Nord

Industrie

Nidaplast s’appuie sur le plan de relance pour muscler son outil industriel

Par Elodie Soury-Lavergne, le 01 mars 2021

Bénéficiaire du plan de relance gouvernemental, la PME nordiste Nidaplast investit dans un nouveau site et l’amélioration de son processus de production. Avec 11 millions d’euros d’investissements programmés ces trois prochaines années, ce fabricant de pièces en plastique pour le BTP et l’industrie va pouvoir renforcer ses positions en France et à l’international.

Vincent Pirson, dirigeant de la PME industrielle Nidaplast
Vincent Pirson a repris la PME industrielle Nidaplast en janvier 2019. — Photo : Nidaplast

Basée à Thiant (Nord), la PME industrielle Nidaplast figure parmi les lauréats du plan de relance gouvernemental, au titre du fonds d’accélération des investissements industriels dans les territoires. Une opportunité dont ce fabricant de pièces en plastique compte bien se saisir pour accélérer son développement malgré la crise sanitaire. Au programme : près de 11 millions d’euros d’investissement dans un déménagement, prévu fin 2021, sur un site flambant neuf à Fresnes-sur-Escaut (Nord), et une modernisation de l’outil industriel. L’enveloppe consentie est conséquente pour cette PME, qui affichait en 2019 un chiffre d’affaires de 19 millions d’euros, avec 90 collaborateurs.

10 % de baisse du chiffre d’affaires en 2020

Nidaplast fabrique des pièces en plastique qu’elle vend à des professionnels via un réseau de distributeurs spécialisés en matériaux. Celle qui se revendique comme « l’inventeur du nid d’abeille en polypropylène » réalise ce produit pour trois grands domaines : celui des industriels fabricants de panneaux et matériaux composites, celui de l’environnement et aménagement paysager, notamment pour les bassins de rétention d’eaux pluviales ou les plaques de stabilisation de graviers, et enfin, celui de la construction et du BTP, avec des blocs faisant office de remblai allégé sur certains chantiers, les toitures jardin, les zones inondables, etc.

« Nous espérions faire de la croissance en 2020 mais nous terminons l’année avec un chiffre d’affaires inférieur de 10 % à celui de 2019 », indique Vincent Pirson, qui a repris cette société en janvier 2019 au groupe Etex. Si l’entreprise a réussi à s’organiser pour maintenir un minimum d’activité durant le premier confinement 2020, elle a tout de même perdu 40 % de son chiffre d’affaires en mars, 60 % en avril, puis 40 % en mai. « Il y a ensuite eu un redémarrage de juin à septembre, avant un nouveau ralentissement d’octobre à décembre », relate Vincent Pirson.

Des investissements avancés

Prévu avant la crise sanitaire, le projet de déménagement aurait ainsi pu être remis en cause. « Nous avons tout de même décidé de mener le projet à bien. La crise du Covid-19 n’était pas prévue mais, en tant qu’industriel, nous devons continuer à regarder sur le long terme », explique le dirigeant. Ne parvenant pas à trouver de bâtiment à louer sur la zone géographique visée, Nidaplast a dû se résoudre à acheter. « Une société industrielle doit d’abord investir dans son outil de production plutôt que dans l’immobilier », plaide ainsi Vincent Pirson.

La manne du plan de relance va lui permettre de faire les deux. La PME va ainsi consacrer 4,5 millions d’euros dans l’achat et l’aménagement d’un site, et va pouvoir prendre de l'avance sur des investissements dans son outil de production initialement prévus plus tard : robotisation 4.0, automatisation, diminution de la pénibilité, etc. « Un investissement de 2 millions d’euros par an sur trois ans », détaille le dirigeant.

Muscler les positions en France et à l’international

« Ces investissements sont lourds, mais nous devons pallier une partie des investissements qui n’ont pas été réalisés dans l’entreprise ces dernières années », explique Vincent Pirson. Ces fonds du plan de relance, Nidaplast a pu les obtenir sans difficultés particulières. Accompagnée par un consultant local, l’entreprise a réalisé son dossier de demande en seulement un jour et demi. « Notre projet était déjà mûr avant cette crise. Je pense qu’à partir du moment où le projet est clair, c’est plus facile de le coucher sur papier, de savoir combien ça va coûter, de connaître les délais et d’être convaincant », reconnaît-il.

Grâce à ces investissements, Nidaplast va accroître sa capacité de production dans les Hauts-de-France et être en mesure de lancer de nouveaux produits en fonction des tendances et des niches de marché. Autant de conditions indispensables pour accélérer à l’international, où la PME réalise près d’un tiers de son chiffre d’affaires. « Selon les domaines d’activité, nous avons des clients en Europe et plus ou moins loin dans le monde, comme en Australie, aux États-Unis, au Moyen-Orient », souligne Vincent Pirson. La France représente actuellement deux tiers du chiffre d’affaires, dont un tiers réalisé dans les Hauts-de-France. L’objectif est d’arriver à 50 % du chiffre d’affaires réalisés en France et 50 % à l’export.

Une rentabilité retrouvée

Malgré un manque de visibilité pour l’année 2021, Vincent Pirson a confiance dans le potentiel de développement de Nidaplast. « Dans quatre ans, nous devrions atteindre les 25 millions d’euros de chiffre d’affaires », annonce celui qui compte recruter une dizaine de collaborateurs supplémentaires. « Notre produit répond à des enjeux environnementaux d’actualité, puisque nous produisons du plastique pérenne, pas jetable, et que nous contribuons à l’allègement des structures et matériaux ou à la récupération, l’infiltration et la régulation des eaux pluviales », souligne le dirigeant.

Par ailleurs, si le chiffre d’affaires 2020 n’est pas au rendez-vous des objectifs que s’était fixés Vincent Pirson, la rentabilité devrait en revanche être retrouvée fin 2020. En berne au moment de la reprise de l'entreprise début 2019, elle a remonté la pente à la faveur de plusieurs initiatives. « Nous avons notamment amélioré le processus logistique. Il était loin d’être optimum car la société a grandi sur son propre site, en ajoutant au fur et à mesure des machines là où il y avait de la place. Nous avons donc réuni une personne par type de poste, pour réfléchir à la manière d’améliorer l’efficacité de l’usine », explique-t-il. Avant la crise du Covid, Nidaplast a notamment travaillé à développer son chiffre d’affaires et a adapté le niveau d’encadrement à une PME. Enfin, plusieurs dépenses n’ont pas été réalisées durant la crise, ce qui a également permis à l’entreprise nordiste de bénéficier d’une baisse des prix sur certaines matières premières.

Vincent Pirson, dirigeant de la PME industrielle Nidaplast
Vincent Pirson a repris la PME industrielle Nidaplast en janvier 2019. — Photo : Nidaplast

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail