Ille-et-Vilaine

Hôtellerie

Coronavirus : au Rheu, le Château d’Apigné estime déjà ses pertes à 300 000 euros

Par Virginie Monvoisin, le 17 mars 2020

Comme beaucoup de lieux de séminaires, hôtels et restaurants, le Château d'Apigné, au Rheu près de Rennes, a dû fermer ses portes. Quarante salariés sont en chômage partiel. Pour son dirigeant, Karim Khan-Renault, également président de l'UMIH Bretagne, l'heure est à l'inquiétude.

Karim Khan-Renault, dirigeant du Château d'Apigné au Rheu, près de Rennes, et du restaurant L'Aer, à l'aéroport de Rennes.
Karim Khan-Renault, dirigeant du Château d'Apigné au Rheu, près de Rennes, et du restaurant L'Aer, à l'aéroport de Rennes. — Photo : © Virginie Monvoisin

« Cette pandémie, c’est un drame, c’est aussi un drame économique, et puis des drames humains vont arriver… », s’inquiète Karim Khan-Renault, directeur du Château d’Apigné, lieu de réception, hôtel et restaurant situé au Rheu, près de Rennes. Même s’il loue la « bienveillance » de l’État et les mesures de protection mises en œuvre, il reste dépité par la situation, pour son établissement mais aussi pour ses confrères.

En tant que président de l’Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) en Bretagne, il essaie d’informer les entrepreneurs de son secteur sur les aides, de faire l’interface avec les élus des CCI et de la Région par exemple. « On va avoir besoin d’argent », indique-t-il. Car même si lui, comme beaucoup, a déjà entamé le dialogue avec les banques pour des reports d’échéances, il faut « laisser la porte ouverte pour d’autres négociations à venir, selon l’évolution des événements », espère Karim Khan-Renault.

300 000 euros de pertes

Au Château d’Apigné, deux salariés sur les 40 sont encore dans les locaux pour assurer la partie administrative. « Nous avons fermé l’hôtel dès ce week-end, même si on aurait pu attendre encore pour le faire. Cela nous coûtait plus d’argent qu’autre chose… Et puis quand on a conscience des risques encourus, au-delà de l’aspect financier, il faut avoir un comportement citoyen pour enrayer l’épidémie. » Les salariés sont donc au chômage partiel au moins jusqu’au 15 avril. L’activité, elle, a chuté de manière considérable. « Nous sommes déjà à 300 000 euros de pertes », estime le dirigeant, qui s’attend à un trou de l’équivalent de trois à quatre mois dans son chiffre d’affaires en 2020. « Tous les événements, y compris les mariages, sont reportés ou annulés, même au-delà du 30 avril. Les clients ne veulent pas risquer de pénalités. »

Le tourisme fragilisé avant même le début de la saison

Et les carnets de réservation, eux, évidemment, ne se remplissent pas. La prudence et l’incertitude font des ravages… « Nous n’avons évidemment aucun appel pour des devis. La saison, qui n’a pas encore commencé, s’annonce déjà très compliquée. Le secteur du tourisme, qui représente 50 000 emplois en Bretagne, est très fragilisé », constate Karim Khan-Renault qui ne « veut pas être pessimiste, mais il faut être réaliste ». Son autre établissement, L’Aer, récemment ouvert au sein de l’aéroport de Rennes, souffre également de cette situation, d’autant que l’infrastructure était en travaux tout le mois de mars. « Nous délivrions 60 repas par jour aux ouvriers du chantier, mais ils ont cessé les travaux pour l’instant. Nous ne savons même pas quand les avions vont pouvoir redécoller de Rennes, et si toutes les compagnies vont s’en sortir… »

En attendant la reprise, il a fallu trouver quoi faire des stocks de denrées… « Nous avons congelé certains aliments, mais tous ne peuvent pas l’être. Le reste, comme des fruits et légumes, ont été distribués à nos salariés ou à des associations caritatives », cite par exemple Karim Khan-Renault.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition