Ediis : Après l'âge d'or du chèque, place à l'éditique

Par Philippe Créhange, le 10 septembre 2010

En reprenant Servichèque et Natel il y a dix-huit mois, et en les regroupant sous la bannière Ediis, Alain Hippert avait une idée bien précise: mettre le paquet sur l'éditique, ou autrement dit gestion documentaire. Il vient d'investir 1M€.
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Quand il a repris les rênes de Servichèque et Natel Monétique fin 2008, Alain Hippert savait dans quoi il s'engageait. Au sein du groupe CPC, c'est lui qui dirigeait ces deux filiales spécialisées dans la personnalisation de chèques. Le repreneur, associé au Crédit Mutuel Arkea (46%), savait pertinemment que l'activité phare de l'entreprise - l'impression de chéquiers - avait connu son âge d'or. Et que l'utilisation massive en France de la carte bancaire signe la mort à petit feu du petit rectangle de papier découpable. Pour autant, ce diplômé de l'IEP de Strasbourg n'a pas hésité à se lancer, à 55 ans, dans la reprise des deux entreprises, à Saint-Malo et Angoulême, et la création de la holding Ediis, via un LBO. D'abord parce que le chéquier n'a pas dit son dernier mot, notamment à l'export (lire interview ci-contre). Et aussi parce que l'éditique «est un secteur en croissance positive», souligne de sa voix grave et posée Alain Hippert.




Gestion de courriers

L'éditique? C'est de la gestion documentaire au sens large, pourrait-on résumer. Fort de son métier historique d'imprimeur - connu à Saint-Malo sous le nom de Billon, aujourd'hui disparu - Ediis propose aujourd'hui un panel d'activités large, qui va au-delà de l'impression de chèques. «Des mutuelles ou des banques nous mandatent pour réaliser des lettres chèques. On remplit les sommes, on digitalise les signatures et on les expédie», décrit par exemple Alain Hippert. Ediis est donc aussi spécialisée dans la gestion de courriers. Pour une entreprise, la PME peut «ouvrir les courriers, les scanner, et les mettre à disposition des services de l'entreprise» sur son système informatique, poursuit le président. Un dirigeant qui ne cache d'ailleurs pas sa volonté de diversifier sa clientèle. Grâce à son activité historique, Ediis compte aujourd'hui une soixantaine de clients dans le secteur bancaire. BNP, BPCE, Société Générale, Banque de Bretagne, Crédit du Nord, HSBC... L'entreprise réalise pour celles-ci des chéquiers ou des chèques de banque. Et dans des quantités impressionnantes. Sur les 3,5milliards de vignettes de chèques imprimés en France, Servichèque en imprime en effet 450millions, avec une capacité de 900 carnets à l'heure!




1.000m² de plus

Mais au-delà de ces banquiers, «je dis aussi aux industriels, faites-nous confiance», insiste Alain Hippert. Avec Natel, son groupe peut ainsi proposer la gestion totale du fichier factures d'une PME. Toujours dans la gestion documentaire, l'entreprise imprime déjà et organise l'envoi de quittances de loyer pour des offices HLM. Tous clients et activités confondus, ce sont ainsi deux millions de plis qui partent affranchis des locaux de la société malouine. Locaux qui viennent d'ailleurs d'être agrandis. Signe de l'ambition d'Ediis. Moyennant un investissement d'un million d'euros, 1.000m² de surface ont été inaugurés avant l'été. Ils intègrent de nouveaux matériels. «Il était nécessaire d'agrandir, d'avoir un lieu pour stocker les documents, indique le président. Mais aussi pour les imprimer et les mettre sous pli. Nous avons aussi investi dans des matériels équipés de caméras, permettant de sécuriser ce qu'il y a dans le pli.» Sur le plan humain, Ediis a créé six emplois nouveaux grâce à ses nouvelles activités d'éditique. Sans compter trois commerciaux et un informaticien, soit dix postes qui amènent désormais l'effectif total à 90 personnes, pour moitié à St-Malo et l'autre à Angoulême.




«Je n'exclus pas des opérations de rachat»

Pour ce qui est des 11M€ de chiffre d'affaires, ils se répartissent de façon quasi égale entre Servichèque et Natel. Et preuve que l'éditique est la priorité d'Alain Hippert, le hors-chèque devra représenter un CA de plus de 3M€ à trois ans, contre 1M€ aujourd'hui. «En 2010, nous avons fait 250 K€ de plus sur l'éditique. Je voudrais qu'on fasse une belle progression de 500 K€ en 2011.» Et pour atteindre cette fameuse barre des 3M€ dans l'éditique, Ediis explorera toutes les pistes. «Je n'exclus pas des opérations de rachat», nous confie Alain Hippert.

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