Ille-et-Vilaine

Infrastructure

Edeis investit pour réconcilier les Malouins avec leur port

Par Virginie Monvoisin, le 11 février 2020

Le nouveau délégataire des ports de Saint-Malo et Cancale, Edeis, a annoncé de premiers investissements concrets. Avec pour objectif d'améliorer l'environnement du port de Saint-Malo et de créer une place de marché pour mettre en valeur la pêche aux crustacés.

L’usine du Quai intérieur, à Saint-Malo, produit chaque année environ 165 000 tonnes de granulats d’engrais ou destinés à l’amendement des sols.
Sur le port de Saint-Malo, Timac Agro, entité du Groupe Roullier, fait partie des 170 structures ayant une autorisation d'occupation temporaire (AOT) du domaine public. — Photo : Virginie Monvoisin

Le nouveau concessionnaire des ports de Saint-Malo et Cancale a pris officiellement ses fonctions au 1er janvier 2020. La société Edeis avait en effet été choisie pour succéder à la CCI Ille-et-Vilaine à la gestion de ces deux ports bretilliens, pour les dix ans qui viennent. Elle a notamment séduit la Région Bretagne, autorité portuaire, en s’engageant à investir massivement dans ces infrastructures, à hauteur de 50 millions d’euros d’ici à 2030. Lors du premier conseil portuaire de cette nouvelle ère, qui s’est tenu le 11 février à Cancale, Edeis a annoncé deux premières vagues d’investissements.

Une meilleure maîtrise des dépenses et de l’impact énergétique

La première s’inscrit dans la volonté d’ancrer le port de Saint-Malo dans son environnement, en le transformant et en le faisant accepter par la population, qui le boude un peu. 6 millions d’euros vont ainsi être investis dans l’installation de six trémies dépoussiérées (équipements de déchargement des bateaux à quai évitant la propagation des poussières). « Elles doivent permettre de rendre le port plus propre et de délivrer en toute transparence les mesures sur la qualité de l’air », souligne Martin Meyrier, vice-président de la Région Bretagne en charge de l’économie et de la stratégie portuaire. « Nous allons d’abord faire un état zéro des émissions de poussières en zone portuaire, détaille Jean-Baptiste Rible, directeur général du port pour Edeis (déjà DG lors de la précédente concession). Ensuite, nous allons installer des capteurs et enregistrer les mesures de qualité de l’air. La première trémie sera mise en service début 2021 ».

D’autres capteurs vont également permettre de mesurer l’énergie et l’eau consommées, « pour une meilleure maîtrise de nos dépenses et de l’impact énergétique », ajoute le DG.

Valoriser les produits de la pêche

En parallèle, 7,5 millions d’euros vont être investis par Edeis pour valoriser la pêche. « L’objectif est de faire de Saint-Malo une vraie place de marché, précise Martin Meyrier. C’est le premier port en volume de crustacés mais la valeur lui échappe car les produits ne sont pas commercialisés à Saint-Malo ! »

Simon Dreschel, directeur des activités portuaires pour Edeis, Martin Meyrier, vice-président du conseil régional de Bretagne en charge de l'économie et de la stratégie portuaire, et Jean-Baptiste Rible, directeur général du port de Saint-Malo.
Simon Dreschel, directeur des activités portuaires pour Edeis, Martin Meyrier, vice-président du conseil régional de Bretagne en charge de l'économie et de la stratégie portuaire, et Jean-Baptiste Rible, directeur général du port de Saint-Malo. - Photo : © Virginie Monvoisin

Une nouvelle criée devra donc remplacer l’actuelle, en 2022, pour mieux valoriser les produits de la pêche débarqués à Saint-Malo. « Les investissements comportent également la mise en place de services aux pêcheurs, comme des viviers, une prise d’eau, etc. », ajoute l’élu, qui appuie sur la nécessité de promouvoir les richesses des produits. Une bataille pour l’obtention d’une indication géographique protégée (IGP) va aussi être lancée pour labelliser la seiche de Cancale.

Chercher des opportunités commerciales

À la suite de ces premiers investissements, d’autres viendront. « C’est une entrée en matière, souligne Simon Dreschel, directeur des activités portuaires pour Edeis. Le plan d’investissement doit s’étaler sur dix ans. Nous voulons faire revenir les gens sur le port. C’est un vrai spectacle à Saint-Malo ! Nous voulons faire en sorte que ce port industriel dans la ville soit source de fierté pour ses habitants, nous voulons les réconcilier avec leur port. » L’une des premières actions d’Edeis en ce sens a été d’installer ses bureaux à la gare maritime (dans les anciens locaux de Brittany Ferries, NDLR). Un espace accueil y a été ouvert, sur le port même, comme relais de proximité afin de s’intégrer à la ville. « Nous voulons rencontrer tous les acteurs du port pour recueillir leurs besoins », ajoute Simon Dreschel. Edeis a également pour mission de développer l’activité du port, qui représente actuellement un trafic de 1,265 million de tonnes de marchandises par an (chiffre 2019). Le concessionnaire affiche une forte stratégie commerciale pour faire croître l’activité et le nombre d’emplois générés. « Notre directeur commercial va aller chercher des opportunités pour les proposer aux entreprises qui voudront travailler sur le port ». La nouvelle ère semble lancée.

L’usine du Quai intérieur, à Saint-Malo, produit chaque année environ 165 000 tonnes de granulats d’engrais ou destinés à l’amendement des sols.
Sur le port de Saint-Malo, Timac Agro, entité du Groupe Roullier, fait partie des 170 structures ayant une autorisation d'occupation temporaire (AOT) du domaine public. — Photo : Virginie Monvoisin

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Recevez chaque vendredi le Débrief, l'essentiel de l'actualité économique de votre région.