Immobilier

Aiguillon va piloter la gestion des logements domaniaux en France pour l’Armée

Par Virginie Monvoisin, le 10 novembre 2022

Entreprise sociale pour l’habitat, le rennais Aiguillon élargit son champ de compétences. Il a remporté, en groupement avec Eiffage et Arcade Vyv, un contrat d’externalisation pour la gestion des logements domaniaux en France pour le compte du ministère des Armées. À terme, cela représente l’exploitation de 14 000 logements.

Frédéric Loison dirige Aiguillon, entreprise sociale pour l’habitat présidée par Mireille Massot (à droite).
Frédéric Loison dirige Aiguillon, entreprise sociale pour l’habitat présidée par Mireille Massot (à droite). — Photo : Virginie Monvoisin

Aiguillon, entreprise sociale pour l’habitat, fête cette année ses 120 ans. Née à Rennes sous le nom de "La Ruche Ouvrière Rennaise", elle a été la première société coopérative d’habitation à bon marché. Devenue ensuite société HLM, elle a toujours fait du lien social son leitmotiv. "Nous allons, au 1er janvier 2023, intégrer une relation avec une nouvelle population, que l’on connaît peu : les militaires", annonce Frédéric Loison, directeur général d’Aiguillon. La société rennaise, qui appartient au groupe Arcarde-Vyv, vient en effet de remporter un contrat majeur avec le ministère des Armées (en groupement avec Arcade et Eiffage).

14 000 logements en gestion pour l’Armée

Suite à un appel d’offres, Aiguillon va piloter l’exploitation immobilière de l’ensemble du parc des logements domaniaux de France appartenant à l’Armée. "Cela représentera à terme 14 000 logements sur l’ensemble du territoire national, dont 1 400 dans le Grand Ouest", précise Frédéric Loison. Pour remplir ce contrat, qui est un contrat de concession pour l’externalisation de cette gestion, Aiguillon va s’appuyer sur une nouvelle structure juridique, créée en décembre 2021 et baptisée Nové Gestion. Il en est l’actionnaire principal (42 %) aux côtés d’autres sociétés du groupe Arcade qui gèrent des logements à Paris, Aix-en-Provence ou encore Bordeaux. Nové Gestion est déjà opérationnelle et est installée près de la gare de Rennes (bâtiment Identity 3). "Nous avons recruté 30 personnes ici pour coordonner l’exploitation locative dans les différentes régions, souligne le DG d’Aiguillon, qui emploiera en 2023 plus de 300 salariés. Trente autres collaborateurs ont été recrutés pour lancer une agence dans l’est de la France, à Metz, avant qu’une structure messine soit créée."

63 nouvelles maisons pour la DGA à Bruz

Dans ces logements appartenant à l’Armée, Aiguillon va avoir affaire à des publics très variés. Certains immeubles logent des hauts gradés, d’autres des légionnaires ou encore des chasseurs alpins. Tous ne sont pas en bon état et vont bénéficier d’une large campagne de réhabilitation, voire de démolition-reconstruction pour un budget de 8 milliards d’euros. Aiguillon travaillera donc en parallèle avec Eiffage, chargé des travaux (via une autre structure, Nové Construction), pour gérer la relation avec les habitants, son savoir-faire historique. Aiguillon, implanté sur 205 communes de l’Ille-et-Vilaine, du Finistère, du Morbihan et de Loire-Atlantique, est en effet à la tête d’un parc de 28 000 logements. Il va d’ailleurs livrer en 2024 son 20 000e logement construit, à Chantepie. Dans le même temps, et pour le compte de Nové Gestion, il récupérera l’exploitation de 63 nouvelles maisons construites par Eiffage à Bruz, l’Armée ayant besoin de loger ses effectifs grandissants du site de la DGA.

Bientôt entreprise à mission

Avec ce nouveau contrat signé pour 35 ans, Aiguillon, qui réalise 90 millions d’euros de chiffre d’affaires par an (hors Nové Gestion), va faire un bond. Rémunéré 1 055 euros par an par logement, l’entreprise peut compter sur +8,6 millions d’euros dès 2023. Dans le contexte actuel, où le taux du livret A impacte les remboursements des prêts des bailleurs sociaux comme Aiguillon, ce marché est le bienvenu. Car Aiguillon, qui injecte chaque année 180 millions d’euros dans l’économie locale pour ses constructions, compte bien continuer sur ce rythme, avec comme ambition notamment de compléter ses actions d’encore plus d’offres servicielles et de solidarité pour les habitants. En ligne de mire, le directeur général vise d’ailleurs 2024 un statut d’entreprise à mission.

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