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Loisirs

Recisio donne du rythme à sa croissance avec des bars karaoké

Par Elodie Soury-Lavergne, le 17 juillet 2018

Productrice de musique instrumentale, la société lilloise Recisio (CA : 7 M€) veut accélérer sa croissance en ouvrant des bars karaokés. Après un premier à Lille, la PME annonce une ouverture à Paris et tourne son regard vers les grandes capitales européennes.

A Lille, Recisio crée des musiques pour les karaokés.
A Lille, Recisio crée des musiques pour les karaokés. — Photo : Recisio

Quand on évoque les activités économiques présentes dans les Hauts-de-France, le karaoké n’est pas celle qui vient spontanément à l’esprit. Et pourtant… Fondée il y a 12 ans par deux frères, l’un dans l’informatique et l’autre dans la musique, la société lilloise Recisio s’est peu à peu imposée comme la seule productrice de musique instrumentale en France.

« Nos concurrents sont aujourd’hui des sociétés américaines, canadiennes et russes », indique Jean-Baptiste Defossez, le président de Recisio. Son frère, Barthelemy Defossez, gère quant à lui la partie artistique et musicale. Tous les deux sont aujourd’hui à la tête d’un groupe qui réalise un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros, avec une trentaine de salariés. Et la croissance va se poursuivre avec le lancement d’une nouvelle activité : les bars karaoké. Un tout premier a vu le jour à Lille en décembre dernier, près de la rue Solférino.

Une diversification vers le bar karaoké

« Quand nous avons lancé Recisio, personne n’avait encore pris le karaoké au sérieux : il n’existait pas de catalogue large ou de qualité », explique Jean-Baptiste Defossez. Il s’est donc emparé du créneau, pour se retrouver aujourd’hui à la tête de trois entreprises, regroupées sous une holding.

« Nous avons eu envie de nous lancer dans le bar karaoké pour montrer ce que l’on sait faire. »

La première Tency Musique, produit de la musique instrumentale en BtoB et représente 5 % du chiffre d’affaires du groupe. Elle travaille avec des sociétés comme Ubisoft, NRJ, des spécialistes du karaoké, etc. Mais son plus gros client reste Recisio (95 % du CA groupe), qui distribue les musiques auprès du grand public via son site web Version-karaoke.fr et son application Karafun. La troisième et dernière activité est quant à elle toute récente. Il s’agit d’un bar karaoké, ouvert à Lille le 1er décembre dernier, et qui marque le premier d’une longue série.

Un investissement de 2 M€ à Lille

Avec 600 m², 16 salles pouvant accueillir de 4 à 70 personnes et plus de 30 000 titres, le Karafun Bar de Lille est qualifié de « plus grand bar karaoké d’Europe » par Jean-Baptiste Defossez. Il précise : « Cela fait près de deux ans que je voyais fleurir des bars karaoké un peu partout. Nous développons beaucoup de technologies autour du karaoké, mais c'est peu visible. Nous avons donc eu envie de nous lancer nous aussi dans le bar karaoké, pour montrer ce que l’on sait faire. »

Cet établissement a nécessité 2 millions d'euros d’investissements et devrait réaliser en année 1 un chiffre d’affaires d’environ 1,5 million d'euros, sans être encore rentable. Le bar démarre avec 5 salariés en CDI et des extras, en fonction des besoins.

Vers les grandes capitales d’Europe

Pour son premier mois d’ouverture, le Karafun bar de Lille a accueilli 4 000 personnes. « On espère atteindre 50 000 personnes par an », note le dirigeant. S’il reconnaît qu’il n’est pas le premier sur ce marché, Jean-Baptiste Defossez mise sur la richesse du catalogue proposé, ainsi que sur une technologie pointue et « difficilement copiable ».

Par la suite, d’autres ouvertures de bars sont programmées à Paris, puis à Bruxelles. « Nous recherchons en ce moment le local idéal à Paris, dans les quartiers de fête et avec une taille suffisante pour avoir entre 16 et 20 salles ». L’investissement devrait être cette fois de 2,5 millions d’euros. « Si ça fonctionne à Lille, alors ça fonctionnera à Paris, où la population est plus dense », commente le dirigeant. Il ajoute : « Et si nous sommes rentables à Paris, cela voudra dire qu’il y a un potentiel pour nos bars dans les grosses capitales d’Europe ».

Le dirigeant évoque également un possible développement dans les grandes villes de France, comme Lyon, Nantes ou Nice : « Il n’est pas exclu que l’on mette en place des formats de bar plus petits », précise-t-il. Ces établissements sont pour le moment des succursales, avec un gérant à leur tête.

Un groupe indépendant

« À terme, les bars devraient générer chacun un chiffre d’affaires d’environ 1 M€ », prévoit le dirigeant. Quant à la rentabilité, elle reste difficile à prévoir sur « ce business original », souligne-t-il. Le groupe est en revanche rentable : « Je n’ai pas d’investisseurs. Le groupe est détenu par moi-même à plus de 50 %, par mon frère à 44 % et par un cousin à hauteur de 4 %. Nous ne prenons pas de dividendes : le profit est réinjecté dans l’activité, les bars, la promotion, etc. ».

D’autres développements que les bars sont d’ailleurs prévus. Cette année, Recisio compte élargir son catalogue, essentiellement composé de chansons en langues occidentales : « Nous voulons inclure au catalogue le top 100 musical de gros pays comme la Corée, la Russie, le Japon, etc. » La société compte aussi se lancer dans des quiz autour de la musique.

A Lille, Recisio crée des musiques pour les karaokés.
A Lille, Recisio crée des musiques pour les karaokés. — Photo : Recisio

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