Ille-et-Vilaine

Agroalimentaire

Bridor : la recette du succès d'un champion mondial de la viennoiserie

Par Anna Quéré, le 27 juin 2018

En 30 ans, Bridor est devenu l'un des leaders mondiaux de la boulangerie-pâtisserie. Cette filiale du groupe Le Duff compte encore multiplier les pains et les viennoiseries pour atteindre le milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2021. Pour cela, Bridor enchaîne les investissements, dans son fief breton, où il vient de mettre en service un entrepôt monumental, mais aussi en Chine. 

« Chez Bridor, nous avons allié l'artisanat à l'industrie. Ce succès, nous le devons aux chefs qui ont du talent mais aussi à la technicité des ingénieurs. » Louis Le Duff, PDG du groupe Le Duff. — Photo : Anne Quéré

31 mètres de hauteur, 120 mètres de long et 34 mètres de large : le nouvel entrepôt mis en service depuis mars, sur le site de Servon-sur-Vilaine, non loin de Rennes, est le nouveau fleuron de l’entreprise Bridor. Un outil, dont le montant d'investissement est tenu secret, indispensable pour accompagner la forte croissance du fabricant de viennoiseries et de pains né en 1988, filiale du groupe familial breton Le Duff.

Une structure monumentale

Sur ce site de 75 000 m², cette structure monumentale entièrement automatisée abrite 19 000 palettes de produits finis, pendant une durée de 12 jours maximum. « Nous n’avions pas le choix, nous étions arrivés au maximum de nos capacités de stockage. Et comme notre croissance était forte, il nous fallait un nouvel entrepôt », explique Philippe Simier, directeur logistique chez Bridor.

Dans cette structure impressionnante construite tout en hauteur - « par manque de surface mais aussi pour éviter de grignoter des terres agricoles » - dorment quelque 200 millions de pièces - croissants, pains et viennoiseries de toutes sortes - qui sont stockées à une température constante de -20° C. Avec une caractéristique : cet espace est pauvre en oxygène, pour éviter le risque d’incendie. L’entrepôt est entièrement automatisé : des transtockeurs transportent les produits sur des rails, puis des chariots élévateurs récupèrent les palettes et les installent sur l’un des 12 niveaux de l’entrepôt, jusqu’à 35 mètres de hauteur. Seuls deux salariés sont affectés à la surveillance de cet impressionnant ballet de robots.

500 M€ d’investissement en dix ans

« Les avantages de cette automatisation sont énormes, précise Philippe Simier. D’une part, cela nous permet de garder une qualité optimale pour ces produits haut de gamme : il n’y a pas de risque de rupture de la chaîne du froid et très peu de colis abîmés. D’autre part, c’est moins pénible pour les salariés, qui évitent les problèmes de santé liés à la manutention et au froid. »

Chaque jour, 2 000 palettes de produits finis sortent du site de Servon-sur-Vilaine. De quoi alimenter une partie du marché mondial : 3 milliards de viennoiseries et 500 millions de pains sont aujourd’hui vendus sur la planète par Bridor ! Parmi ses clients : La Brioche Dorée (5 % de sa production), mais surtout 25 000 hôtels du groupe Accor, des compagnies aériennes et Brittany Ferries. En plus du site breton, l’entreprise compte 9 usines dans le monde, où travaillent 2 500 collaborateurs.

Pour répondre à son développement de portée internationale, le fabricant de viennoiseries a lancé plus de 500 millions d’euros d’investissement sur ses sites de production en 10 ans. L’entreprise annonce doubler son chiffre d’affaires tous les cinq ans : il représente aujourd’hui 750 millions d’euros et Bridor espère atteindre le milliard d’euros en 2021.

Chaque jour, 2000 palettes de produits finis (croissants, pains et viennoiseries de toutes sortes) sortent du site Bridor de Servon-sur-Vilaine. - Photo : Anna Quéré

Le savant mélange de l’industrie et de l’artisanat

La recette de ce succès phénoménal ? Avoir toujours su associer le savoir-faire des artisans et les progrès de l’industrie. Premier ingrédient : la technicité des ingénieurs. Le deuxième ? Miser sur la qualité des produits. Les premiers croissants au beurre AOC de Poitou-Charentes sont fabriqués dès 1990. Troisième ingrédient : la collaboration fructueuse avec les grands chefs, comme Lenôtre à partir de 1997. Bridor y gagne ses lettres de noblesse. 

« Chez Bridor, nous sommes des artisans ! La méthode de production est la même que celle qu’on avait mise en place avec Lenôtre il y a 30 ans. Nous n’avons pas changé ! », martèle Louis Le Duff, avec sa verve habituelle et son célèbre accent du nord Finistère. Aujourd’hui encore, une vingtaine de collaborateurs effectuent le pliage manuel de la pâte sur l’une des huit lignes de production de viennoiseries.

« Chez Bridor, nous sommes des artisans ! En trente ans, nous n'avons pas changé. »

Enfin, l’humain reste au cœur de la stratégie de Bridor, avec une large place donnée à l’apprentissage : 30 alternants et apprentis sont formés tous les ans et 70 % des cadres proviennent de la formation interne de l’entreprise.

Un exemple pour l’export en France

Fort de son succès, Bridor s’exporte depuis 1997 bien au-delà du territoire hexagonal et vient même d’ouvrir une nouvelle usine en Chine : « 70 % de nos ventes se font aujourd’hui en dehors de nos frontières. Nous sommes l’incarnation de la réussite à la française », rappelle Philippe Morin, directeur général de Bridor. Aujourd’hui, malgré l’entrepôt nouvellement construit, le site de Servon-sur-Vilaine est à saturation. Bridor est à la recherche active d’un nouveau site en Bretagne, qui verra bientôt le jour d’ici 2021.

« Chez Bridor, nous avons allié l'artisanat à l'industrie. Ce succès, nous le devons aux chefs qui ont du talent mais aussi à la technicité des ingénieurs. » Louis Le Duff, PDG du groupe Le Duff. — Photo : Anne Quéré

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Recevez chaque vendredi le Débrief, l'essentiel de l'actualité économique de votre région.

Poursuivez votre lecture