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Vade (ex-Vade Secure) lève 28 millions d’euros pour soutenir sa croissance organique

Par Jeanne Magnien, le 14 juin 2022

Le spécialiste de la sécurité prédictive des e-mails Vade (ex-Vade Secure) annonce une levée de fonds de 28 millions d’euros pour nourrir sa très forte croissance. Elle en préfigure d’autres, qui viendront financer des opérations de croissance externe.

Georges Lotigier est le PDG de la PME informatique lilloise Vade, spécialisée dans la sécurisation des e-mails.
Georges Lotigier est le PDG de la PME informatique lilloise Vade, spécialisée dans la sécurisation des e-mails. — Photo : Vade

Cette fois c’est la bonne, assure Georges Lotigier. Le PDG de l’entreprise de cybersécurité Vade Secure, désormais Vade (200 salariés, chiffre d’affaires non communiqué), basée à Hem, dans le Nord, vient de boucler une levée de fonds de 28 millions d’euros, en lieu et place d’une opération, montée en 2019, qui n’a finalement jamais abouti. Vade communiquait alors sur un montant de 70 millions d’euros, levés auprès du fonds américain General Catalyst.

Croissance organique, puis externe

La croissance de la PME, qui développe des solutions en SaaS pour protéger les boîtes mails contre les cyberattaques en se basant sur des modèles prédictifs, devrait s'accélérer avec cette augmentation de capital. Pour ce tour de table, les fonds français Tikehau Ace Capital et Auriga Partners, très actifs dans la cybersécurité, ont investi (Georges Lotigier reste actionnaire majoritaire). Et surtout, Bpifrance, au travers du fonds "French Tech Souveraineté", prend des parts dans l'entreprise. "L'entrée de l'État Français à notre capital, c'est la reconnaissance de la valeur hautement stratégique de notre activité, pour le secteur de la cybersécurité en France et en Europe. Nous sommes l'un des plus gros acteurs indépendants français du secteur, et je suis particulièrement content, aujourd'hui, de ne pas avoir basculé sur des fonds américains. Il y a un vrai plafond de verre pour nos entreprises en Europe qui, pour grossir, n'ont pas d'autre choix que de se financer à l'étranger, souvent outre-Atlantique. Grâce à cette opération et aux suivantes, je compte bien amener Vade à briser ce plafond de verre tout en restant français", décrit Georges Lotigier.

Avec cette levée de fonds, le PDG table sur une croissance organique de 40 % par an, pour quintupler la taille de l'entreprise en cinq ans, en accélérant notamment aux États-Unis et en France. Elle devrait être rapidement suivie par une autre, pour financer cette fois la croissance externe de Vade, qui compte se lancer dans des rachats de TPE ou PME, en France ou ailleurs, d'ici 2023. L'entreprise s'apprête à recruter 80 personnes en 2022.

Objectifs atteints

Un développement qui devrait lui permettre de tirer un trait sur l'épisode de la levée de fonds ratée de 2019. "Nous devions signer à l'été mais l'investisseur a voulu renégocier des garanties in extremis et cela a pris du temps, retrace Georges Lotigier. Quand on a été sur le point de conclure à nouveau, c'était en février 2020, le Covid arrivait, ils ont voulu se donner encore le temps de voir comment la situation allait évoluer. Entre-temps, nous avions de notre côté signé de très belles affaires au Japon, qui nous ont apporté la trésorerie dont nous avions besoin. Nous avons donc décidé de faire avorter l'opération, pour continuer notre croissance en autofinancement."

Pour autant, Vade a, depuis, atteint "tous les objectifs" qu’il se fixait en 2019. L’entreprise protège aujourd’hui un milliard d’adresses email contre les cyberattaques dans le monde. Cela revient à analyser 80 milliards de mails par jour, pour y détecter d’éventuelles tentatives d’hameçonnage, ou autres menaces. L’entreprise, qui ne communique pas son chiffre d’affaires, connaît une croissance "très forte et très rentable", d’environ 30 % par an, avec 20 % d’Ebitda, selon son dirigeant.

"Le Covid a eu un effet d’accélérateur pour nous. Avec la mise en œuvre du télétravail, les entreprises ont vu leur niveau de vulnérabilité exploser, et le nombre d’attaques multiplié par cinq à sept. Notre solution, qui s’installe et se gère entièrement à distance, a donc été très sollicitée", retrace Georges Lotigier. Vade réalise quelque 40 % de son activité en France, 30 % aux États-Unis, et 20 % au Japon.

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