Hauts-de-France

Investissement

Les investissements qui marqueront 2021 dans les Hauts-de-France

Par Jeanne Magnien et Elodie Soury-Lavergne, le 08 janvier 2021

Alors que la multiplication des projets d’investissement, début 2020, laissait présager une année prometteuse, la crise sanitaire est venue mettre un coup de frein brutal. Toutefois, aucun projet d’envergure n’est officiellement remis en cause au moment où nous écrivons ces lignes. Plus que jamais, les acteurs économiques des Hauts-de-France ont saisi l’importance de se transformer. 

La future gigafactory de Douvrin devrait être en mesure de produire 500 000 batteries pour véhicules électriques par an en 2030.
La future gigafactory de Douvrin devrait être en mesure de produire 500 000 batteries pour véhicules électriques par an en 2030. — Photo : CCO Creative Commons

5 milliards d’euros pour une gigafactory de batteries électriques

L’annonce a été confirmée en septembre 2020 : PSA et Total vont implanter une immense usine de batteries pour véhicules électriques à Douvrin, dans le Pas-de-Calais. Les deux industriels ont créé une société commune pour porter ce projet, baptisée Automotive Cells Company (ACC). Cette future usine nordiste sera le fruit d’un investissement de 5 milliards d’euros. Pour convaincre les porteurs de ce projet, les collectivités territoriales se sont engagées financièrement, fin 2019, avec une enveloppe de 121 millions d’euros. Cette future usine sera installée près du site de la Française de Mécanique (1 700 salariés), qui appartient au groupe PSA et produit des moteurs thermiques. La production pourrait démarrer dès 2023. À l’horizon 2030, la production attendue est de 500 000 batteries électriques par an. Si la création de 2 000 emplois est espérée par les élus, aucun chiffre officiel n’a encore été communiqué.  Ce projet doit permettre une certaine indépendance face aux fournisseurs actuels de batteries électriques, situé en Asie. 

32,6 millions d’euros pour un terminal d’autoroute ferroviaire

À Calais, les travaux du terminal d’autoroute ferroviaire Cargobeamer ont été lancés en juillet 2020, en présence de Hans-Jürgen Weidemann, Pdg du groupe allemand CargoBeamer France, et de Natacha Bouchart, Présidente de Calais Promotion et maire de Calais. Ce projet va permettre le transport de semi-remorques par le rail, dans le cadre des flux de marchandises entre le Royaume-Uni et l’Europe. Le projet franchissait ainsi une nouvelle étape, après l’obtention en juillet 2019 d’un financement européen de 7 millions d’euros. Cette subvention représente 20 % du montant global du projet, soit 32,6 millions d’euros. Le chantier, d’une durée d’environ 11 mois, comprendra la construction d’une plateforme bimodale de 5,7 hectares sur la zone Transmarck – Turquerie, près de Calais. Mis en service courant 2022, le terminal atteindra son fonctionnement optimal en 2023, avec 18 modules de transbordement automatisé. À terme, ce terminal devrait traiter 800 semi-remorques par jour. Il sera par ailleurs en mesure de charger un train complet en 20 minutes. La création d’une vingtaine d’emplois directs est annoncée.

170 millions d’euros pour transformer l’aéroport de Lille-Lesquin

L’aéroport de Lille-Lesquin a démarré l’année 2020 avec un changement de concessionnaires. Concessionnaire historique, la CCI Hauts-de-France a dû passer les rênes à Eiffage et l’Aéroport de Marseille Provence (AMP). Pour exploiter l’aéroport lillois, les deux partenaires ont constitué une société commune, dont l’actionnaire majoritaire est le groupe Eiffage. Ils ont également annoncé 170 millions d’euros d’investissements sur vingt ans, pour doubler le trafic de l’aéroport lillois et l’amener à près de 4 millions de passagers par an. La première étape envisagée est l’investissement de 90 millions d’euros dans l’aérogare, dont la capacité est limitée face aux nouvelles ambitions. D’ici 2023, elle va passer de 18 000 à 33 000 m². La surface des restaurants et commerces va, quant à elle, croître de 1 800 à 3 500 m². Enfin, les flux de départs et d’arrivées vont être séparés. Malgré la mise à mal de son activité par la crise sanitaire, l’aéroport n’avait pas annoncé, fin 2020, de recalibrage ou report de ce projet.

