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Stirrup, le Airbnb solidaire au service des démunis

Par Marie Boullenger, le 28 janvier 2020

Delphine Barthe a fondé la start-up Stirrup qui, à travers sa plateforme de gestion de patrimoine solidaire, permet aux sans-abri d’accéder à des logements vacants pour des périodes temporaires de 3 à 6 mois.

Incubée à Euratechnologies, Stirrup donne accès aux sans-abri à des logements vacants.
Incubé à Euratechnologies, Stirrup donne accès aux sans-abri à des logements vacants. — Photo : Euratechnologies

La créatrice

À 38 ans, Delphine Barthe n’en est pas à son premier coup d’essai. Diplômée de l’école de commerce de Dijon, la Lommoise a longtemps travaillé en tant que commerciale télécom, avant de se lancer dans un projet de bracelets connectés à destination des personnes âgées - projet tombé à l’eau depuis. En 2017, sur un coup de tête, elle décide de monter Stirrup, une start-up à vocation sociale. « Je rendais service dans les camps de migrants à Lille. J’ai rencontré une famille entassée dans une tente et je ne pouvais pas les laisser dormir dans la rue. J’ai réussi à leur trouver un logement. Le déclic est venu à ce moment-là ». Dès lors, Delphine Barthe imagine une plateforme de mise en relation des propriétaires de logements vacants et des sans-abri.

Le concept

Alors qu’il existe 3 millions de logements vacants en France, on recense 300 000 sans-abri à travers le pays. Dans la métropole lilloise, 10 000 logements restent inoccupés à ce jour. Face à ce constat, Delphine Barthe s’est rapprochée d’Euratechnologies et a intégré son incubateur. En travaillant main dans la main avec des associations régionales, dont l’Abej Solidarité, la start-up lilloise offre une alternative aux personnes démunies (réfugiés, jeunes sortis de l’aide sociale à l’enfance, femmes victimes de violences, travailleurs précaires, etc.), grâce à des prêts de logements gratuits.

Du côté des propriétaires, le geste solidaire peut s’avérer bénéfique : « Ils font ce qu’on appelle juridiquement un don en nature à une association d’intérêt général, ce qui est synonyme d’une réduction d’impôt considérable. Et puis un logement vacant coûte très cher en entretien. S’il est occupé, cela permet d’éviter les dégradations, les squats et les petits sinistres. » En échange, la jeune pousse facture aux propriétaires une prestation mensuelle, en fonction de la valeur locative du logement, ce qui constitue son chiffre d’affaires.

Les perspectives

Opérationnelle depuis juillet dans la métropole lilloise, la plateforme a permis de mettre à l’abri une trentaine d’occupants. L’objectif ? Mettre à disposition 300 logements en Hauts-de-France d’ici à fin 2020. « L’idée est de déployer la solution à Paris et dans les grandes villes de France, pour atteindre 3 000 logements d’ici à trois ans. Pour cela, je m’adresse aussi aux bailleurs sociaux et aux collectivités », explique celle qui prépare une levée de fonds de 350 000 € auprès de business angels de la région.

Seule aux commandes, Delphine Barthe envisage de recruter 10 collaborateurs d’ici à 2021 et mise sur une rentabilité en 2022. Le chiffre d’affaires prévisionnel n’a pas été communiqué. À terme, la dirigeante nordiste rêve de conquérir les États-Unis : « Je ne me mets aucune limite. »

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