Rennes

Coworking : Quel espace de travail choisir à Rennes ?

Par Virginie Monvoisin et Géry Bertrande, le 03 juin 2016

Les espaces de coworking fleurissent à tout va à Rennes. Face à cette offre très large, quel lieu choisir ? Pour quels services ? Dans ce tableau comparatif inédit, Le Journal des entreprises donne les clés pour trouver le lieu qui vous correspond.
Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Le coworking a la cote ! Plus qu'un phénomène de mode (de travail), il correspond à une attente de chefs d'entreprise en mode collaboratif, et pas seulement des créateurs de start-up. Seulement, dans une offre rennaise pléthorique, en plein boom ces derniers mois, comment choisir son espace de travail ? Centre-ville ou campagne ? Petits ou grands espaces ? Les différences s'affichent.

Combler un retard
Ils ont tous un point commun : l'esprit communautaire. « C'est une bonne solution contre l'isolement », appuie Erwan Boulain, du centre Regus. Et visiblement, les Rennais en sont friands vu le nombre d'espaces qui fleurissent en ce moment. « Le tiers lieu répond à des besoins. Je pense qu'il y avait un retard à Rennes », ajoute-t-il. « Cette floraison est un effet mécanique du changement de l'usage et des rapports au travail. Nous en sommes le témoin », analyse Florent Vilbert, responsable marketing et communication à la French Tech Rennes - Saint-Malo. Structure qui offre sans conteste le plus grand espace de coworking public sur Rennes : 80 places sur 700 m², dans un environnement idéal pour rencontrer l'« écosystème » numérique local. « La notion du travail est assez challengée en ce moment », souligne aussi Guillaume Chevalier, cofondateur du Shift, formation à l'entrepreneuriat, qui a travaillé trois mois à domicile avant de se tourner vers le coworking. « Dans la tête, on est dans un lieu de travail alors que chez soi, ce n'est pas top ! Et puis, on peut rencontrer d'autres indépendants, des entrepreneurs, échanger des coups de pouce... » Et même être « plus productif, croiser nos compétences, car c'est un vrai réseau », selon cet autre témoin, web-développeur installé au Lab61.

Des différences
Pour se démarquer, certains lieux n'hésitent pas à mettre le paquet dans l'accueil, l'accessibilité, la déco et d'autres détails originaux. Au Loft, inauguré ce 7 juin à deux pas de la place Hoche, Marie Duvivier a ainsi fait poser un toboggan pour relier le rez-de-chaussée au sous-sol ! Dans beaucoup de ces espaces on trouve aussi les symboles de la détente pour toute une génération : jeux de fléchettes, babyfoot et autres canapés colorés...

Vigilance !
Les espaces de coworking peuvent aussi avoir leurs inconvénients : attention au manque de confidentialité, à l'éloignement du centre-ville pour certains (mais idéal pour ceux qui veulent travailler au vert), et à leurs horaires d'ouverture. Certains, comme celui de la French Tech, ferment à 18 heures... officiellement. D'autres sont accessibles 24h/24 tous les jours de l'année, par un système de badges, comme La Cordée. Il faut aussi bien regarder les tarifs, soit affichés TTC ou hors taxes et qui peuvent être dégressifs en fonction de la durée d'engagement, de l'espace en bureau fermé ou en openspace.

Concurrence des centres d'affaires et pépinières
Dans cette concurrence effrénée, les centres d'affaires privés et les pépinières d'entreprises s'y mettent aussi. À ne pas confondre avec des structures dédiées à 100 % au coworking, qui veulent se différencier par l'esprit même de l'espace partagé. Poussé à l'extrême, des entreprises et startups ont créé leur propre espace, parfois nostalgiques de l'ancienne Cantine numérique. C'est le cas de Yoann Lesouef, créateur de Cocourse, au Thabor. Ouvert en février dernier, c'est l'un des plus récents, très axé open source. « Nous sommes complètement sur la notion de communauté et de partage, qui correspond bien à nos valeurs », souligne l'entrepreneur rennais qui a pendu la crémaillère le 19 mai dernier.

Certains en stand-by...
Assiste-t-on à une bulle, qui éclatera un jour ? « La concurrence est stimulante », selon Erwan Boulain, de Regus : « Il faudra faire le bilan d'ici deux à trois ans, mais la LGV va encore modifier clairement la façon de travailler... » Car certains non-Rennais utilisent aussi le coworking comme bureau de passage dans la région. Pour beaucoup, le marché rennais du coworking est aujourd'hui mature. Certains espaces ont d'ailleurs déjà fermé leurs portes. C'est le cas par exemple du Quai Zola, qui avait été ouvert par Utopiaweb. Un déménagement et un manque de temps à y consacrer ont eu raison du lieu.

Du « coworking d'opportunité »
On assiste aussi à du « coworking d'opportunité », selon l'expression de Nicolas Frappier, à la tête de l'agence de communication Concept Image à Rennes. « J'avais un local trop grand, j'en ai donc loué une partie pendant une année, mais le développement de mon entreprise a fait que j'ai dû mettre le coworking en stand-by », confie-t-il. Digitaleo aussi s'est posé la même question du coworking à l'ouverture de son nouveau siège-loft La Fabrique, à la Courrouze, mais ce projet a été mis entre parenthèses. L'entreprise de Jocelyn Denis propose simplement de la location de salles.

Les hôtels aussi s'y mettent, dédiant une partie de leur accueil à un espace de coworking. C'est le cas de l'Hôtel Océania de Saint-Grégoire, qui vient d'agrandir son hall de 120 m². "Nous proposons des places sans réservation à partir de 6 euros de l'heure avec toute la connectique nécessaire et un salon d'affaires privatisable", souligne Céline Jeulin, gérante de la division hôtelière-events du groupe rennais de promotion immobilière Jeulin. Gérer le coworking reste un métier à part entière que les hôteliers maîtrisent déjà.

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