6 millions d’euros pour agrandir l’usine BASF de Gravelines

Le groupe BASF, leader mondial de la chimie, annonce un futur investissement de 6 millions d’euros en Hauts-de-France, dans son usine de Gravelines (Nord). Celle-ci emploie 160 salariés et produit chaque année 32 millions de litres d’herbicides pour le secteur agricole. 70 % de cette production est exportée vers une soixantaine de pays. Le groupe suit les tendances de son marché et veut faire évoluer ses solutions vers l’agri-écologie. BASF indique que ces solutions représenteront 25 % de sa production en 2025, contre 17 % en 2019. Ce renouvellement des gammes de produits va engendrer à Gravelines de nouveaux besoins en stockage et logistique. Cette enveloppe de 6 millions d’euros sera donc consacrée à l’agrandissement de ces espaces.

25 millions d’euros investis par Danone, pour accélérer sur le bio

Le groupe Danone compte se renforcer sur le bio en investissant 25 millions d’euros dans son usine Blédina de Steendvorde. Le site, qui produit déjà la gamme de laits infantiles bio de Blédina, va augmenter ses capacités pour être en mesure de fabriquer des produits à destination de toute l’Europe. Le site existant va se voir adjoindre une extension de plus de 2 000 m², qui abritera les nouvelles lignes. 15 postes supplémentaires devraient être créés au sein de l’usine, qui emploie déjà 400 personnes. La production devrait démarrer à l’automne 2021.

5 milliards d’euros pour construire le Canal Seine-Nord Europe

Après plus de trente ans de gestation, ce projet d’investissement phare n’a jamais vu le jour. Le Canal Seine-Nord Europe continue malgré tout de s’afficher sur toutes les lèvres et s’invite par intermittence, à l’ordre du jour des investissements publics. Estimé à 5 milliards d’euros, ce canal long de 107 kilomètres, doit être financé à la fois par le gouvernement et les élus régionaux, chacun s’engageant à hauteur d’1,1 milliard d’euros. De son côté, l’Europe s’est engagée à verser 40 % du montant total des travaux. Une enveloppe de 700 à 900 millions d’euros reste donc à trouver. Pour y parvenir, l’État doit aider à la mise en place de ressources à assiette locale.

150 millions d’euros pour une usine textile à Maubeuge

C’est probablement l’un des projets les plus inattendus du moment. Un homme d’affaires chinois, Jian Chen, a annoncé fin 2019 vouloir investir 150 millions d’euros à Maubeuge dans une usine textile. Il a d’ailleurs obtenu le feu vert des autorités chinoises. PDG de la société AC Winexpo, spécialisée dans l’import-export, Jian Chen possède 15 000 magasins en Chine. Il veut créer à Maubeuge, sur un terrain de 15 hectares, 30 ateliers de fabrication de vêtements, qui travailleraient pour des marques différentes. Ce projet, avait été rendu public par le député (LREM) du Nord Christophe di Pompeo. S’il est maintenu en dépit de la crise sanitaire, survenue entretemps, il devrait générer près de 300 emplois. Aucune annulation n’a encore été communiquée.

149 millions d’euros pour la nouvelle cité administrative de Lille

D’ici le début 2023, la cité administrative de Lille va quitter ses locaux vétustes, actuellement situés dans le quartier Euralille, en face de Lille Grand Palais. Annoncée fin 2019, l’opération, d’un montant estimé à 149 millions d’euros, devrait voir la création d’un tout nouvel ensemble immobilier, près de la porte des Postes. C’est en effet boulevard de Strasbourg, à deux pas de Lillenium et dans un quartier en pleine requalification, qu’est prévue la construction de 38 400 m² sur une parcelle d’environ 1,5 hectare. Le site regroupera environ 2 000 agents de différentes administrations. Il proposera de nouveaux services mutualisés tels que la restauration, une crèche, un parking, une conciergerie, et devrait permettre d’améliorer « les conditions d’accueil du public et de travail des agents », promet la préfecture, le maître d’ouvrage. Le nouveau bâtiment devrait notamment permettre une forte baisse de la consommation énergétique.

