux ont donc ouvert en Amérique Latine, à Bangkok en 2016, puis aux Philippines une succursale à Abidjan en 2019. Enfin Semosia Algérie a ouvert en 2020. "Nous voulons intensifier notre présence à l’international, notamment en Afrique de l’Ouest. Nous y avons un projet d’ouverture de bureau supplémentaire, annonce Olivier Chagot sans en dévoiler davantage. Nous regardons aussi vers l’Afrique de l’Est, où nous avons un projet de bureau en Éthiopie, suspendu pour l’instant à cause du contexte. Mais il y a un gros potentiel là-bas, avec les Chinois qui implantent des usines, et ont donc besoin de créer des stations de traitement de l’eau."

Fusion avec Aquameo

EMO, qui emploie 60 collaborateurs, se développe en effet sur le marché du traitement des eaux usées, son activité historique, installant des équipements pour les stations d’épuration, de l’entrée à la sortie. Elle vend ses solutions à des constructeurs de stations comme Suez, Veolia, Saur, Sources… En octobre 2021, elle a par ailleurs fusionné avec Aquameo, entreprise rachetée par Semosia Group il y a six ans (siège à Guérande en Loire-Atlantique, 7 collaborateurs), spécialisée dans la fabrication d’équipements de prétraitement des effluents urbains, industriels et agricoles. Car EMO s’adresse également aux marchés domestiques ou industriels et à la production d’eau potable. Une fois qu’EMO a installé ses équipements, il assure également un SAV, installant des techniciens sur place. "Ce service nous permet de nous démarquer de nos concurrents turcs, indiens ou chinois", indique le directeur export.

Laboratoire intégré

EMO se différencie également de ses concurrents grâce à son laboratoire de recherche intégré, avec ses propres ingénieurs chimistes. "Nous suivons l’évolution des technologies pour nous démarquer, en cherchant des traitements de plus en plus poussés pour mieux filtrer l’eau, indique Olivier Chagot. D’autant que les normes de rejet évoluent et deviennent de plus en plus strictes." Le laboratoire d’EMO étudie toutes les bactéries et cherche comment séparer les eaux des résidus. "Nous ne vendons donc pas seulement de la mécanique mais avons un service process. Notre objectif est de proposer nos propres technologies pour traiter de mieux en mieux les boues, c’est-à-dire les déchets, pour en réduire le volume. L’enjeu est colossal au niveau mondial." Deux nouvelles recrues arrivent début 2022 pour compléter l’équipe de trois collaborateurs du laboratoire.

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