Nord

Agroalimentaire

Relancée, la brasserie Motte-Cordonnier affirme ses ambitions

Par Jeanne Magnien, le 19 octobre 2021

Présentée d’abord comme un petit projet familial, la relance de la brasserie Motte-Cordonnier par les héritiers des fondateurs change de forme. Devenue une entreprise à part entière, la brasserie a inauguré ses propres locaux de production, et compte bien gagner rapidement en volumes.

Henry Motte a pris la tête de la brasserie familiale, qui renaît cinquante ans après sa disparition.
Henry Motte a pris la tête de la brasserie familiale, qui renaît cinquante ans après sa disparition. — Photo : Jeanne Magnien

Il n’aura pas fallu longtemps pour que les gènes parlent, et que le virus familial de l’entreprenariat prenne le dessus. Relancée en 2019 sous forme d’association familiale, la brasserie Motte-Cordonnier a depuis pris corps, pour redevenir une véritable entreprise, aux ambitions encore modestes mais bien réelles.

Disparue en 1970 après son rachat par Stella-Artois, la brasserie, dont l’origine remonte au XVIIe siècle, renaît d’abord du désir de la nouvelle génération de rendre hommage au patriarche Bertrand Motte, dernier dirigeant familial de la brasserie, disparu en 2018. La marque renaît au travers d’une première bière, imaginée par les quinze descendants de Bertrand. Le projet se structure par la suite, pour devenir une SAS à actionnariat familial.

Une "nouvelle" brasserie à Armentières

Désormais dirigée par Henry Motte, la brasserie se développe petit à petit, et fait renouer Armentières, dans le Nord, avec son passé brassicole. "C’est aussi l’accueil que nous ont réservé les gens, qui nous a donné envie d’aller plus loin dans le projet. La marque a disparu dans les années 70, mais elle est extrêmement présente sur les frontons de la ville, et dans les mémoires des habitants. Il existe un groupe Facebook qui réunit 300 anciens salariés de la brasserie et leurs descendants. Quand ils ont appris qu’on remontait une brasserie, beaucoup nous ont amené des objets, des souvenirs qu’ils gardaient de l’époque où eux ou leurs parents travaillaient pour nous. Ils iront un jour dans le musée que nous comptons bien créer pour sauvegarder cette mémoire", s’émeut Henry Motte.

Installée au sein de la ruche d’entreprises d’Armentières, juste à côté des bâtiments historiques de l’entreprise, la jeune brasserie a inauguré en octobre sa toute nouvelle salle de brassage. Le fruit d’un investissement de "quelques centaines de milliers d’euros", qui lui offre une capacité de production de 1 200 hl. "Nous avons produit 750 hl cette année, nous visons les 1 000 hl l’an prochain, pour un chiffre d’affaires prévu de 300 000 €. Nos premières productions étaient brassées chez des partenaires de la région, le temps pour nous de mesurer le marché et le potentiel. Désormais, nous avons la capacité de rapatrier les produits brassés à l’extérieur, et de développer notre nouvelle gamme", détaille Henry Motte.

Un jour le retour au "château"?

Les cinq références de la brasserie sont réparties en deux gammes, l’une vendue auprès des cavistes et détaillants spécialisés, l’autre en grande surface. Déterminée à se refaire un nom et une place au sein d’un marché de la bière en plein boom, la jeune entreprise se fixe pour le moment des objectifs avant tout régionaux. Et si elle a encore la place de grandir au sein de la ruche, Henry Motte et sa famille ne cachent pas leur envie de voir la brasserie réintégrer bientôt le "château-usine" Motte Cordonnier, érigé en bord de Lys, qui fait actuellement l’objet d’un vaste programme immobilier.

Henry Motte a pris la tête de la brasserie familiale, qui renaît cinquante ans après sa disparition.
Henry Motte a pris la tête de la brasserie familiale, qui renaît cinquante ans après sa disparition. — Photo : Jeanne Magnien

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