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Net & Sur triple son chiffre d'affaires grâce à la crise sanitaire

Par Lise Verbeke, le 29 mars 2021

L'entreprise de propreté Net & Sur, basée à Beauvais (Oise), croule sous les demandes depuis le début de la crise sanitaire. Elle a embauché une cinquantaine de personnes supplémentaires pour faire face et envisage de nouveaux investissements dans des machines nettoyantes.

Mohamed Zaafari dirige la PME Net & Sur, à Beauvais (Oise), dont la croissance est portée par cette crise sanitaire.
Mohamed Zaafari dirige la PME Net & Sur, à Beauvais (Oise), dont la croissance est portée par cette crise sanitaire. — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Le téléphone n’arrête pas de sonner dans les locaux de Net & Sur, une PME de 200 salariés, installée à Beauvais (Oise). " J’ai un appel de Valeo (équipementier automobile basé à Amiens NDLR) en ce moment, je les rappellerai après ", lance le dirigeant, Mohamed Zaafari, visiblement très affairé. Avec la crise sanitaire, le niveau d’activité de Net & Sur n’a cessé de croître. Fin juin 2020, l’entreprise spécialisée dans la sécurité et le nettoyage avait déjà réalisé 73 % de son chiffre d’affaires prévisionnel, pour atteindre au total 3,5 millions d’euros sur l’année.

Et les prévisions pour 2021 sont tout aussi bonnes. " Nous ne pouvons pas répondre à toutes les demandes, une centaine de clients sont en attente ", assure l’entrepreneur. "Certains nous appellent même de Limoges ou de Lyon, mais nous devons refuser. Notre zone d’intervention reste les Hauts-de-France, l’Île-de-France, et l’Est, du côté de Strasbourg et de Metz ".

Anticiper pour passer les crises

Sur un marché très concurrentiel, Net & Sur a su s’imposer comme une référence dans la propreté et la désinfection, " le bouche-à-oreille fonctionne très bien ". Dès le mois de février, la PME a décroché des contrats avec les casernes de pompiers de l’Oise. L’industrie et les entreprises du tertiaire représentent 80 % de son chiffre d’affaires, le reste étant réalisé avec les services publics. Pour faire face à la crise sanitaire, Mohamed Zaafari a su anticiper : " Lors de l’apparition du virus H1N1, nos clients nous avaient reproché de ne pas avoir été assez réactifs. Nous n’étions pas prêts ".

Cette fois, le dirigeant a commandé dès décembre 2019, des stocks de gel hydroalcoolique. " Nous avons offert 2 000 flacons à nos clients, ce qui les a incités par la suite à nous en commander beaucoup ". Il a aussi fallu se réorganiser. " Nous avons investi 50 000 euros dans des caméras pour notre site, pour faciliter la communication entre les agents, sans contacts ". Les protocoles ont été également renforcés. Les véhicules sont désinfectés après chaque intervention et les agents passent aussitôt à la douche, sans croiser l’équipe qui prend le relais et cela, 7 jours sur 7. " Nous avons embauché 50 personnes en plus, et dans quelques mois, nous allons acheter 7 autolaveuses supplémentaires, chaque machine coûtant entre 5 000 et 20 000 euros ", ajoute Mohamed Zaafari.

Un succès après des moments difficiles

Si l’entreprise connaît une croissance moyenne de 30 % de son chiffre d’affaires depuis 2016, elle a pourtant vécu des moments difficiles. " J’ai été en arrêt maladie en 2012, explique le dirigeant, et quand je suis revenu un an plus tard, nous avons entamé une procédure de redressement judiciaire ". À l’époque, il lance des audits pour comprendre les atouts et les faiblesses de son entreprise, mais aussi de ses concurrents. Ce qui l’amène à changer de process, en embauchant notamment des managers. " Là où tout le monde fait des économies en supprimant les échelons, j’ai recréé ce lien. Les agents ne sont pas lâchés dans la nature et retrouvent de la considération ". Il envisage l’année prochaine de créer un centre de formation en interne, " car il n’y a pas assez de formations dans la propreté, et nous peinons à recruter ", ajoute-t-il.

Mohamed Zaafari dirige la PME Net & Sur, à Beauvais (Oise), dont la croissance est portée par cette crise sanitaire.
Mohamed Zaafari dirige la PME Net & Sur, à Beauvais (Oise), dont la croissance est portée par cette crise sanitaire. — Photo : Elodie Soury-Lavergne

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