Hauts-de-France

Industrie

Pascal Cochez, l'entrepreneur qui vole au secours du savoir-faire industriel des Hauts-de-France

Par Elodie Soury-Lavergne, le 22 avril 2021

S'il est d'abord un entrepreneur qui crée depuis l'âge de 30 ans des sociétés de services industriels, Pascal Cochez multiplie également les reprises d'entreprises à la barre du tribunal de commerce. Avec la volonté de ne pas laisser disparaître un savoir-faire industriel régional et historique.

Pascal Cochez, dirigeant du groupe Cochez, a déjà repris plusieurs entreprises à la barre du tribunal de commerce, pour préserver un savoir-faire industriel régional.
Pascal Cochez, dirigeant du groupe Cochez, a déjà repris plusieurs entreprises à la barre du tribunal de commerce, pour préserver un savoir-faire industriel régional. — Photo : Marie Boullenger

Pascal Cochez est un industriel valenciennois rompu à la reprise d'entreprises en difficulté. Cela lui permet « de compléter des moyens opérationnels ou une offre commerciale, de manière plus rapide que s'il fallait démarrer de zéro, affirme-t-il. Cela coûte moins cher que d'investir dans un outil neuf. Il faut toutefois être prêt à réinjecter de l'argent et à supporter des surcoûts directs et indirects ». Autre motivation: défendre un savoir-faire industriel à la fois historique et régional.

Ne pas laisser mourir un patrimoine

Pascal Cochez dirige le groupe Cochez (30 millions d'euros de chiffre d'affaires 2020 avec 200 salariés), historiquement positionné sur le service aux industries (bureau d'études, transport exceptionnel, travaux publics, tuyauterie, etc.). Le groupe exerce aussi une activité textile depuis la reprise en 2019 des dentelliers calaisiens Noyon et Desseilles, à la barre du tribunal de commerce. Il était alors le seul candidat au rachat. « C'était inimaginable de voir disparaître la dentelle de Calais », justifie Pascal Cochez. Pour financer cette opération il a cédé la société boulonnaise Petit Pierre (ex-conserverie Delpierre Mer et Tradition), reprise un an plus tôt et redressée avec la même motivation : « Je ne pouvais pas laisser fermer la dernière conserverie de la région alors que Boulogne-sur-Mer est le premier port de pêche français ! »

En 2018, Pascal Cochez écrit aussi une lettre d'intention au mandataire judiciaire de l'aciérie Ascoval, à Saint-Saulve (Nord), pour demander un délai le temps de monter un dossier de reprise. Le site sera finalement repris par le groupe britannique Olympus Steel. « Je suis avant tout un entrepreneur qui crée des sociétés, mais reprendre une entreprise à la barre du tribunal est pour moi une question de principe pour ne pas laisser mourir ce patrimoine » confie le dirigeant.

Audit préalable

Pour autant, Pascal Cochez n'en oublie pas la notion de risque. « Ces sociétés sont souvent en difficulté depuis plusieurs années, sans que les anciens dirigeants aient trouvé de solution. Or, un repreneur n'est jamais plus malin, au contraire il doit rester humble ». Pour maîtriser ce risque, Pascal Cochez conduit lui-même les audits des sociétés concernées. Une démarche chronophage qui s'étale sur plusieurs semaines mais qui se révèle particulièrement efficace selon l'industriel. « Je contacte d'abord le dirigeant, en accord avec l'administrateur judiciaire, pour lui expliquer cette approche. Ensuite je réalise cet audit auprès de tous les services de l'entreprise : des opérationnels jusqu'aux cadres, en passant par les représentants syndicaux et l'ancien dirigeant. J'obtiens souvent des explications très différentes, d'une personne à l'autre, sur ce qui n'a pas fonctionné » confie le dirigeant. Et au final, quand tout le monde vous déconseille d'investir dans une entreprise en difficulté, et quand il s'agit de prendre la décision de reprendre ou non l'entreprise, un entrepreneur ne doit écouter que lui-même ».

Pascal Cochez, dirigeant du groupe Cochez, a déjà repris plusieurs entreprises à la barre du tribunal de commerce, pour préserver un savoir-faire industriel régional.
Pascal Cochez, dirigeant du groupe Cochez, a déjà repris plusieurs entreprises à la barre du tribunal de commerce, pour préserver un savoir-faire industriel régional. — Photo : Marie Boullenger

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