Lille

Agroalimentaire

Le groupe Bonduelle en perte de vitesse

Par E.S.-L., le 04 octobre 2016

L'agro-industriel Bonduelle affiche des résultats en perte de vitesse sur son exercice 2015-2016, avec notamment un résultat net en repli de 22,5 % par rapport à l'exercice précédent. Explications.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

L'exercice 2015-2016 n'aura pas été une franche réussite pour l'industriel nordiste Bonduelle. L'entreprise familiale, aujourd'hui dirigée par Christophe Bonduelle, publie des résultats en baisse. Si son chiffre d'affaires consolidé n'affiche qu'un léger retrait de -0,7 %, s'établissant au 30 juin 2016 à 1,968 milliards d'euros (contre 1,982 Md€ en 2015), son résultat net chute quant à lui de -22,5 %, pour s'établir à 53,7 millions d'euros. Pour justifier ces résultats, le groupe évoque « un contexte particulièrement chaotique : absence de reprise marquée de la consommation, guerre des prix en Europe, crise économique au Brésil et en Russie, forte fluctuation des devises ». Le directeur financier du groupe, Grégory Sanson, précise : « Nous escomptions plutôt une croissance de 2 à 3 %, à la fois de notre chiffre d'affaires et de notre rentabilité, mais les mauvaises campagnes agricoles en France et ailleurs ont eu des conséquences ».

Un résultat net plombé par la fermeture d'un site de production en région

Sur cet exercice 2015-2016, le résultat net a notamment été impacté à hauteur de 7,6 millions d'euros par des éléments exceptionnels qui sont, pour l'essentiel : le coût de réorganisation du dispositif industriel de Bonduelle dans les Hauts-de-France et un produit de cession des bâtiments de l'usine de Benimodo, en Espagne, consécutif à la cession de la participation dans la joint-venture UCR. Le groupe a en effet cessé, en juin dernier, l'activité production de sa conserverie de Russy-Bémont (Oise), spécialisée dans les marques de distributeurs. L'activité logistique du site a ensuite été arrêtée en septembre et les 62 salariés du site se sont vu proposer des offres de reclassement. Le groupe Bonduelle poursuit avec cette fermeture son désengagement progressif des MDD (marques de distributeurs) en Europe et sur l'activité conserves, au profit de ses marques propres (52 % de son chiffre d'affaires 2014-2015). Un désengagement annoncé en novembre de l'année dernière par Christophe Bonduelle, "en raison de la baisse des prix que nous n'avons pas voulu suivre". Cette activité de MDD qui fonctionne toutefois bien hors Europe, "en Amérique du Nord notamment", précise Grégory Sanson.

La conserve est par ailleurs la seule activité du groupe à s'afficher en retrait sur cette exercice 2015-2016, avec une baisse de -1,8 % en données comparables (-6,3 % en données publiées). L'activité surgelé enregistre quant à elle une hausse de 9 % en données comparables (6,2 % en données publiées) et enfin, l'activité frais est en hausse de 3,8 % en données comparables (idem en données publiées).

La zone hors Europe tire la croissance du groupe

Si l'on considère le chiffre d'affaires par zones géographiques, celui-ci est quasi stable en Europe entre cet exercice 2015-2016 et le précédent, avec une baisse de -0,4 % en données comparables. C'est surtout la zone hors Europe (35 % du chiffre d'affaires) qui s'affiche encore cette année comme une zone de croissance pour le groupe, avec + 8,2 % en données comparables. Bonduelle consolide ses positions au Canada, sur un marché qu'il qualifie de "porteur" et se développe aux Etats-Unis à partir de ses usines canadiennes, tant en grande distribution qu'en restauration hors foyer. En Russie, où le groupe est présent industriellement depuis 2004, Bonduelle enregistre à nouveau une croissance de son chiffre d'affaires mais  la forte dévaluation du rouble a eu un impact négatif sur le résultat opérationnel, qui s'élève à 103,5 millions d'euros et enregistre ainsi un retrait de -7,2 %.

Perspectives

Pour autant, tout ne va pas mal pour le groupe industriel nordiste. « La restauration hors foyer se redresse, ainsi que l'activité champignons et nos marques propres », indique Grégory Sanson. Le groupe a également diminué son endettement, qui s'élevait à 440,6 millions d'euros au 30 juin 2016, contre 512,4 millions d'euros un an plus tôt. Mais en l'absence d'évolution significative de l'environnement économique, le groupe vise pour l'exercice en cours une croisssance « très modérée de son activité », c'est-à-dire « des résultats stables, à taux de change constants », fait savoir Grégory Sanson. L'industriel est donc loin des objectifs de croissance qu'il avait annoncés l'année dernière, à savoir un chiffre d'affaires de 3,5 milliards d'euros en 2025, ce qui représente une croissance de 5 % par an. Au même horizon, le résultat net devrait s'élever à 250 millions d'euros, soit une croissance de 7,5 % par an. « Ces objectifs ne sont pas remis en cause », commente Grégory Sanson, avant de souligner : « Dans nos métiers, il y a des phases d'accélération et de repli ». Et pour renouer avec l'accélération, le groupe reste à l'affût d'opportunités de croissance externe tant dans ses zones géographiques et ses métiers actuels qu'en dehors. « Nous avons toujours été sur une croissance pour moitié organique et pour moitié externe », note encore le directeur financier. Il ajoute : « Depuis 2012, nous n'avons pas réalisé d'acquisitions mais il faut savoir que les prix sont élevés et nous n'avons pas l'habitude de surpayer les cibles. Mais nous restons à l'affût et nous avons des ratios financiers solides, qui nous permettent d'investir 250 à 300 millions d'euros dans des opérations de croissance externe ».

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