Hauts-de-France

Automobile

Les trois usines de Renault dans les Hauts-de-France menacées par les pertes du groupe

Par Elodie Soury-Lavergne, le 17 février 2020

Après une perte de 141 millions d’euros sur l’exercice 2019, le groupe automobile français Renault annonce un plan d’économies de 2 milliards d’euros sur trois ans. Dans ce contexte, quel avenir pour les trois usines du constructeur dans les Hauts-de-France – Douai et Maubeuge (Nord), ainsi que Ruitz (Pas-de-Calais) ?

Employée dans l'usine Renault de Maubeuge dans le Nord
L'usine Renault de Maubeuge, dans le Nord, indiquait en 2018 être la plus performante du groupe en France. — Photo : Renault

Pour la première fois en dix ans, le constructeur automobile Renault (Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi) affiche un résultat net négatif. Sur l’exercice 2019, la perte s’élève à 141 millions d’euros, bien loin des 3,3 milliards d’euros de bénéfices de 2018. Le chiffre d’affaires recule, quant à lui, de 3,3 %, pour s’établir à 55,5 milliards d’euros.

Pour faire face, le groupe français compte lancer un plan d’économies de 2 milliards d’euros sur trois ans. Il pourrait se traduire par la fermeture de sites industriels en France et dans le monde. « Nous n’avons aucun tabou et nous n’excluons rien », a déclaré, le 14 février, la directrice générale par intérim, Clotilde Delbos. De quoi s’interroger sur les conséquences pour les trois sites du groupe dans les Hauts-de-France.

Le doute plane sur l’usine Renault de Douai

Sur l’année 2019, l’usine de Douai (3 000 salariés), dans le Nord, a produit 80 000 véhicules, soit deux fois moins que sa capacité de production. Et son effectif a fondu de moitié depuis 2003.

Cette usine produit les modèles Scénic, Espace et Talisman, dont les ventes s'érodent. Elle est toutefois engagée dans un plan d’investissement, qui doit lui permettre d’accueillir la future plateforme électrique de l’alliance Renault-Nissan, avec deux nouvelles productions en 2022.

Le site de Maubeuge reste performant

De son côté, l’usine STA (400 salariés), à Ruitz (Pas-de-Calais), est moins inquiète, car elle produit des boîtes de vitesse pour les modèles Clio et Captur, qui se vendent très bien.

Quant à l’usine de Maubeuge (2 200 salariés), qui produit des Kangoo, dans le Nord, elle pouvait se targuer, fin 2019, lors d’une visite du président de la République Emmanuel Macron, d’être la plus performante du groupe pour la France. Un investissement de 450 millions d’euros sur cinq ans y avait été annoncé à cette occasion, pour produire de nouveaux véhicules utilitaires, sous les marques Nissan et Mitsubishi. Cette opération doit également induire le recrutement de 200 salariés supplémentaires.

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