Pas-de-Calais

Agroalimentaire

Le boulanger industriel Régnier Sucré Salé investit pour préparer l'après-crise

Par Jeanne Magnien, le 20 octobre 2020

La boulangerie-pâtisserie industrielle Régnier Sucré-Salé, installée à Arques, dans le Pas-de-Calais, lance un grand plan d'investissement pour développer sa production, dans un contexte compliqué par la fermeture de nombre de ses clients.

Vincent Sepieter, dirigeant du boulanger industriel Régnier dans le Pas de Calais
A la tête du groupe agroalimentaire Novasources à Armentières, Vincent Sepieter a repris la PME de boulangerie industrielle Régnier, à Arques, en 2013. — Photo : Regnier

Frappée de plein fouet par la crise du Covid-19 qui l’a obligée à revoir beaucoup de ses plans pour 2020, la PME Régnier Sucré-Salé maintient néanmoins les investissements prévus, et se réorganise pour assurer au mieux la poursuite de ses activités. La boulangerie-pâtisserie industrielle installée à Arques (Pas-de-Calais), qui propose aux professionnels des produits sucrés et salés, frais et surgelés, a en effet vu le nombre de ses commandes baisser depuis le début de la crise sanitaire. Avec une large partie de sa production destinée au secteur des cafés-hôtels-restaurants, la PME prévoit une baisse de 1,5 million d’euros de son chiffre d’affaires 2020, qui était censé s’établir à 6 millions d’euros.

"Nous avons la chance de compter parmi notre clientèle un certain nombre de grandes surfaces et de magasins spécialisés dans les surgelés dans toute la France, qui tirent l’activité en ce moment. Mais il ne faut pas oublier que derrière les hôtels, les cantines, les restaurants et les traiteurs qui ne peuvent pas travailler, il y a des PME qui les livraient et qui sont également en difficulté", alerte Vincent Sepieter, le PDG de Régnier Sucré-Salé, qui en 2013 a repris l’entreprise avec son groupe Novasources (Armentières, 11 M€ de CA en 2018, 56 salariés).

3,5 millions d’euros d’investissements

L’entreprise familiale fondée en 1970 comptait alors 40 salariés et réalisait 4 millions d’euros de chiffre d’affaires. Depuis, la nouvelle direction a élargi son offre, en lançant notamment une gamme de pâtisseries fraîches livrées aux collectivités, des pâtisseries individuelles et miniatures, et en développant sa gamme traiteur. Ces efforts ont porté le chiffre d’affaires de l’usine à 6 millions d’euros, et son effectif à 60 salariés. La surface du site est également passée de 1 900 à 4 000 m², et devrait encore s’étendre prochainement.

Régnier Sucré-salé s’apprête en effet à investir 500 000 euros sur deux ans pour robotiser certaines de ses chaînes de production. Elle prévoit surtout une enveloppe de quelque 3 millions d’euros pour agrandir son usine de 2 000 m², et agrandir considérablement sa chambre froide dédiée aux produits salés, un segment sur lequel la PME compte se renforcer. "Actuellement, nous réalisons 70 % de notre chiffre d’affaires sur le sucré, et 30 % sur le salé. Nous investissons pour développer la partie salé, et être en mesure de réaliser la transformation, la cuisson et la surgélation en continu sur nos chaînes, ce qui devrait nous permettre de réaliser 5 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaire à terme", détaille Vincent Sepieter.

S’adapter à la nouvelle donne sanitaire

Si Régnier Sucré-Salé a réussi à maintenir les investissements prévus cette année, bien d’autres projets de la PME ont été bouleversés par la crise sanitaire. Et d’abord, ce grand plan "export", minutieusement préparé avec l’aide de Bpifrance, qui devait voir l’entreprise participer à des salons à Dubaï, au Japon et en Chine. "Les salons ont été annulés les uns après les autres, nous attendons donc un retour à la normale, sans garantie que ce sera pour 2021. Dans l'intervalle, nous continuons à nous préparer pour l’export", assure Vincent Sepieter.

En parallèle, la PME s’adapte du mieux qu’elle peut à la situation. Début novembre, elle lancera un site web pour vendre ses produits en "click & collect" aux particuliers, et notamment les produits de fêtes, qui constituent une large part de son chiffre d’affaires. Régnier Sucré-Salé repense également ses produits en fonction des nouveaux modes de consommation qui émergent. "Nous avons adapté une partie de nos produits aux nouveaux modes de vente dans les restaurants, à emporter. Nous développons également une offre pour le snacking et le télétravail, selon des axes qui sont déjà forts chez nous : le végétal, les légumes et le bio," conclut Vincent Sepieter.

Vincent Sepieter, dirigeant du boulanger industriel Régnier dans le Pas de Calais
A la tête du groupe agroalimentaire Novasources à Armentières, Vincent Sepieter a repris la PME de boulangerie industrielle Régnier, à Arques, en 2013. — Photo : Regnier

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail