Bretagne

Agroalimentaire

Coronavirus : les entreprises de l’agroalimentaire en Bretagne mobilisées pour l’effort national

Par Baptiste Coupin, le 16 mars 2020

En dépit de l’épidémie de coronavirus, les entreprises de l’agroalimentaire bretonnes travaillent à plein régime pour assurer l’approvisionnement de la France. Si le confinement total est appliqué, des sites prioritaires continueront de fonctionner.

Le découpage de la viande au sein des Établissements Fantou, à Dol-de-Bretagne.
Les entreprises bretonnes de l’agroalimentaire tournent à plein régime en raison du coronavirus et de la demande forte en grande distribution. La viande est un produit recherché. — Photo : © Baptiste Coupin

Que va-t-il se passer pour la continuité de l’activité des entreprises de l’agroalimentaire en Bretagne, alors que la France semble se diriger vers des mesures toujours plus coercitives, en raison de la progression du coronavirus Covid-19 dans le pays ? Le confinement total serait envisagé. Cela va-t-il se traduire de facto par l’arrêt des usines ? Des mesures dérogatoires sont-elles prévues ?

« Il nous faut porter un regard très important sur les industries de transformation pour s’assurer que les citoyens continuent de bien être alimentés », affirmait Emmanuel Thaunier, président de la CCI d’Ille-et-Vilaine, le 12 mars, lors de la visite à Rennes d’Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances.

Les entreprises « jouent pleinement le jeu »

Le sujet est sensible. La Bretagne, souvent considérée comme le "réfrigérateur" de la France, porte une grande part de la production nationale de l’agroalimentaire en France. 19,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires ont été générés par le secteur en 2016, soit 12 % du chiffre d’affaires des industries agroalimentaires françaises. Près de 70 000 personnes travaillent dans la filière.

« Nous sommes là pour alimenter le pays. »

« Les entreprises de l’agroalimentaire fonctionnent à ce jour et jouent pleinement le jeu, rassure Annie Saulnier, présidente de l’association bretonne des entreprises agroalimentaires (50 000 emplois représentés). Il y a une responsabilité très forte des chefs d’entreprise envers leurs collaborateurs. Les mesures d’hygiène et de port de masque font partie de nos process au quotidien et sont dans notre culture. Cela facilite cette organisation. C’est aussi un devoir civique. On est là pour alimenter le pays. On se doit, par exemple, de collecter le lait auprès des agriculteurs. Il y a une continuité d’activité entre la production, la transformation et la distribution qu’il faut préserver. Les salariés restent particulièrement mobilisés. Ils nous permettent de faire tourner les usines au quotidien, ce sont eux notre force vive commune. »

Des productions en forte hausse, d’autres en forte baisse

En raison de la nécessité des habitants à rester chez eux ces prochaines semaines, certaines productions tournent à plein régime depuis plusieurs semaines. « Il y a des activités très fortement impactées à la hausse, comme le jambon, le steak haché ou les pâtes alimentaires », indique Annie Saulnier.

D’autres en revanche le sont à la baisse. Annie Saulnier, qui est aussi la dirigeante de l’entreprise de produits traiteurs surgelés Geldelis (70 salariés, 12 M€ de CA en 2019), à Torcé (Ille-et-Vilaine), témoigne de ses propres difficultés. « Je fabrique des tartes et des mini-apéritifs en surgelés, notamment pour la restauration hors domicile à plus de 50 %. Que ce soit dans l’aérien, l’événementiel ou les cantines, on a des annulations de commande depuis la semaine dernière. Nous aurons 60 % d’activité en moins sur la période à venir. Pour autant nous continuons à produire, pour une reprise que l’on espère rapide après la crise. »

Des sites prioritaires

Si la cheffe d’entreprise s’attend une baisse d’activité dans les jours à venir, elle se dit sereine sur l’avenir, grâce notamment aux mesures de chômage technique prévus par le gouvernement, dont elle pourrait se saisir. « Tout est facilité pour que l’agroalimentaire puisse poursuivre son activité. Il y a une démarche collective en ce sens, de l’Etat et de la Région », assure-t-elle.

Et en cas de confinement total ? « Il y a des sites qui sont jugés prioritaires avec des activités vitales pour le pays qui continueront de tourner. Mais c’est du secret-défense, cela reste confidentiel. »

Le découpage de la viande au sein des Établissements Fantou, à Dol-de-Bretagne.
Les entreprises bretonnes de l’agroalimentaire tournent à plein régime en raison du coronavirus et de la demande forte en grande distribution. La viande est un produit recherché. — Photo : © Baptiste Coupin

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