300 millions d’euros d’investissement annoncés par Lesaffre

Alors que son futur campus, qui d’ici le mois d’octobre 2021 devrait rassembler sur 23 000 m² ses 700 salariés disséminés dans la métropole lilloise, est encore loin d’être sorti de terre, le groupe Lesaffre n’entend pas ralentir sur les projets. Le groupe, qui réalise 2,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans le monde, grâce à 69 sites de production et 10 700 employés, a fait part de deux projets d’investissement dans la région. Lesaffre ambitionne ainsi de créer, à Denain, une unité de production de chondrotoïne, une substance utilisée pour soulager les douleurs articulaires, que le groupe fabrique pour le moment en Chine, et sur laquelle il mise beaucoup. Baptisé "Projet Vanilline", le deuxième projet de Lesaffre, davantage porté sur la R & D, ambitionne de trouver une alternative biologique à la chimie organique pour produire l’arôme vanille de synthèse, la vanilline. À eux deux, ces projets représentent une enveloppe de 300 millions d’euros d’investissements, et 400 emplois.

400 millions d’euros investis sur E-Valley

Accueilli avec une certaine incrédulité lors de son annonce, le projet de zone e-logistique géante porté par BT Immo avance bel et bien. La livraison des premières cellules est prévue pour le début 2021, sans retard malgré les deux périodes de confinement. La commercialisation va bon train, avec déjà, l’arrivée de groupes logistiques comme le breton C-log ou le nordiste Simastock, filiale du groupe Bils-Deroo. À terme, E-Valley, qui pour 300 à 400 millions d’euros ambitionne de transformer l’ancienne base aérienne cambrésienne BA 103 en la plus grande zone logistique d’Europe, devrait voir pousser, sur 320 hectares, 700 000 m² d’entrepôts, mais également, des bureaux, un hôtel, et des restaurants. 1 300 emplois devraient être créés sur le site, qui devrait également servir de terrain d’expérimentation pour l’un des premiers services de livraison par drones.

Les 56 millions d’euros pour les travaux de Tropicalia en suspens

Annoncée depuis 2016, la création d’une serre tropicale géante dans le Pas-de-Calais, présentée comme la plus grande au monde, ne cesse de se voir reportée. Les travaux, qui devaient commencer en 2019, n’ont toujours pas démarré, tandis que la date d’ouverture a été décalée de 2021 à 2022. Outre des contretemps liés à la nature du terrain, le projet rencontre une forte opposition écologiste sur place, et a vu un recours déposé contre son permis de construire. En parallèle, le confinement a retardé le démarrage des travaux, prévu en 2020. Néanmoins, les porteurs de ce projet à 56 millions d’euros, financé par des fonds privés, annoncent avoir obtenu le permis de construire, et achevé de sélectionner les entreprises de construction. Tropicalia doit être implantée sur le Champ de Gretz, entre Verton et Rang-du-Fliers, sur une surface de 9,3 hectares dont 40 % seront artificialisés. La serre, qui abritera sous un dôme de 35 mètres des milliers de papillons et d’oiseaux dans une flore tropicale, compte attirer 500 000 visiteurs par an.

660 millions d’euros pour moderniser le métro lillois

Annoncé pour 2015, le doublement des rames de la ligne 1 du métro lillois devrait être effectif en 2023. Après beaucoup de tractations et de difficultés techniques depuis le vote de la mesure en 2011, le projet de modernisation du métro, estimé aujourd’hui à 660 millions d’euros, est bel est bien sur les rails. Fin 2021, la première étape du chantier devrait être effective, avec la mise en service d’un nouveau système de pilotage automatique, qui viendra remplacer celui mis au point par Siemens à la création du métro. Et à partir de 2023, les nouvelles rames seront peu à peu mises en circulation sur la ligne 1, pour en augmenter la capacité de 50 %. Au total, 27 rames de 52 mètres de long, soit le double de la longueur actuelle, seront opérationnelles. Afin de faciliter les déplacements, il n’y aura plus de partition entre les voitures. La capacité de transport est estimée à 400 passagers en moyenne par rame. 300 personnes sont mobilisées dans l’usine d’Alstom à Petite-Forêt où est assurée la production de ces véhicules ferroviaires. Les rames actuelles seront transférées sur la ligne 2, dont elles augmenteront la capacité de 30 %.

La future gigafactory de Douvrin devrait être en mesure de produire 500 000 batteries pour véhicules électriques par an en 2030.
La future gigafactory de Douvrin devrait être en mesure de produire 500 000 batteries pour véhicules électriques par an en 2030. — Photo : CCO Creative Commons

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