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Les nœuds papillons du Colonel Moutarde misent sur l’innovation et l’export pour durer

Par Marie Boullenger, le 05 décembre 2019

L'entreprise Colonel Moutarde est spécialisée dans la production de nœuds papillons et accessoires de mode. La PME industrielle, basée à Lille, envisage de se renforcer à l'international et poursuivre son recrutement. 

Clémence Yon et Rémi Duboquet ont crée la start-up Colonel Moutarde en 2014 devenue depuis une PME industrielle (2,7 M€ de CA).
Clémence Yon et Rémi Duboquet ont crée la start-up Colonel Moutarde en 2014, devenue depuis une PME industrielle (2,7 M€ de CA). — Photo : Marie Boullenger

Niché dans une ruelle de Lille Saint-Maurice à l’abri des regards, l’atelier de Colonel Moutarde connaît une activité intense. Ici, une petite armée de couturières et couturiers produit, chaque année, 50 000 nœuds papillons. Pourtant, il y a 5 ans, personne n’imaginait un tel succès, pas même les fondateurs. « Colonel Moutarde a été créé avec seulement 300 € et une machine à coudre. Au départ, c’était juste pour rire », racontent Clémence Yon et Rémi Duboquet.

À l’origine, le couple s’amuse à fabriquer des nœuds papillons et les vend petit à petit à son entourage. Mais face à la demande croissante, tous deux décident de quitter leur profession respective pour se consacrer pleinement à Colonel Moutarde. « Il fallait être complètement fou pour se lancer dans cette aventure… Mais ça a vite explosé. Monter une entreprise, ce n’est pas une course, mais plutôt un marathon et il faut savoir durer », souligne la fondatrice.

Colonel Moutarde privilégie le circuit court

Depuis sa création en décembre 2014, la start-up lilloise a bien grandi et est devenue une PME industrielle (2,7 M€ de CA). Fort de son succès, le couple de fondateurs quitte alors l’atelier de 150 m² à Lille-Sud pour s’installer dans un ancien garage automobile de 350 m² entièrement rénové, à Lille Saint-Maurice. Un déménagement qui s’accompagne d’un virage économique et du recrutement de nouveaux collaborateurs. Les fondateurs investissent ainsi plus de 100 000 € dans un parc de 20 machines performantes. « Cet investissement nous permet de gagner trois fois plus de temps sur chaque étape de production », précise Clémence Yon.

De la coupe à la presse, en passant par la couture, le retournage et le repassage, tout est fabriqué au sein de l’atelier lillois. Les machines de production sont achetées à des grossistes à Roubaix, le fil à Marcq-en-Baroeul ou les étiquettes à Halluin. « Notre priorité, c’est d’avancer avec les acteurs locaux et de privilégier le circuit court », insistent les dirigeants.

Le regard tourné vers de nouveaux accessoires et l’export

Afin de perdurer sur ce marché de niche, les entrepreneurs ont fait le pari de développer de nouvelles gammes. « Nous avons bâti toute une offre d’accessoires autour de notre produit phare, le nœud papillon », détaille la fondatrice, qui propose plus de 200 références et du sur-mesure. Désormais, Colonel Moutarde produit des cravates, des bretelles ou encore des bandeaux et des bracelets pour femmes. « Il y avait une forte demande sur ces produits, donc nous nous sommes lancés. Ce sont des super relais de croissance et ces nouvelles gammes représentent 40 % de notre CA. »

Pari réussi donc pour la PME, qui enregistre une croissance annuelle de 15 %. « Nous n’avons pas d’autres choix que d’innover. Il faut toujours apporter de la nouveauté aux clients », ajoute la Lilloise. Aujourd’hui, Colonel Moutarde compte deux boutiques, l’une à Lille et l’autre à Londres. Si la société réalise 10 % de ses ventes à l’export, elle envisage de tripler son activité à l’étranger. De nouveau en collaboration avec de grands noms du prêt-à-porter français, Colonel Moutarde s’apprête à voir exploser sa production. Ça tombe bien, de nouveaux renforts sont attendus.

Clémence Yon et Rémi Duboquet ont crée la start-up Colonel Moutarde en 2014 devenue depuis une PME industrielle (2,7 M€ de CA).
Clémence Yon et Rémi Duboquet ont crée la start-up Colonel Moutarde en 2014, devenue depuis une PME industrielle (2,7 M€ de CA). — Photo : Marie Boullenger

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