Bretagne

Réseaux économiques

Interview Elections régionales : "Il faut soutenir l'industrie, qui conditionne le reste de l'économie"

Entretien avec Hervé Kermarrec, président du Medef Bretagne

Propos recueillis par Virginie Monvoisin - 02 juin 2021

A l'occasion des élections régionales des 20 et 27 juin 2021, le Medef Bretagne a rédigé un livre blanc intitulé "Nos Priorités pour la Bretagne". Il met en lumière les principaux enjeux et les besoins des entreprises pour un développement économique de tout le territoire.

Hervé Kermarrec, président du Medef Bretagne.
Hervé Kermarrec, président du Medef Bretagne. — Photo : Virginie Monvoisin

Qu’attendez-vous de manière générale du futur président de Région ?

Hervé Kermarrec : Nous avons listé 128 propositions classées selon 23 grandes priorités. Nous attendons que le président crée les conditions favorables à la reprise et à une économie dynamique. C’est-à-dire qu’il fasse en sorte que le territoire soit attractif, que les salariés aient envie de venir travailler en Bretagne, que l’écosystème d’accompagnement des entreprises soit le meilleur possible, que les entreprises bénéficient des technologies numériques et de la fibre notamment, partout sur le territoire. Il faut notamment accélérer la numérisation de l’économie pour gagner des parts de marché. La Région peut diffuser l’excellence bretonne en matière de numérique et de cybersécurité par exemple. En un mot, pour une économie plus performante, il faut des politiques publiques réalistes. Et pour que tous les territoires prospèrent, il faut une politique volontariste des élus.

L’attractivité de la Bretagne passe notamment par la présence d’infrastructures efficaces. Lesquelles souhaitez-vous voir se  développer ?

Hervé Kermarrec : Nous souhaitons que l’effet "train à grande vitesse" soit prolongé à l’ensemble de la Bretagne, pour mettre le Finistère à 3 heures de Paris. Nous faisons la proposition de faire de la gare de Landerneau un "hub" TGV, avec connexion tram-train vers Brest et un temps de trajet vers Quimper réduit. Nous proposons par ailleurs que les aéroports de Rennes, Brest, Lorient aient des connexions fréquentes avec les hubs européens. On souffre aujourd’hui d’une desserte et d’infrastructures sous-exploitées. Un effort doit être fait en ce sens, pour multiplier les destinations à l’international. Enfin, nous avons besoin de transports routiers qui fonctionnent. Nous demandons que la RN 164 soit terminée (axe Rennes-Lorient, NDLR). La Région doit aussi favoriser l’intermodalité du transport de marchandises en améliorant les dessertes ferroviaires, et notamment la desserte des ports bretons.

Pourquoi demandez-vous un effort particulier envers les ports bretons ?

Hervé Kermarrec : Ils doivent être mieux connectés au réseau de transport européen. Nous vivons en effet avec un paradoxe : la Bretagne est la région qui voit le plus de bateaux passer au large de ses côtes, mais ses ports ne captent qu'une faible partie de ce trafic. Et en même temps, nous disposons de l’écosystème agroalimentaire le plus puissant d’Europe mais nous n’avons pas les infrastructures adéquates.

Quel soutien attendez-vous justement en matière d’export ?

Hervé Kermarrec : L’export est une ambition importante pour l’économie de la région. Nous demandons qu’une comparaison soit faite entre les dispositifs qui existent en Bretagne, et qui sont importants, et ceux des autres régions. Nous voulons voir s’il y a matière à s’en inspirer, pour rester performants.

Quelle est votre position concernant une éventuelle écotaxe régionale ?

Hervé Kermarrec : Nous redisons avec force que nous ne voulons pas d’une quelconque écotaxe sur notre territoire. Elle pénaliserait le transport mais aussi toute la chaîne, importante, de l'agriculture et de l’agroalimentaire, qui exportent leurs productions, leurs matières premières, etc. Si le transport est taxé, cela revient à pénaliser les entreprises bretonnes. De manière générale, nous souhaitons que la Région soutienne les entreprises dans la nécessité d’une réduction des impôts de production. C’est nécessaire pour rendre l’industrie compétitive. Il faut un soutien le plus fort possible à l’industrie sur tout le territoire, elle conditionne le reste de l’économie.

Comment la Région peut-elle agir en faveur de la transition écologique ?

Hervé Kermarrec : Le développement économique doit concilier développement écologique et croissance économique dans le respect de l’environnement. Dans son schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET), la Bretagne préconise une autonomie énergétique en 2040. Cela passe par des économies d’énergie à réaliser, en accélérant la rénovation des bâtiments. Nous devons aussi développer les énergies renouvelables, notamment marines et solaires, mais aussi la biomasse, la géothermie. Nous sommes en faveur de l’appel d’offres éolien offshore en Bretagne Sud. La Bretagne doit également favoriser de déploiement des technologies d’autoconsommation. La préservation de l’environnement, et notamment l’utilisation de l’eau, est un enjeu majeur : nous demandons aux élus de créer plus de bassins pour mieux capter l’eau, dont les industries ont besoin pour fonctionner.

Hervé Kermarrec, président du Medef Bretagne.
Hervé Kermarrec, président du Medef Bretagne. — Photo : Virginie Monvoisin

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