Nord

Industrie

Solaronics ECS capitalise sur la chaleur fatale des eaux grises

Par Julie Dumez, le 05 décembre 2022

Depuis Armentières (Nord), Solaronics ECS, le spécialiste de la production d’eau chaude sanitaire utilisant la chaleur fatale des eaux grises, veut conquérir le marché du logement collectif et de l’hôtellerie.

Christophe Bastien, dirigeant de Solaronics ECS, a reçu le prix de l’industrie technologique lors des Trophées de l’industrie 2022.
Christophe Bastien, dirigeant de Solaronics ECS, a reçu le prix de l’industrie technologique lors des Trophées de l’industrie 2022. — Photo : Solaronics ECS - SINF

Rien ne se perd, tout se transforme. Dans les années à venir, la célèbre maxime pourrait bien s’utiliser dans tous les secteurs du bâtiment. C’est en tout cas le parti pris de Solaronics ECS. Spin-off de Solaronics Chauffage à Armentières (Nord), l’entreprise créée en septembre 2020 propose des solutions de production d’eau chaude sanitaire, utilisant et valorisant la chaleur fatale contenue dans les eaux grises (eaux usées domestiques). Pour cela, elle utilise et fabrique des pompes à chaleur spécifiques, dont plusieurs éléments sont brevetés. Le procédé a dernièrement retenu l’attention du jury des Trophées de l’industrie organisés par la Société industrielle du Nord de France (SINF) qui a remis à Solaronics ECS le prix de l’industrie technologique.

L’entreprise réalise 1 million d’euros de chiffre d’affaires et douze personnes composent aujourd’hui l’effectif, dirigé par Christophe Bastien.

Valoriser les calories perdues

Dans la pratique, les eaux grises sont collectées par gravité. Elles sont traitées par filtration avant d’être stockées dans une cuve calorifugée. Les eaux grises sont ensuite utilisées comme "carburant" dans des pompes à chaleur spécifiques fabriquées par Solaronics, pour produire et stocker de l’eau chaude sanitaire à 58 °C. “En final, nous récupérons et réutilisons l’énergie fatale contenue dans les eaux grises au lieu de la jeter à l’égout. Cela permet de réduire drastiquement la consommation énergétique par rapport à un chauffe-eau à résistance électrique. La performance est remarquable : nous mesurons et démontrons effectivement une division par 5 de la consommation électrique sur l’année !”, promeut Christophe Bastien. Ce docteur en mécanique énergétique compte bien désormais déployer son concept racheté à l’École des Mines ParisTech à plus grande échelle.

Logements collectifs et hôtellerie

“Nous sommes présents dans 25 sites, et nous avons la charge de la maintenance de 18 d’entre eux”, explique le dirigeant qui a surtout installé sa solution en région parisienne. Il attend désormais beaucoup de la montée en puissance de la Réglementation Environnementale 2020 (RE 2020) qui impose la réduction de l’impact carbone des bâtiments. Sans compter la recherche d’économie d’énergie liée à la hausse de la facture énergétique.

Pour implanter sa solution, Christophe Bastien mise donc sur le marché du logement collectif. Avec en premier lieu, les promoteurs et autres bailleurs sociaux en charge de bâtiments comprenant une cinquantaine de logements, un pivot intéressant pour un fonctionnement optimal de son concept. “Nous avons aussi un coup à jouer dans l’hôtellerie et les centres aquatiques", ambitionne le patron qui vient d’ailleurs de remporter le marché de deux hôtels, démonstrateurs pour l’avenir.

D’ici 2025-2026, il envisage “3 millions d’euros de chiffre d’affaires, dopé à 15 millions d’euros d’ici 2030”. Pour y parvenir, l’export pourrait être un relais de croissance. D’ici là, le dirigeant poursuit la structuration de l’entreprise. “Nous cherchons à lever entre trois et cinq millions d’euros”, détaille Christophe Bastien. Un apport qui lui permettra de renforcer l’équipe d’une petite dizaine de nouveaux profils.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition