Hauts-de-France

Industrie

Plastitek mise sur la relocalisation et l'éco-conception

Par Elodie Soury-Lavergne, le 25 février 2020

Né fin 2008 du rapprochement de FMB Technologies et Gallez Industries, le groupe Plastitek est un expert de l'injection plastique. Basé dans la Somme, il réalise 75 % de son chiffre d'affaires (40 M€ en 2019) avec l'industrie automobile. Pour poursuivre sa croissance, il mise sur les tendances de la relocalisation et de l'éco-conception.

Emmanuel Mauduit, dirigeant du groupe industriel Plastitek.
Emmanuel Mauduit, dirigeant du groupe industriel Plastitek, entend suivre la tendance de la relocalisation. — Photo : ESL, le JDE

Affichant un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros et 320 collaborateurs, Plastitek reste une jeune ETI régionale, en pleine consolidation. Né fin 2018, du rapprochement des entreprises FMB Technologies, à Bouttencourt (Somme) et Gallez Industries, à Douvrin (Pas-de-Calais), ce groupe est spécialisé dans l’injection plastique et la production de moules en métal. Il réalise les trois quarts de son chiffre d’affaires avec le marché automobile, où il fait figure d’équipementier de rang 2. Malgré la baisse affichée par ce secteur, Plastitek « réalise une croissance de 3 à 4 % », indique Emmanuel Mauduit, le dirigeant. Une performance liée à plusieurs choix stratégiques : avoir une taille critique, se diversifier et surtout, être attentif aux tendances.

Une taille critique

« Un de mes banquiers m’a mis en contact avec Bernard Gallez, qui souhaitait prendre sa retraite », raconte Emmanuel Mauduit. À l’époque, il dirige FMB technologies, dont le chiffre d’affaires s’élève à 14 M€, avec 170 salariés. Représentant un financement de 10 M€, l’intégration de la société Gallez Industries lui permet de doubler de taille, atteignant ainsi « une taille critique sur le marché de l’automobile, justifie-t-il. Les deux structures étaient trop petites pour se maintenir et se développer. Nous avions une taille similaire, une complémentarité dans les savoir-faire, des cultures proches et deux sites en région ».

Le groupe ainsi constitué propose une meilleure offre à ses clients. « Le marché automobile se transforme, explique Emmanuel Mauduit, il affiche plus de diversité et de complexité qu’il y a dix ans, où l’offre ne comportait quasiment que du diesel ou de l’essence. À présent, il faut aussi compter avec l’électrique, l’hybride, l’hybride rechargeable… En Europe, le secteur automobile ne va pas produire plus ces prochaines années, mais de manière plus diversifiée. Une entreprise comme la nôtre doit être capable de gérer cette diversité. » Autrement dit, Plastitek doit à la fois être performant sur la production de pièces en gros volumes, liés aux regroupements des constructeurs, mais aussi sur les petites et moyennes séries car « il existe désormais cinq déclinaisons d’un même véhicule ». Pour y parvenir, Plastitek mise sur la maîtrise des process et la robotisation. « C’est là que le regroupement prend tout son sens : il nous permet de mutualiser les moyens et les compétences, pour prendre davantage de projets en parallèle. Il nous donne aussi les moyens d’investir 2 M€ par an dans de nouvelles machines, qui nous font entrer dans l’industrie du futur ».

Servir d’autres marchés

Emmanuel Mauduit s’est aussi ouvert à d’autres marchés que l’automobile. Ces derniers représentent désormais un quart du chiffre d’affaires avec, en tête, le BTP et l’électricité. Vient ensuite le secteur pharmaceutique : « Nous disposons de salles blanches en Roumanie, où nous réalisons des produits mono utilisation pour les laboratoires », précise le dirigeant. Enfin, Plastitek est également positionné sur le marché des loisirs (jardinage, stations de ski, etc.).

« Cette diversification est une bonne chose, car le marché de l’automobile n’est pas en grande forme, souligne le dirigeant. L’année 2020 s’annonce encore difficile… On peut espérer que les taux de croissance s’améliorent vers 2022 ou 2023. En revanche, tous nos autres marchés sont en croissance et le resteront ces prochaines années ». Pas question pour autant de se désengager progressivement de l’automobile : « L’objectif est d’avoir une croissance aussi rapide sur l’automobile que sur le hors automobile ».

À l’écoute des tendances

Enfin, le dirigeant est attentif aux tendances de ses marchés. Comme celle de la relocalisation, en particulier pour le marché automobile. « Pour continuer à nous développer dans l’automobile, nous devons suivre cette tendance qui est de produire en Europe, pour l’Europe, avec des flux très tendus et des schémas logistiques courts, souligne le dirigeant. Il s’agit même de produire dans une zone européenne donnée, pour une zone européenne donnée ». Avec une présence en France, en Turquie et en Roumanie, Plastitek dessert donc plusieurs zones. « Pour poursuivre le développement, nous devrons nous doter d’autres implantations en Europe. Nous regardons du côté de la Péninsule Ibérique et du Maroc, ainsi que de l’Europe de l’Est », annonce-t-il.

Ensuite, Plastitek mise sur l’éco-conception, à savoir l’intégration de matière recyclée, de matière d’origine végétale ou biodégradable. « La matière recyclée est en constante augmentation dans les cahiers des charges des constructeurs », constate le dirigeant. Mais l’éco-conception a le vent en poupe dans d’autres secteurs. Plastitek a ainsi travaillé à la fabrication d’un gobelet composé à 100 % de lin recyclé, pour le compte de la start-up D’Innov, à Dunkerque. Il a aussi réalisé le surmoulage de couteaux pour Guy Degrenne, avec une matière surchargée en coquilles d’huîtres ou de moules.

Emmanuel Mauduit, dirigeant du groupe industriel Plastitek.
Emmanuel Mauduit, dirigeant du groupe industriel Plastitek, entend suivre la tendance de la relocalisation. — Photo : ESL, le JDE

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