Hauts-de-France

Industrie

Tchao Mégot collecte, dépollue et recycle les mégots de cigarettes

Par Lise Verbeke, le 27 juin 2022

Fondée en 2020, la start-up Tchao Mégot a mis au point un procédé unique de dépollution écologique des mégots. Son chiffre d’affaires monte en flèche et elle prévoit de créer un site industriel pilote pour la dépollution et le recyclage des mégots en isolant, dans les Hauts-de-France.

Tchao Mégot dépollue les mégots de cigarette et les transforme en isolant, selon une méthode mise au point par Julien Paque.
Tchao Mégot dépollue les mégots de cigarette et les transforme en isolant, selon une méthode mise au point par Julien Paque. — Photo : Tchao Mégo

Tchao Mégot est passée en quelques mois de 3 salariés, à 14 aujourd’hui, "et de 200 000 euros de chiffre d’affaires à 800 000 euros. On prévoit 4,5 millions l’année prochaine !", se réjouit son fondateur et directeur, Julien Paque, 25 ans. La start-up située à Hermes, au sud-est de Beauvais, collecte et dépollue des mégots de cigarettes. Son ascension a été fulgurante.

En fin d’études d’ingénieur à Lille en 2018, Julien Paque crée son propre stage pour travailler sur un process innovant de dépollution des mégots. Durant 4 mois, il met au point un système qui permet de les recycler sans eau et sans solvant toxique. "C’était de la théorie, il fallait le vérifier en pratique, ajoute le dirigeant, j’ai donc été incubé à Beauvais en novembre 2019, chez ITerra ". 100 000 euros d’investissements sont nécessaires au total, car il faut tester le process en laboratoire. "J’ai eu 25 000 euros d’aide de la région, j’ai gagné deux gros concours, j’ai fait une campagne de crowdfunding, et j’ai travaillé comme vendeur à côté, pour pouvoir tout financer". Après un an de recherche, le process est validé. Sur chaque mégot, 99,7 % de la matière est recyclé en matière isolante dépolluée exploitable, pouvant servir dans le textile ou le bâtiment. Les 0,3 % restant représente un concentré de substances toxiques, qui peut être envoyé dans des laboratoires pour être valorisé.

La collecte pour financer la dépollution

"Mais il fallait trouver un modèle économique, en créant la start-up, avec mon père, nous avons investi dans une machine pour dépolluer et on a mis en place une solution de collecte". Tchao Mégot cible les entreprises, et les collectivités, en proposant des cendriers, des sacs de collecte adaptés et sécurisés, des kits de communication et de sensibilisation. "On toque à toutes les portes, dans toute la région Hauts-de-France. On a environ 550 clients privés, et une centaine d’acteurs publics. Et en ce moment nous avons plus de 1 000 contacts en cours avec des collectivités".

Un site industriel pilote à Bresles

La matière recyclée est pour le moment envoyée à des sous-traitants régionaux, pour en faire des isolants dans le bâtiment, ou garnir des doudounes. "Nous venons d’acquérir un bâtiment de 1 400 m2 à Bresles, pour nos bureaux, une nouvelle machine de dépollution de plus grosse capacité, qui passerait de 8 tonnes de mégots traités à 200 tonnes par an, et une partie pour la transformation". Julien Paque se donne un an pour lancer le site industriel pilote, pour un montant de 5,3 millions d’euros d’investissement, financé par prêt bancaire, et levée de fonds. "Nous avons plusieurs pistes dans ce sens". Pour ce projet, il prévoit 36 nouvelles embauches. "L’idée, serait de dupliquer ce modèle dans plusieurs régions en France pour garder la collecte locale, essentielle à nos yeux".

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