Ille-et-Vilaine

Industrie

Coronavirus : le fabricant de sauce Soreal lance sa propre gamme de gel hydroalcoolique

Par Virginie Monvoisin, le 18 mai 2020

Pendant le confinement, le fabricant de sauces bretillien Soreal a créé une ligne de production dédiée au conditionnement de gel hydroalcoolique. Ce qui devait être du dépannage et une réponse à la crise, devient une activité à part entière. L'entreprise crée sa propre gamme, avec notamment un produit en dosette.

Gilles Bocabeille, PDG de Soréal, a choisi de se mobiliser sur la production de gel hydroalcoolique en parallèle de ses produits habituels destinés à la restauration.
Gilles Bocabeille, PDG de Soréal, a choisi de se mobiliser sur la production de gel hydroalcoolique en parallèle de ses produits habituels destinés à la restauration. — Photo : Baptiste Coupin

Du gel hydroalcoolique… « à la sauce » Soreal. Sans mauvais jeu de mots, c’est l’un des nouveaux axes de développement lancé par l’entreprise bretillienne en pleine crise de coronavirus. Pendant le confinement, Gilles Bocabeille, le dirigeant de Soreal (100 salariés, 27 M€ de CA en 2019), à Brie, a refusé de se laisser abattre. Pourtant, 70 % de ses clients sont des professionnels de la restauration hors domicile, fermés jusqu’à nouvel ordre, à qui il fournit habituellement des sauces et condiments. C’est donc 70 % de son activité qui a marqué un coup d’arrêt le 16 mars. Deux semaines plus tard, il prend le problème à bras-le-corps, et relance l’une de ses lignes de production pour conditionner en flacon (280 ml) du gel hydroalcoolique pour le compte du groupement d’achat UniHA, qui approvisionne les hôpitaux publics (gel fourni par l’entreprise morbihannaise Socomore). « Nous avions beaucoup de machines dédiées à remplir des flacons qui étaient à l’arrêt. Ce partenariat avec l’UniHA a été notre réaction à la crise », analyse Gilles Bocabeille.

Se battre pour continuer d’exporter

« Nous avons également continué à travailler pour nos clients de la GMS et de l’industrie agroalimentaire, mais aussi à l’export. » Soreal réalise en effet 20 % de son activité à l’international. Poursuivre ce qui pouvait l’être était une évidence pour le dirigeant breton. Quelles que soient les difficultés. « Après la crise des Gilets jaunes, beaucoup de containers sont restés bloqués dans les ports. Nous ne pouvons pas les réutiliser tant qu’ils n’ont pas été vidés… Notre difficulté pour exporter a donc principalement été de trouver des containers disponibles », raconte Gilles Bocabeille, qui ne digère pas la période des Gilets jaunes, « cette période où la France a été arrêtée par la logistique… Avec l’arrivée de l’épidémie du Covid-19, cela a rendu les choses deux fois plus compliquées. Mais nous avons fini par exporter nos produits. » Les équipes, peu sollicitées par les commandes françaises, ont mis les bouchées doubles sur les autres projets de l’entreprise.

Investir dans l’innovation et le gel hydroalcoolique

« Nous avons réfléchi à l’après-Covid. Comment servir demain et sécuriser notre entreprise ? », raconte le chef d’entreprise. Après avoir conditionné jusqu’à 50 000 litres de gel par semaine pour l’UniHA, Soreal a choisi de passer un nouveau cap. « Pour sortir de la crise plus forts, nous avons décidé d’investir, achetant de nouvelles machines pour un montant assez significatif » (non communiqué, NDLR), indique Gilles Bocabeille. Objectif de Soreal : créer sa propre marque de gel hydroalcoolique, sous le nom de Soreal Care, avec trois types de conditionnements (monodose 3 ml, mignonnette 30 ml et flacon de 250 ml). Des grands contenants du début, elle s’est adaptée à des volumes individuels. Habituée aux commandes de sauces de 4 g à 6 kg, la PME passe ainsi progressivement du dépannage ponctuel à l’activité professionnalisée et durable.

Gilles Bocabeille, PDG de Soréal, a choisi de se mobiliser sur la production de gel hydroalcoolique en parallèle de ses produits habituels destinés à la restauration.
Gilles Bocabeille, PDG de Soréal, a choisi de se mobiliser sur la production de gel hydroalcoolique en parallèle de ses produits habituels destinés à la restauration. — Photo : Baptiste Coupin

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail