Aisne

Formation

Pour former des usineurs, une école de production va ouvrir à Château-Thierry

Par Lise Verbeke, le 20 juin 2022

Portée par l’Union industrielle du sud de l’Aisne, l’ouverture d’une école de production formant aux métiers de la métallurgie va permettre de répondre aux problématiques de recrutement que connaissent tous les industriels du secteur. Son inauguration est prévue à la rentrée 2023.

L’école de production de Château-Thierry ouvrira à la rentrée de septembre.
L’école de production de Château-Thierry ouvrira à la rentrée de septembre. — Photo : CCO Creative Commons

Dans le secteur de Château-Thierry (Aisne), les pénuries de main-d’œuvre dans les métiers d’usineur et de fraiseur, se sont amplifiées ces dernières années. "Il y a 5 ans, la formation du lycée technique de la ville a fermé, nous laissant orphelins", détaille Luc Larratte, dirigeant de l’entreprise 3 Axes, spécialisée dans l’usinage de profilés en aluminium, et président de l’UISA, Union industrielle du sud de l’Aisne, qui regroupe 60 industriels, et 5 000 salariés. "Il existe certes des formations à Soissons, Laon, Saint-Quentin, ajoute le dirigeant, mais pour des jeunes de 15 ans qui ne sont pas mobiles, c’est une vraie problématique".

Un parcours de quatre ans

Accompagnée par la ville de Château-Thierry et la communauté d’agglomération, l’UISA a été retenue par l’État, suite à un appel à manifestation d’intérêt portant sur la création d’une école de production sur les métiers d’usineurs, avec une subvention à la clé de 50 000 euros.

L’objectif est d’ouvrir l’école en septembre 2023, avec quinze élèves, sur un parcours de 4 ans, CAP et bac pro. Le recrutement de ces jeunes est un "vrai challenge, nous allons commencer à communiquer", car ces métiers n’attirent plus, et "ont mauvaise presse". Un tiers de l’école sera financé sur fonds propres, "notamment grâce au travail de sous-traitance qui y sera fait, il faut que l’on trouve un modèle économique ". Le reste, sera financé par les subventions et des fondations privées, comme celle de Total Énergie. C’est un projet au long cours, "nous sommes actuellement à la recherche d’un lieu, avec trois pistes, un industriel local qui pourrait héberger l’école, et deux anciens bâtiments communautaires de la ville", précise le président de l’UISA.

Les écoles de production sont de plus en plus plébiscitées par les industriels, il en existe 46 en France, avec 100 % d’employabilité dans les deux mois après la sortie. "Les formations se composent à un tiers de temps théorique, et au deux-tiers d’ateliers pratiques. Surtout, les élèves apprennent en réalisant des commandes pour de vrais clients, et non en faisant des exercices fictifs, ce qui est beaucoup plus motivant pour les jeunes, qui ne se retrouvent plus dans les filières classiques de l’Éducation nationale", analyse Luc Larratte.

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