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Technologies

Ocean’s Arise développe des enceintes subaquatiques uniques au monde

Par Lise Verbeke, le 21 septembre 2022

La start-up Ocean's Arise, créée en 2020 dans l’Oise, développe des enceintes acoustiques aquatiques. Une technologie innovante, qui s’applique à différents secteurs, dont la conchyliculture, les piscines ou encore les spas.

Ocean’s Arise a mis au point une enceinte acoustique aquatique qui permet d’avoir un son de très bonne qualité sous l’eau et de ressentir les vibrations de la musique.
Ocean’s Arise a mis au point une enceinte acoustique aquatique qui permet d’avoir un son de très bonne qualité sous l’eau et de ressentir les vibrations de la musique. — Photo : Ocean's Arise

Avec sa technologie, la start-up Ocean's Arise peut cibler  "27 marchés potentiels", selon Pierre Brisson, président de la jeune pousse basée à Cuise-la-Motte, dans l’Oise. L’ingénieur et docteur en physique, qui a notamment été responsable du transfert de technologies à l’Agence spatiale européenne, s’est allié à deux docteurs en acoustique, Jean-Dominique Polack et Yoann Flavignard. Ensemble, ils ont mis au point des enceintes subaquatiques basse fréquence, dont les usages se révèlent multiples.

Éviter les pertes

À l’origine du projet, une demande de l’Ifremer, en 2017. L’institut de recherche pour l’exploitation de la mer a lancé un appel à la communauté scientifique pour aider les conchyliculteurs à repousser, grâce à des ondes sonores, les bancs de daurades qui s’attaquent aux naissains d’huîtres et de moules. "C'est une vraie problématique car les daurades sont comme des piranhas et peuvent être responsables de 30 à 70 % de pertes", expose Pierre Brisson.

Pour les repousser, Ocean's Arise a l’idée de faire un maillage acoustique sous l’eau, en utilisant la basse fréquence. "Personne dans le monde ne savait diffuser une fréquence de 250 hertz sous l’eau, à part l’armée américaine avec des sonars qui coûtent des millions de dollars", appuie le président. En quelques mois, avec ses collègues, ils mettent au point une enceinte de ce type, étanche, "à coût contrôlé, c’est-à-dire à environ 2 000 euros" et déposent le brevet.

Pour financer les recherches, la start-up a levé 80 000 euros auprès d’investisseurs privés. À cela s’ajoute une aide de Bpifrance et de la Région Hauts-de-France de 90 000 euros, et un apport du Crédit Agricole des Côtes-d’Armor de 50 000 euros. Aujourd’hui, le trio recherche des investisseurs pour lever "entre 250 000 et 500 000 euros", et lancer ainsi la commercialisation des enceintes d’ici un an.

Marché des piscines et du bien-être

Pierre Brisson, qui se présente comme un "vieux startupeur avec plus de 250 start-up créées", voit dans cette technologie une application dans d’autres secteurs. Notamment dans les piscines, pour les sportifs de natation synchronisée qui entendent très mal la musique ou les commentaires de leur coach sous l’eau, mais aussi pour les nageurs lambda. "Il y a 6 000 bassins publics en France, 3 millions de bassins privés, un gros marché à sonoriser", anticipe Pierre Brisson.

Ocean’s Arise a donc mis au point un prototype d’enceintes et l’a testé grandeur nature dans une piscine de l’Oise. "Sous l’eau, détaille l’ingénieur, les nageurs ont pu entendre la musique comme dans un concert, mais aussi ressentir ses vibrations, grâce aux basses fréquences." Autre marché : le secteur du bien-être, les spas et les balnéothérapies, qui recherchent "de l’originalité". Là aussi, des tests grandeur nature ont été réalisés, notamment sous le contrôle d’un psychiatre. "Les premiers résultats sont probants, écouter de la musique quand on fait la planche dans l’eau, avec les oreilles immergées, permet de calmer, de relaxer, d’autant plus quand le corps ressent les vibrations". Quant aux autres marchés potentiels, Pierre Brisson préfère rester évasif "par confidentialité", mais la technologie de la start-up pourrait s’utiliser dans le domaine militaire ou encore dans l’éolien off-shore.

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