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Métallurgie

L'industriel valenciennois Pascal Cochez, nouveau candidat à la reprise d'Ascoval

Par Jeanne Magnien, le 24 octobre 2018

Nouveau rebondissement dans le dossier Ascoval : l'industriel valenciennois Pascal Cochez a écrit une lettre d'intention au mandataire judiciaire de l'aciérie de Saint-Saulve (Nord) demandant un délai le temps de monter un nouveau dossier de reprise. Il semble avoir été entendu.

Haut-fourneau
L'industriel Pascal Cochez veut tenter de réunir autour de lui des acteurs à même de proposer une offre conjointe convaincante, pour la reprise de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve, près de Valenciennes. — Photo : Pxhere

Nouveau sursis pour Ascoval. Les juges du tribunal de grande instance de Strasbourg, qui devaient se prononcer le 24 octobre sur la liquidation de l'aciérie de Saint-Saulve, ont finalement décidé d'accorder 15 jours supplémentaires aux candidats à la reprise... des candidats dont le nombre va croissant.

En effet, l'industriel valenciennois Pascal Cochez (Groupe Cochez, 30 M€ de CA, 200 salariés), s'est positionné pour la reprise de l'entreprise au travers d'une lettre d'intention envoyée début octobre au mandataire judiciaire. Une initiative personnelle discrète, qui a apparemment retenu l'attention des juges à un moment où la liquidation d'Ascoval semblait inévitable, après le refus de Vallourec d'accéder aux demandes d'Altifort, présenté comme le candidat le plus solide à la reprise.

Une offre alternative à celle d'Altifort

« En tant que Valenciennois, j'ai évidemment suivi ce qui s'est passé autour d'Ascoval. J'étais persuadé qu'un accord entre Vallourec et Altifort serait impossible, donc j'ai écrit au mandataire pour lui dire que je voulais y aller, en réunissant des forces autour de moi, explique Pascal Cochez. J'espère faire office de catalyseur pour proposer une offre alternative à celle d'Altifort, qui à mon avis est mal engagée. Mais il n'est pas question de concurrence : l'important, c'est l'avenir d'Ascoval, et si le dossier Altifort devait aboutir, j'en serais le premier ravi. Mais je ne voulais pas courir le risque de voir l'aciérie liquidée le 24 octobre sans tenter quelque chose.. »

L'industriel a déjà, par le passé, repris des entreprises régionales, comme Sogem ou plus récemment, Delpierre et Tradition, devenue Petit Pierre. Très attaché au patrimoine industriel régional, Pascal Cochez a racheté, début 2018, les murs de l'usine Sacsum de Valenciennes, pour y installer le siège de son groupe.

Le "dossier iranien" relancé ?

Les juges du TGI de Strasbourg n'ont pas été les seuls à s'intéresser à l'initiative du Valenciennois. Le groupe iranien Boost avait lui aussi rédigé une lettre d'intention avant l'été, qui avait été écartée au profit du projet Altifort. Toujours intéressée par la reprise du site, la société a contacté Pascal Cochez, qui doit rencontrer rapidement ses représentants français, avant de se présenter devant les 280 salariés d'Ascoval. Pascal Cochez a quinze jours pour réunir autour de lui les bonnes volontés et pour monter une solide alternative à l'offre Altifort, si celle-ci devait définitivement échouer faute d'accord avec Vallourec.

« Depuis que je suis petit, le Valenciennois est présenté comme un territoire qui subit les fermetures. Je veux prouver que ce territoire peut aussi avoir de la ressource ! »

« Nous sommes prêts à investir sur le site. Entre moi, Boost et un ou deux investisseurs, nous pourrions rapidement réunir en autofinancement une somme au moins équivalente à ce qu'Altifort se propose d'investir. 35 millions d'euros, c'est une grosse somme mais c'est faisable. Selon moi, l'offre de Boost est solide en ce qu'elle propose des débouchés immédiats pour Ascoval, puisque l'entreprise doit réaliser un pipeline de plusieurs milliers de kilomètres de long. C'est quatre ou cinq ans de travail assurés pour l'aciérie, le temps de lui trouver de nouveaux clients et débouchés, puisqu'elle ne peut pas recommencer à produire pour son seul actionnaire, comme du temps de Vallourec », détaille Pascal Cochez.

« Depuis que je suis petit, on présente le Valenciennois comme un territoire qui subit les fermetures, les délocalisations, poursuit Pascal Cochez. C'est un territoire qui compte de belles usines, mais elles ont toutes des capitaux extérieurs, qui sont soumises aux arbitrages des grands groupes. J'ai envie de faire quelque chose pour essayer de prouver que le Valenciennois peut aussi avoir de la ressource ! »

Rendez-vous est donc donné au tribunal de grande instance de Strasbourg le 7 novembre.

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